Affaire Lyhanna : un rapport d'inspection révèle "une chaîne de protection défaillante"
Auf einen Blick
- Un rapport d'inspection révèle des défaillances graves dans la gestion de la plainte pour viol concernant Lyhanna, suspectant une "chaîne de protection faillible" due à des erreurs et négligences.
- Le Premier ministre promet des "conséquences individuelles".
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Warum es wichtig ist
Un rapport d'inspection a révélé des défaillances dans la gestion d'une plainte pour viol concernant une jeune fille nommée Lyhanna, impliquant Jérôme Barella. Le rapport pointe une "chaîne de protection défaillante" due à des erreurs et négligences.
La mission d’inspection concernant l’affaire de la jeune Lyhanna « établit une vérité d’une extrême gravité », à savoir que « la chaîne de protection a failli », en raison d’une « succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions », a écrit, sur X, Sébastien Lecornu, lundi 22 juin.
« La puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l’autorité judiciaire dans leur ensemble », a affirmé le premier ministre après avoir reçu le rapport d’inspection.
La plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella, suspect dans la mort de Lyhanna, n’a ainsi « pas été traitée comme une procédure prioritaire » dans le Gers, a pour sa part déclaré lundi le chef de l’Inspection générale de la justice, Stéphane Noël, lors d’une conférence de presse. Il a pointé plusieurs « défaillances ».
Rédigé par les services de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ), le rapport a été réalisé à partir d’une trentaine d’entretiens, avant d’être remis à Matignon lundi.
Une enfant accuse Barella de l’avoir violée « une cinquantaine de fois »
« Le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie, à l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch », a ajouté Stéphane Noël, en rendant compte des premières conclusions de la mission d’inspection diligentée par les ministres Gérald Darmanin (justice) et Laurent Nuñez (intérieur). « Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais d’objectiver, d’analyser et de donner à comprendre », a prévenu le magistrat.
En cause, le délai écoulé dans la prise en charge de la plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans qui accuse Jérôme Barella de l’avoir violée « une cinquantaine de fois », selon le rapport d’inspection. Une affaire pour laquelle il n’a jamais été entendu alors que la procédure avait fait deux fois la navette entre la Haute-Garonne et le Gers.
Selon le rapport, la mère de Rosa l’avait amenée à l’hôpital Purpan à Toulouse le 18 août 2025, « suite à des révélations de viols que l’enfant aurait effectuées auprès de son beau-père ». L’établissement a alors contacté la police. « Le chef de patrouille identifie la sensibilité de l’affaire au vu des déclarations de l’enfant évoquant une cinquantaine de viols par le père d’une de ses amies », ajoute le rapport.
« Le caractère sensible de la procédure n’a pas été relayé, la procédure n’a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie, retardant son traitement », a détaillé Stéphane Noël. Il met aussi en avant « une absence de prise en compte suffisante de l’urgence » au regard du profil de Jérôme Barella, qui faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants.
Un enregistrement tardif
Le chef de l’inspection générale de la gendarmerie nationale, Jean-Michel Gentil, a noté que le traitement de la plainte, déposée sur le ressort judiciaire de Toulouse, avait été « adapté, diligent et qualitatif ».
Mais, « à l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch, l’enregistrement (…) au bureau d’ordre pénal, affecté d’un important retard d’enregistrement des procédures papier, a été tardif » expliqué M. Noël. Un placement en garde à vue de Jérôme Barella a été requis, mais « l’enquête n’a pas été suffisamment dirigée et pas du tout contrôlée, ni par le parquet ni par la hiérarchie directe du directeur d’enquête de la brigade de gendarmerie de Lectoure », a-t-il poursuivi.
M. Gentil met aussi en avant « une absence de prise en compte suffisante de l’urgence » au regard du profil de Jérôme Barella, qui faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants.
Face au tollé que suscitent le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, le rapport sera « publié anonymisé dans le courant de l’après-midi », a fait savoir l’entourage du garde des sceaux, Gérald Darmanin. Et il sera complété par de nouvelles investigations concernant les autres plaintes qui visaient Jérôme Barella. Ces enquêtes pourraient aboutir à de possibles sanctions.
Un autre rapport intermédiaire doit être rendu le 10 juillet et le rapport définitif le 5 septembre, selon le magistrat.
Des investigations ont par ailleurs été lancées en parallèle par l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, mais celles-ci « ne font pas apparaître de dysfonctionnement », a précisé M. Noël.
Offene Fragen
- Quelles sanctions seront prises contre les responsables ?
- Comment éviter que de telles défaillances ne se reproduisent ?




