Newsgather
ZurückÉvacuation massive au Cap-Ferret face au "plus gros feu de la saison"
Évacuation massive au Cap-Ferret face au "plus gros feu de la saison"
In Entwicklung
France Infovor 2 StundenEnvironment4 Min. LesezeitFrance

Évacuation massive au Cap-Ferret face au "plus gros feu de la saison"

Auf einen Blick

  • Face au "plus gros feu de la saison" ayant parcouru plus de 10 000 hectares et détruit 50 maisons, 40 000 personnes sont évacuées du Cap-Ferret par route et mer depuis le 24 juillet.
  • L'opération, gérée village par village, suscite anxiété et questions sur la gestion des risques.

KI-generierte Zusammenfassung

Warum es wichtig ist

Un vaste incendie, qualifié de "plus gros feu de la saison" par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, a parcouru plus de 10 000 hectares et détruit 50 maisons sur la presqu'île du Cap-Ferret, déclenchant l'évacuation de 40 000 personnes.

Schriftgröße

Des bouchons en pleine nuit, avec, au loin, la lueur rouge de l'incendie. Face au "plus gros feu de la saison", 40 000 personnes évacuent le Cap-Ferret depuis vendredi 24 juillet au petit matin. Cette vaste opération d'évacuation de la très touristique presqu'île se fait par route et par mer, face au "plus gros feu de la saison", selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui parle de "plus de 10 000 hectares parcourus". Pour le moment, il n'y a aucune victime à déplorer mais "80 maisons ont été brûlées, dont une cinquantaine ont été détruites", a précisé le ministre.

Face à la situation, la préfète de la Gironde a ordonné l’évacuation progressive de l’ensemble de la presqu'île du Bassin d’Arcachon, village après village, de Claouey jusqu’à la pointe du Cap-Ferret. Près de 20 000 personnes ont déjà été évacuées préventivement dans le secteur depuis le début de l'incendie mercredi.

Ces évacuations ont été opérées par la RD 106 en direction de Bordeaux et par navettes maritimes pour les personnes ne disposant pas de moyens de locomotion. Ces milliers de personnes évacuées décrivent des scènes à peine croyables, comme ces voitures pare-chocs contre pare-chocs sur plusieurs kilomètres sur la presqu'île, en pleine nuit.

"Le feu à 200 mètres de la route"

"Tout est bouché ! Tout est bouché, jusqu'au Ferret. Je ne sais pas s'ils vont pouvoir sortir", s'inquiète Virginie, qui tient la Cabane 24, un établissement pour déguster des huîtres à Piraillan sur la presqu'île du Lège-Cap-Ferret.

Elle a, comme tout le monde, préparé ses valises pour partir avec son bateau. "C'est anxiogène au possible. On ne sait plus, on se demande si ce n'est pas la fin du monde... Je laisse mon travail, je laisse ma maison, je laisse tout au pied levé", confie-t-elle au micro de franceinfo.

"On ne voulait pas partir, mais les gendarmes sont passés taper à toutes les portes", explique Sophia, qui assure n'avoir aucune odeur ni vu aucun flamme autour de chez elle. Avec son mari et son fils, ils ont été réveillés à tôt ce matin "On a reçu une alerte, un bruit énorme sur le téléphone, comme une sirène d'alarme... Donc là, on a pris toutes nos affaires parce qu'on ne sait pas dans combien de temps on pourra revenir. On est sonnés. C'est un peu un cauchemar".

Son inquiétude est aussi pour son restaurant et ses employés : "J'ai été voir tous mes employés, les réveiller pour certains et leur dire de partir. Il y avait des mères de famille inquiètes pour les plus jeunes. On a deux mois pour gagner notre vie et en fait, là, je sais pas dans combien de temps on pourra revenir... C'est le plus gros de la saison, actuellement", regrette Sophia.

"C'est arrivé tellement vite !, assure cet habitant du Cap-Ferret. L'incendie est parti de Saumos, qui est relativement loin, mais vu que les vents nous ont été défavorables depuis plus de 24 heures, on n'aurait jamais imaginé que ça viendrait à nous aussi vite. Le feu fait presque la taille de la presqu'île ! On ne voit pour l'instant que les fumées qui se dégagent, mais c'est sûr que sont des images impressionnantes, limites apocalyptiques".

