Des scouts surveillent les Calanques contre les incendies
Dans les Bouches-du-Rhône, des jeunes volontaires participent au dispositif préfectoral de protection des forêts.
Auf einen Blick
- Des scouts et guides de France, âgés de 14 à 17 ans, participent à la surveillance et la prévention des incendies dans le Parc national des Calanques à Marseille.
- Ils informent le public des risques, signalent les fumées suspectes et se sentent utiles face aux risques caniculaires.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
Depuis 1980, le camp de Luminy accueille des Scouts et Guides de France pour surveiller et prévenir les incendies dans le Parc national des Calanques, suite à un grand incendie en 1979.
"Bonjour, on est en zone rouge aujourd'hui, donc tout le massif est fermé et on n'a pas du tout le droit d'être ici." Fantine et Noah viennent de repérer deux promeneuses à l'entrée du parc national des Calanques, à Marseille. Les deux jeunes scouts leur expliquent que l'accès au parc est interdit par arrêté préfectoral, mardi 21 juillet, en raison du risque "très élevé" d'incendie dans les Bouches-du-Rhône. "Ah, on ne savait pas, s'excusent les deux jeunes femmes. On s'en va."
Mais une fois le dos tourné, les deux adolescents ont la désagréable impression que les imprudentes ont poursuivi leur balade. Ils préviennent alors par talkie-walkie le poste de coordination, qui sera chargé, le cas échéant, de prévenir les autorités. "Ils ne sont pas là pour exercer un contrôle de police, mais pour informer le public des risques qu'ils prennent", détaille Isabelle Marty, qui fait partie de l'équipe de direction du camp de Luminy. "On peut aussi prévenir les gens qu'ils encourent une amende de 135 euros. Mais généralement, ça se passe bien, ce sont surtout des touristes et ils ne sont pas au courant."
Basé dans le 9e arrondissement de Marseille, à l'entrée des Calanques, le camp de Luminy accueille chaque année depuis 1980 des scouts et guides de France qui participent au dispositif préfectoral de protection des forêts contre les incendies. "En 1979, il y a eu un gros incendie dans les Calanques à Marseille et il a fallu replanter les massifs, donc on surveille aujourd'hui les arbres plantés par d'autres scouts en 1980", sourit Isabelle.
"On a l'impression d'être vraiment utile"
Pour la deuxième quinzaine de juillet, près de 90 jeunes de 14 à 17 ans, encadrés par une vingtaine d'adultes, participent à ces missions de surveillance et de prévention dans les massifs. Et sur l'ensemble de l'été, environ 600 scouts venus de toute la France se relayent sous les tentes du camp de Luminy, bercé par le chant des cigales. "Vous n'avez pas entendu de sanglier cette nuit ?", demande Claire de Ponthieu, la directrice adjointe du camp, en faisant le tour des différents campements. "Si, il y en a un qui est même venu me renifler !", répond une scoute.
Venus du Morbihan, du Loir-et-Cher, d'Indre-et-Loire, de l'Eure, des Vosges, de la Haute-Garonne ou encore de la région parisienne, ces pionniers et caravelles (selon le vocabulaire scout) profitent également de leurs vacances, avec l'organisation de grands jeux ou même d'excursions sur la plage à Marseille. Mais chaque soir, il faut se répartir les différentes missions : la coordination à l'accueil du camp, la surveillance des massifs ou encore les patrouilles de prévention auprès du public. Et les journées de vigilance rouge, il faut "armer les barrières" pour dissuader les promeneurs de s'aventurer dans les calanques. Avec l'actualité caniculaire et les nombreux feux de forêt relevés depuis le début de l'été, "on a l'impression d'être vraiment utile", estime Lili, qui vient de Remiremont (Vosges).
"Si à la télé, on annonce que des incendies ont été arrêtés grâce à notre surveillance, ce serait stylé."
Lili, scoute de Remiremont
à franceinfo
Les différentes équipes ont voté au cours de l'année pour venir sur ce camp. "Ils avaient la volonté de faire quelque chose de concret, qui ait du sens", explique Julien, qui gère le groupe de Remiremont. Pour les encadrants, cela permet aussi "de faire prendre conscience qu'en changeant leur façon de vivre, de travailler, d'habiter autrement la planète, ils participent à faire évoluer les mentalités", poursuit-il.
