Au Liban, un cessez-le-feu déjà compromis après la mort de trois soldats libanais
Malgré une trêve annoncée sous l’égide des Etats-Unis, les frappes israéliennes et les combats avec le Hezbollah se poursuivent dans le sud du Liban.
Auf einen Blick
- Une frappe dans le sud du Liban a tué trois soldats libanais, alors qu’un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, annoncé mercredi, est déjà largement violé.
- Les combats, évacuations et bombardements se poursuivent.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
L’article explique qu’un fragile cessez-le-feu était en vigueur depuis novembre 2024, mais que le Hezbollah a relancé la guerre début mars. Un premier accord signé le 17 avril n’avait déjà pas été respecté, et un nouveau cessez-le-feu annoncé mercredi a été rejeté par le Hezbollah.
Une frappe dans le sud du Liban a tué trois soldats libanais, a annoncé l’armée libanaise samedi 6 juin. Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé les "attaques israéliennes incessantes, qui restent impunies", malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis mercredi. Un accord, jamais respecté, avait déjà été signé le 17 avril.
Sur X, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé un véhicule qui se dirigeait "de manière suspecte" en direction de ses soldats. "L’armée intervient contre l’organisation terroriste Hezbollah et non contre l’armée libanaise", a-t-elle souligné, avant de préciser que l’incident est "en cours d’examen".
Le Hezbollah a quant à lui qualifié l’attaque de "crime odieux". Il a également fustigé les "concessions gratuites, dont la dernière en date a été leur capitulation totale face aux exigences de l’ennemi à Washington".
Lundi 1er juin, le président américain Donald Trump a annoncé que Benyamin Nétanyahou s’était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu". Le Premier ministre israélien n’a pourtant pas tardé à réaffirmer qu’Israël "frapperait des cibles terroristes à Beyrouth" si le Hezbollah poursuivait ses attaques.
Un nouvel accord pour un cessez-le-feu entre le Liban et Israël, conditionné à l’arrêt des attaques du Hezbollah, a officiellement été annoncé mercredi, à l’issue de pourparlers menés sous l’égide des Etats-Unis. Mais le chef du mouvement pro-iranien a rejeté l’accord et assuré que la sécurité du nord d’Israël ne serait possible que si celle du sud du Liban était garantie.
Israël a de son côté affirmé qu’il comptait rester pour l’heure dans une partie du sud du Liban. Dès son annonce, l’accord était de fait déjà enterré.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent. L’armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l’évacuation de cinq villages dans le sud et l’est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah. L’agence officielle libanaise ANI a fait état de bombardements sur différents sites du sud du pays.
La veille, l’armée israélienne avait déjà ordonné aux habitants d’une dizaine de villages de les évacuer et a commencé à frapper l’un d’entre eux, selon ANI. Le ministère libanais de la Santé a ensuite déclaré qu’une frappe israélienne sur le sud du Liban avait fait cinq morts, dont une femme et un secouriste.
L’armée israélienne a mené le même jour une frappe à l’entrée de Tyr, d’après ANI. Une frappe tard jeudi soir a par ailleurs fait quatre morts et sept blessés, selon la défense civile. Elle a dévasté le siège d’une banque et endommagé légèrement l’hôpital Jabal Amel, d’après un correspondant de l’AFP.
Lundi, une frappe près de cet hôpital a tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé. Le Hezbollah a pour sa part revendiqué plusieurs attaques contre les troupes israéliennes qui occupent une partie du sud du pays, mais pas contre le nord d’Israël.
Alors qu’un fragile cessez-le-feu était en vigueur depuis novembre 2024, le Hezbollah a de nouveau entraîné le Liban dans la guerre début mars. Le mouvement pro-iranien a attaqué Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué par des frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février.
Vendredi, le président libanais Joseph Aoun a sommé l’Iran de cesser d’"intervenir" dans les affaires de son pays. Il a également appelé le Hezbollah à choisir la voie diplomatique. "On pourrait croire que c’est l’Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement", a réagi Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères iranien, sur X, en référence à Israël.
Les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis semblent dans l’impasse. Téhéran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre inclut la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes. D’après Donald Trump, Washington veut au contraire "séparer" le cas libanais des discussions avec l’Iran.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3 560 morts depuis le début du conflit le 2 mars, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban. La guerre au Liban a par ailleurs déplacé plus d’un million de personnes.
Worauf zu achten ist
KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten
De nouvelles frappes israéliennes dans le sud du Liban sont probables à très court terme.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Stunden
Le cessez-le-feu annoncé mercredi devrait continuer à se déliter sans application effective sur le terrain.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Tagen
Les tensions diplomatiques entre le Liban, l’Iran et les Etats-Unis autour du front libanais vont probablement se poursuivre.
Wahrscheinlich · Innerhalb von Tagen
Offene Fragen
- Quelles étaient précisément les circonstances de la frappe ayant tué les trois soldats libanais ?
- L’examen annoncé par l’armée israélienne sur cet incident aboutira-t-il à des conclusions publiques ?
- Des mécanismes de vérification ou de garantie existaient-ils dans l’accord de cessez-le-feu annoncé mercredi ?
- Quel est le contenu exact des discussions entre Washington et Téhéran sur le front libanais ?