Pascal, lui, a déjà quitté sa maison de Lège depuis mercredi soir : "Il y avait déjà des nuages noirs, des cendres qui tombaient dans le jardin, l'odeur de fumée... Et tout le long de la soirée, on voyait ce mur de flammes. C'était vraiment la panique. Avec les voisins, on était dans la rue, on ne savait pas quoi faire, il n'y avait pas encore de consigne. Et puis, vers 1h du matin, on a reçu un message de la mairie nous disant d'évacuer. On croise les doigts pour que la maison et la boutique ne brûlent pas, mais après, on se dit qui si, malheureusement, ça arrivait ce n'est que du matériel". Il s'est 'réfugié de l'autre côté de la baie, à Arcachon, chez un ami un soir, chez un voisin un autre, au rythme des disponibilité de ses proches.

"Il va y avoir de la colère, bien entendu..."

Jean, lui, a déjà quitté son domicile. Au bord de la route, il a vu les flammes depuis son véhicule. "Quand on est passé sur la route au niveau d'Arès, vous avez le feu qui est à 200 mètres de la voie... Et on n'a qu'un accès ! Il fallait vite prendre la décision de faire passer les gens tant qu'il y avait cet accès-là", témoigne-t-il, désormais en sécurité à Andernos chez sa belle-famille.

Il salue le travail des autorités car, malgré une situation difficile, il assure que ces évacuations se sont plutôt bien déroulées. "Mes arrière-grands-parents me disaient toujours que si ça arrivait, ils s'en sortiraient toujours car ils avaient leurs bateaux... Mais c'est sûr qu'avec une seule route, il fallait vraiment bien gérer l'évacuation de la presqu'île. C'est ce qu'ont fait, je pense, les autorités en faisant village par village. Je trouve qu'ils ont bien géré l'afflux de personnes, car on parle de 80 à 100 000 personnes à évacuer..."

Mais pour Pascal, un autre habitant, ces évacuations auraient dû intervenir beaucoup plus tôt : "Ils auraient dû le faire hier. Il y a un temps de retard. Il va y avoir de la colère, bien entendu, parce que rien n'a été fait depuis des années. On n'a pas su tirer les leçons de l'incendie d'il y a quatre ans", selon lui.

"On savait qu'un jour ça arriverait, mais on ne pensait pas que ça serait aujourd'hui"

Jean et sa femme, handicapée, s'apprêtaient à prendre la route quand nous les avons joints : "On a reçu l'ordre d'évacuation vers 5h du matin. On s'est préparé, on a fermé la maison, on a pris un bon petit déjeuner, et puis on part sur Bordeaux. Mes voisins sont partis il y a un petit quart d'heure, il n'y a pas de panique. Il y a les gendarmes, il y a les pompiers... On sait que la D106 est ouverte et si jamais elle se fermait, on sait qu'on sera évacués par voie maritime. On a déjà fait des exercices l'année dernière, on est préparés", assure-t-il par téléphone.

Avant de préciser : "On savait qu'un jour ça arriverait, mais on ne pensait pas que ça serait aujourd'hui. On espère que les vents ne tourneront pas parce que notre presqu'île, qui fait 12 000 hectares, dont 10 000 hectares de forêt, ce serait dramatique si la forêt brûlait."

De l'autre côté de la presqu'île, à Arcachon, la solidarité se met en place. L'Union des bateliers appelle tous les propriétaires de bateaux, les pêcheurs, les ostréiculteurs à se tenir prêts pour évacuer les habitants. "Je suis allé récupérer le bateau et on attend sur la plage qu'il y ait des consignes pour évacuer par voie maritime ou pas", précise Xavier, l'un de ces ostréiculteurs.

Offene Fragen

  • Quand les habitants pourront-ils revenir chez eux ?
  • Quelle est l'étendue finale des dégâts matériels ?
  • Quelles seront les leçons tirées pour la prévention future ?

Verwandte Themen

This article was originally published by France Info.

Ähnliche Meldungen

Incendies majeurs en France et en Espagne : évacuations massives et renforts européens
EILMELDUNG·vor 43 Minuten

Incendies majeurs en France et en Espagne : évacuations massives et renforts européens

De vastes incendies ravagent plusieurs régions en France (Gironde, Landes, Var) et en Espagne (région de Madrid), entraînant l'évacuation de dizaines de milliers de personnes et la destruction de milliers d'hectares de forêt et de nombreuses habitations. Des moyens terrestres et aériens importants sont déployés, avec l'activation du mécanisme de protection civile de l'UE.

20 Minutes
6 Min. Lesezeit
Mehr zu diesem Themaincendie