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France: Government maintains employer charge relief unchanged despite Smic hike, sparking union and business anger
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Le Figaro Économie22.5.2026Politik4 Min. LesezeitFrance

France: Government maintains employer charge relief unchanged despite Smic hike, sparking union and business anger

Auf einen Blick

  • France's government will keep employer charge relief unchanged on June 1, despite a Smic increase due to inflation.
  • This decision faces criticism from employers fearing higher labor costs and unions arguing the Smic hike is insufficient, leading to calls for broader salary negotiations.

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Le gouvernement assume son choix malgré la colère des patrons.

Invité de TF1 ce vendredi 22 mai, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a confirmé que l’enveloppe budgétaire des allègements de charges patronales resterait inchangée au 1er juin, malgré la hausse automatique du Smic liée à l’inflation. Une décision vivement critiquée depuis plusieurs jours par les organisations patronales, qui dénoncent une hausse du coût du travail dans un contexte économique déjà tendu.

«Au 1er juin, le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire des allègements fiscaux n’augmentera pas», a déclaré le ministre, justifiant ce choix par la nécessité de privilégier des «aides ciblées» et «financées». Selon lui, augmenter ces allègements constituerait «une mesure ni ciblée, ni financée car pas prévue dans le budget» de cette année. David Amiel a toutefois assuré que «l’enveloppe des allègements fiscaux ne baissera pas».

Cette annonce intervient alors que le Smic augmentera de 2,41% à partir du 1er juin, conséquence de la reprise de l’inflation en France, remontée à 2,2% sur un an en avril selon l’Insee. Cette revalorisation représente une hausse de 34,82 euros nets par mois pour un salarié payé au salaire minimum. Mais pour Sophie Binet, cette hausse reste trop faible. «C’est totalement insuffisant, cela fait 13 ans qu’il n’y a pas eu de coup de pouce du Smic», a estimé la secrétaire générale de la CGT ce vendredi matin sur Franceinfo.

Une «double peine» pour le patronat

Du côté du patronat, la pilule de ce gel des allègements de charges a du mal à passer. Le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, a dénoncé jeudi sur Franceinfo une «double peine» pour les entreprises. «Elles vont devoir augmenter leurs salariés par rapport à la hausse du Smic, ce qui est normal, mais en plus elles vont devoir payer plus de charges à côté», a-t-il regretté. Selon lui, le gel des allègements représenterait entre «1,5 et 2 milliards d’euros qui vont être pris sur le travail».

Le dirigeant patronal a affirmé que cette mesure risquait de peser directement sur les rémunérations et l’emploi. «Ce que je dis c’est soit on augmente les salaires, soit on augmente les charges patronales. Mais penser qu’on peut augmenter les salaires et les charges patronales c’est ne pas comprendre comment fonctionne un modèle économique», a-t-il insisté. Même inquiétude du côté d’Alexandre Bompard. Le PDG de Carrefour a estimé jeudi que supprimer ou limiter les allègements de charges dans «un moment d’incertitude» pourrait conduire les entreprises à «différer ou renoncer aux offres d’emploi». Un constat partagé, mais pour des raisons différentes, par Sophie Binet. «On est en train de vivre un déclassement généralisé, la France est en train de devenir un pays de smicards», a-t-elle dénoncé.

«Un renchérissement du coût du travail»

Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) a lui aussi dénoncé ce vendredi les conséquences du maintien du gel des allègements de charges. Dans un message publié sur LinkedIn, l’organisation patronale a alerté sur «un nouveau renchérissement du coût du travail» alors que «le chômage vient de franchir la barre symbolique des 8%». Le METI juge que «l’emploi et le pouvoir d’achat seront les premières victimes du gel des allègements des cotisations sociales». Il évoque également un risque de «moins d’investissements, moins d’emplois, plus de chômage, moins de recettes fiscales et plus de déficit public».

Pour l’U2P, qui représente les TPE et PME, c’est «peine perdue». «Ce nouveau renchérissement du coût du travail est une mauvaise nouvelle pour les trois millions et demi d’artisans, de commerçants et de professionnels libéraux», regrette l’organisation auprès du Figaro, qui ajoute que cette décision de l’exécutif «va amputer la capacité des entreprises à aider les salariés face à la hausse des prix des carburants».

«Certaines entreprises vont très bien»

Le débat autour des salaires monte également du côté des syndicats. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a réclamé la semaine dernière la réouverture des négociations salariales dans les branches professionnelles. Elle a appelé à «responsabiliser les employeurs», estimant que «certaines entreprises vont très bien», alors que plusieurs secteurs affichent encore des grilles salariales démarrant sous le Smic.

Sophie Binet a elle aussi appelé à rouvrir les négociations salariales ce vendredi. «Il faut rouvrir les négociations partout, dans toutes les branches, mais le patronat refuse de négocier», a-t-elle affirmé, pointant également le retard du décret prévoyant des sanctions pour les branches dont les minima restent inférieurs au Smic. La dirigeante de la CGT a aussi dénoncé une situation de «Smic à vie» pour de nombreux salariés. «Au 1er juin, 80% des branches professionnelles auront des minima inférieurs au Smic, c’est-à-dire qu’on est au Smic à vie», a-t-elle déclaré. Sophie Binet a plaidé pour une réforme plus large des rémunérations. «Nous faisons une proposition toute simple : indexer l’ensemble des salaires sur les prix, comme en Belgique ou au Luxembourg, pour empêcher ce déclassement massif.»

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This article was originally published by Le Figaro Économie.

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