Un peu plus loin, trois saisonnières de la Garde régionale forestière sont venues rencontrer les scouts. "C'est une mission super importante, heureusement que vous êtes là, encourage Malo. S'il y a des personnes dans les massifs, les pompiers ne peuvent pas larguer d'eau et on perd du temps pour éteindre les feux."
De leur côté, Ambre, Angèle et Isaure sont en retard pour partir rejoindre leur poste de vigie situé sur les hauteurs du massif, à un bon kilomètre du camp. Isabelle s'agace un peu et les fait monter dans un 4x4 pour gagner du temps. Arrivées sur place, les trois adolescentes de 14 ans, originaires de Séné (Morbihan), qui doivent encore marcher un peu, tentent avec difficulté de se repérer sur leur carte. "Il faut monter pour trouver la vigie", leur souffle Isabelle.
Eviter les pièges
Foulards autour du cou et tee-shirt blanc portant le sigle DFCI (Défense des forêts contre les incendies), Ambre, Angèle et Isaure parviennent enfin sur les lieux. Sous un soleil de plomb, il faut prendre ses marques. "Poser votre carte à plat et trouvez-moi le Nord, suggère Isabelle. On voit les traces, dans cette direction, d'un incendie qui s'est produit il y a quelques années, ça s'est passé en septembre, on venait juste de partir. Vous auriez été là, vous auriez vu le feu", poursuit la formatrice.
"Les jeunes se forment au fil de l'année avec un module de e-learning et on leur refait une formation ici. On leur apprend à caractériser une fumée, sa couleur, sa densité, sa taille… On leur apprend aussi à reconnaître une 'fumée-piège'", explique encore la responsable. Il faut éviter de se faire berner par la fumée venue des carrières, par la vapeur d'eau des entrées marines et par celle des asperseurs, ces dispositifs d'arrosage agricoles et forestiers.
"En cas de doute, il faut toujours signaler. Ensuite on vérifie avec eux depuis le poste de coordination."
Isabelle Marty, l'une des responsables du camp de Luminy
à franceinfo
Pour Ambre, Angèle et Isaure, les leçons portent rapidement leurs fruits. "Il y a de la fumée là-bas, entre les rochers !", repère l'une des guetteuses. Les jumelles sortent du sac et permettent aux adolescentes d'établir un diagnostic : "Je vois des fumées blanches, mais elles n'ont pas l'air très épaisses. De la vapeur d'eau ?" Isabelle acquiesce avec fierté, avant de quitter la vigie pour laisser les trois jeunes filles en autonomie.
"Une grosse flamme avec de la fumée noire"
Sur le camp, Charles et Lazare s'arrêtent au poste de coordination, de retour de leur mission de surveillance d'une barrière. "Les gens nous disent : 'Je ne savais pas que c'était rouge aujourd'hui, je fais juste un tour et je reviens'. Mais souvent, ils prennent du temps, donc je pense qu'il faudra être plus ferme la prochaine fois, même si c'est un peu dur", racontent les deux adolescents.
Ils ont surtout été marqués par leur mission de la veille sur l'un des postes de vigie. "On a vu un feu au loin, c'était un peu embrumé, mais on voyait une grosse flamme avec de la fumée noire. On a vu que c'était hors secteur, on a trouvé le cap et on l'a annoncé au poste de coordination", raconte Charles.
"On était un peu stressés, mais excités en même temps."
Charles
à franceinfo
A l'autre bout du camp, un groupe de jeunes boucle les valises pour le départ. Ces compagnons, des scouts âgés de 17 à 21 ans, ont assuré la transition entre les deux quinzaines de juillet. "Personnellement, ce projet me tenait à cœur, car mes grands-parents ont failli tout perdre, il y a quelques années, lors d'un incendie dans le Var", raconte Valentin, un jeune Lyonnais.
"On se sent utile dans cette mission de surveillance, car il n'y a pas d'autres professionnels, ça responsabilise", raconte aussi Automne, qui vient de Paris. "Et quand on voit les deux canicules de l'été, les incendies... On avait jamais connu ça, on se dit que ça peut aider beaucoup de monde."
Offene Fragen
- Quel est le nombre exact d'incendies évités grâce à cette surveillance ?
- Comment le dispositif préfectoral est-il financé ?
- Quelles sont les sanctions exactes pour les contrevenants ?





