Deezer lance un outil pour détecter la musique générée par IA
Auf einen Blick
- La plateforme française Deezer a lancé un détecteur en ligne gratuit pour identifier la proportion de musique générée par IA dans les playlists des services de streaming.
- Cet outil vise à informer les auditeurs face à l'augmentation de ces créations.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
La musique générée par intelligence artificielle gagne en popularité et en sophistication, soulevant des inquiétudes quant au droit d'auteur et à la protection de la créativité humaine. Des plateformes comme Deezer cherchent à informer les auditeurs et à réguler ce nouveau marché.
Y a-t-il de l'IA dans votre playlist ? Il suffit désormais de quelques clics pour le savoir. La plateforme française Deezer a annoncé à l'AFP avoir lancé, jeudi 11 juin, un détecteur en ligne gratuit. Il permet de scanner les playlists des différents services de streaming pour dévoiler la proportion de titres entièrement générés par intelligence artificielle.
L'outil de détection est accessible aux utilisateurs de Deezer mais aussi de Spotify, Apple Music, YouTube Music, Tidal ou Qobuz. En pratique, l'utilisateur se connecte au compte de sa plateforme audio depuis le site de détection, puis le scanner passe au crible les listes qu'il a créées. Le détecteur révèle alors le pourcentage d'IA dans le nombre de morceaux total, sans préciser les titres concernés.
Près de la moitié des nouveaux morceaux générés par IA
"La majorité des gens veulent savoir si de la musique générée par l'IA leur est recommandée", assure Alexis Lanternier, le patron de Deezer, estimant que ce détecteur sera "une révélation pour les auditeurs du monde entier". En janvier 2025, 10 000 pistes de ce type étaient livrées chaque jour sur la plateforme tricolore : elle en reçoit désormais sept fois plus, soit près de la moitié des morceaux mis en ligne chaque jour.
De plus en plus nombreux, ces titres sont aussi de plus en plus élaborés. Les générateurs de création de musique par IA comme Suno, Udio, ElevenLabs, prisé pour son clonage vocal ou ProducerAI, acquis par Google, ont fait des progrès considérables. Il devient presque impossible de repérer à l'oreille leurs productions. Et certaines connaissent même un réel succès. Aux Etats-Unis, les morceaux country de Breaking Rust ou Aventhis, entités créées par IA, grimpent en haut des classements. En France, Magique de Willylancien cumule plusieurs millions d'écoutes.
La consommation de cette musique reste marginale, entre 1 et 3% du nombre total de streams, note Deezer, qui a toutefois choisi de signaler les morceaux concernés et de les retirer de ses playlists éditoriales. Mais la plateforme tricolore est la première à choisir de se différencier en s'engageant tous azimuts contre l'IA. Les représentants du secteur dénoncent surtout le pillage massif d'œuvres pour entraîner les modèles d'IA, sans respect du droit d'auteur.
"La créativité est ce qui fait de nous des êtres humains et doit être activement protégée", a alerté, début juin, la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs, qui représente cinq millions de créateurs. Les actions judiciaires n'ayant pas connu d'avancées significatives, l'industrie musicale se tourne plutôt vers des accords avec les sociétés d'IA pour rémunérer les artistes.
Des IA entraînées sur des données sous licence
Les majors Universal et Warner ont par exemple annoncé des accords avec Udio. Spotify a dévoilé fin mai, avec Universal Music Group, l'arrivée d'une fonctionnalité payante qui autorisera les utilisateurs à créer des remix et reprises de morceaux d'artistes du label, en utilisant l'IA. Réguler ce flux est aussi la responsabilité des agrégateurs, ces distributeurs qui livrent des morceaux sur les plateformes audio.
TuneCore, l'un des principaux acteurs du genre, distribue désormais uniquement de la musique créée via des modèles d'IA générative entraînés sur des données sous licence, a assuré, début juin, Believe, sa société mère. "La valeur ajoutée de l'industrie de la musique, ce n'est pas de produire de la musique à la chaîne", assure Denis Ladegaillerie, PDG et fondateur de ce fleuron français, qui a aussi signé des accords de licence avec ElevenLabs et Udio.
Proposition de loi rejetée
Mais réguler les entreprises de l'IA s'annonce difficile. À l'Assemblée, une proposition de loi vient d'être rejetée. Elle voulait inverser la charge de la preuve : en cas de contentieux, les fournisseurs d'IA auraient dû eux-mêmes prouver n'avoir pas fait illégalement usage de contenus culturels. "Nous ne sommes pas contre l'innovation, mais il faut siffler la fin de la récré, mettre fin à ce chalutage illégal des contenus culturels", martelait la sénatrice Laure Darcos (Horizons), à l'origine du texte.
Le lobby de la tech, lui, redoutait une "insécurité juridique" fragilisant les entreprises françaises de l'IA, dont le fleuron Mistral. Inquiétude entendue. Jeudi 11 juin, en fin de journée, la proposition de loi, pourtant adoptée à l'unanimité au Sénat, a été bloquée par des centaines d'amendements à l'Assemblée. Son avenir est désormais très incertain.
Worauf zu achten ist
KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten
D'autres plateformes de streaming pourraient lancer des outils similaires pour détecter la musique générée par IA.
Wahrscheinlich · Innerhalb von Monaten
Des accords de licence et de rémunération pour les artistes dont les œuvres sont utilisées pour entraîner les modèles d'IA deviendront la norme.
Sehr wahrscheinlich · Mittelfristig
La législation concernant l'IA et la propriété intellectuelle évoluera pour mieux encadrer la création musicale.
Wahrscheinlich · Langfristig
Offene Fragen
- Quel sera l'impact à long terme de l'IA sur l'industrie musicale et la rémunération des artistes ?
- Les accords de licence entre les majors et les sociétés d'IA seront-ils suffisants pour protéger les créateurs ?
- Comment les autres plateformes de streaming réagiront-elles face à cette initiative de Deezer ?
- Quelles seront les prochaines étapes législatives pour encadrer l'utilisation de l'IA dans la création musicale ?






