Décès de Marjane Satrapi : réactions émues et hommage à l'artiste
« Quelle tristesse. » Sur les réseaux sociaux, à l'annonce du décès de l'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, les réactions des internautes ne se sont pas fait attendre. La dessinatrice et réalisatrice s'est éteinte à l'âge de 56 ans. Elle vivait en France depuis une trentaine d'années. Elle s'est notamment fait connaître pour l'adaptation de son propre ouvrage Persepolis.
Une « mort de tristesse », c'est ce qu'annonce la famille de l'artiste dans un communiqué transmis à l'AFP, jeudi 4 juin. Son mari et « amour de sa vie », Mattias Ripa, producteur, acteur et scénariste, est décédé un an auparavant, le 8 avril 2025.
Smiley cœur brisé et émoji en pleurs, l'annonce a suscité la tristesse de son public sur les réseaux sociaux. Certains déplorent la perte d'une femme les ayant bouleversés par ses œuvres. D'autres qui ne la connaissent pas, s'interrogent sur les raisons d'une mort si soudaine.
Sur la toile, les internautes partagent leurs condoléances à la famille, se recueillent et admirent ensemble l'œuvre de Marjane Satrapi. La bande dessinée autobiographique Persepolis revient le plus souvent. Publiés en 2000 et 2003, les quatre volumes retracent les étapes marquantes de la vie de l'autrice.
Chacun y va de son mot. « C'est terrible. J'ai l'impression d'avoir perdu une vraie âme sœur spirituelle et artistique » ; « Une grande femme s'en est allée, qu'elle repose en paix auprès de son bien aimé » ; « Trop jeune pour disparaître, elle avait encore beaucoup de choses à nous transmettre ! », retrouve-t-on sur Facebook.
Le président de la République Emmanuel Macron a adressé ses « condoléances émues » à la famille et aux proches de l'autrice. Il salue, dans un communiqué adressé à l'AFP, « une immense artiste qui avait transformé une enfance iranienne en fable universelle », dans Persepolis.
Les personnalités du milieu artistique se disent touchées également par la disparition d'une consœur, d'une amie. Riad Sattouf, auteur de la bande dessinée L'Arabe du futur s'est, lui aussi, manifesté sur Facebook : « Son œuvre a ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier », dit-il notamment.
De son côté, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a aussi déploré la perte de l'artiste sur son compte X : « La Licra salue la mémoire de Marjane Satrapi, disparue à 56 ans, grande voix de la liberté et de la lutte contre l'obscurantisme. » Le poste soulève l'engagement et le courage de la dessinatrice dans « le combat pour la dignité, l'émancipation et contre toutes les formes d'oppression ».
Si Marjane Satrapi n'est plus de ce monde, ses fans, eux, comptent bien faire vivre son œuvre à travers les générations et toucher un nouveau public. « Son livre Persepolis reste toujours d'actualité, malheureusement », écrit une femme sur Instagram. Un parallèle avec l'actuel régime iranien qui, près de vingt-cinq ans après sa publication, donne à ses planches une résonance troublante.





