Bruno Retailleau affronte la canicule et les sondages lors de son meeting
Auf einen Blick
- Bruno Retailleau a tenu un meeting au Parc floral de Paris, bravant la canicule pour rassembler son parti.
- Face à des sondages défavorables, il a affirmé sa détermination à aller jusqu'au bout de sa candidature, malgré les absences de certains cadres LR.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
Bruno Retailleau, candidat LR à l'élection présidentielle, tenait un meeting au Parc floral de Paris. L'événement se déroulait sous une forte canicule et alors que les sondages le placent derrière ses concurrents.
Bruno Retailleau face à ses deux ennemis : la canicule et les sondages. Contre la première, son équipe de campagne a sorti le chéquier pour offrir une climatisation digne de ce nom aux personnes venues assister au meeting du candidat LR à l'élection présidentielle qu'il tenait au Parc floral de Paris, samedi 20 juin.
"J'ai envoyé un mail à mes adhérents pour les rassurer sur la présence d'une clim", confie la sénatrice Agnès Evren, présidente de la fédération LR de Paris. A l'entrée, les jeunes LR distribuent des verres d'eau à ceux qui le souhaitent. "Je suis parée", plaisante une spectatrice en débardeur, petit ventilateur à la main. La chaleur dans la salle est supportable mais reste élevée.
"Merci d'avoir bravé la canicule"
L'enjeu est de taille : que personne ne manque à l'appel en raison de la canicule, alors que se profile le match à trois qui oppose Bruno Retailleau à Edouard Philippe et Gabriel Attal, également candidats de la droite et du centre à l'élection présidentielle. Les 4 400 chaises installées sont globalement occupées, même si quelques dizaines de militants coincés dans des trains en panne manquent à l'appel.
"Merci d'avoir bravé la canicule", lance Bruno Retailleau, qui a gardé le costume-cravate des grandes occasions pour son discours. Face au fatalisme et à la petite musique qui voudrait qu'il n'aille pas au bout de cette candidature pour se rallier à Edouard Philippe, il sort la bonne vieille méthode Coué. "Il y aura une énorme surprise et cette surprise, ce sera nous, car nous allons gagner. Oui c'est possible", s'époumone-t-il. Ce n'est pourtant pas ce qu'indiquent les dernières études d'opinion, où il arrive derrière ses adversaires du bloc central. "On a un socle. On est autour de dix points, ce n'est pas rien. Ce n'est pas en début de campagne que les dés sont jetés", se rassure son entourage.
Aux premiers rangs, les journalistes listent les cadres LR absents, comme Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Jean-François Copé. Bruno Retailleau peine à rassembler tout son mouvement derrière lui. Valérie Pécresse, Michel Barnier, François Baroin et Gérard Larcher sont en revanche bien présents. "L'enjeu de ce meeting pour Bruno Retailleau, c'est de voir qu'on le soutient", confie le président du Sénat, alors qu'il souhaite une candidature unique de la droite et du centre.
Boualem Sansal, invité vedette du meeting
"Il doit tuer le match à droite, montrer à ceux qui prennent plaisir à le critiquer qu'ils ont tort d'être absents, parce qu'on va sentir le parfum de la victoire", ajoute Pierre-Henri Dumont, maire de Marck (Pas-de-Calais). Pour compenser ces absences, Bruno Retailleau mise sur une présence qui écrase tout : celle de Boualem Sansal. L'écrivain franco-algérien vient de publier le récit de son emprisonnement en Algérie. C'est un ami personnel du Vendéen. Il prend la parole, très applaudi par l’assistance, et rappelle que dans sa prison, les détenus considéraient Bruno Retailleau comme "un héros parce qu'il s'opposait au régime algérien".
Bruno Retailleau déroule son programme. "Je vous propose de remettre la France à l'endroit", clame-t-il, embrayant sur l'immigration, la réforme de la justice, mais aussi sur un nouveau modèle social "qui ne soit pas celui du chacun pour soi". L'ancien ministre de l'Intérieur rejette "l'assistanat", promet de moins imposer les entreprises : "Je voudrais qu'on prenne une tronçonneuse pour tailler dans les normes" poursuit-il, en référence au président argentin Javier Milei.
Un programme "sincèrement à droite"
Cette tonalité droitière lui est reprochée par les plus modérés de son camp. "Quand Bruno était ministre, il était dans l’action. Là, il se retrouve à commenter, à être un de plus dans la cacophonie. Il se laisse aller à l’outrance. S'il veut se faire entendre, il doit y aller fort", regrette un des ministres LR du gouvernement qui ont été suspendus par le président du parti.
"Bruno fait du Retailleau", répondent ses proches. "Il incarne une offre politique qui est sincèrement à droite", ajoute un de ses lieutenants, qui aimerait néanmoins qu'il ne se limite pas aux sujets régaliens. "Il faut rassembler, mais il ne faut pas faire le grand écart non plus. [Gabriel] Attal, ce n'est pas le même espace politique", poursuit-il. "Après dix ans d'En marche, plus rien ne marche", martèle le candidat à la tribune.
L'autre cible de Bruno Retailleau, c'est LFI. "Ils ne gagneront pas cette présidentielle, car les Français savent que la nouvelle France, c'est la fin de la France", assène-t-il. "Il n'a pas vilipendé le RN", se félicite une spectatrice du meeting à la sortie.
"Je suis un enfant de la ruralité"
"L'enjeu de ce meeting, c'est de mobiliser, de rassembler et d'incarner", résume Geoffroy Didier, présent par loyauté à son parti, même s'il n'est pas un soutien de l'ancien ministre de l'Intérieur. Car ce premier rassemblement, c'est aussi l'occasion de "fendre l'armure", expression un peu galvaudée, mais qui rappelle qu'une campagne présidentielle, c'est la rencontre entre un homme, ou une femme, et un peuple. Or Bruno Retailleau n'est pas le plus expansif dans ce domaine. "Je lui ai dit qu'il faut qu'il parle davantage de lui, mais il n'aime pas faire cela", regrette un de ses soutiens, alors que son équipe de campagne souhaiterait qu'il occupe plus les réseaux sociaux, où ses adversaires mènent le combat politique.
"Il y a un impératif, c'est de créer un élan, et l'élan, c'est maintenant. C'est un premier moment où il faut passer par l'intime, parler au cœur des Français. Ça passe par de la sincérité et de l'authenticité", appuie un sénateur LR. Le Vendéen s'y essaye, un peu maladroitement. "Je n'ai pas grandi dans les belles avenues des beaux quartiers. Je n'ai pas grandi dans les barres d'immeubles. Je suis un enfant de la ruralité", déclare-t-il, estimant "avoir une dette à rendre au peuple français". "Je ne prétendrai jamais à être Jupiter. La France n'a pas besoin de surhomme, mais d'un homme sûr", achève-t-il.
"Percutant", "il nous a convaincus", "c'est quelqu'un qui a la tête sur les épaules", répondent des militants rencontrés à l'issue du discours. Le meeting va-t-il rassurer Bruno Retailleau, qui selon ses proches "était un peu frustré de voir que cela n'infuse pas pour l'instant" ? "Croyez-moi, j'irai jusqu'au bout", promet-il dans une dernière envolée de tribune.
Worauf zu achten ist
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Bruno Retailleau ira jusqu'au bout de sa candidature.
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- Bruno Retailleau parviendra-t-il à rassembler son parti ?
- Son discours mobilisera-t-il suffisamment les électeurs ?
- La stratégie de communication sera-t-elle adaptée aux réseaux sociaux ?






