L'A400M Atlas : un avion de transport militaire transformé en centre de commandement et plateforme de drones
Auf einen Blick
- L'avion de transport militaire A400M Atlas va être modernisé pour servir de centre de commandement aérien, de plateforme pour drones et potentiellement de bombardier.
- Un nouveau système multi-missions permettra de contrôler d'autres appareils et d'embarquer des équipements de renseignement, de brouillage, voire des bombes.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
L'A400M Atlas, conçu au début des années 2000, a connu des difficultés techniques et des surcoûts. Il est désormais considéré comme un avion performant pour le transport tactique.
Il pourra bientôt servir de « centre de commandement » en l'air pour des missions, de « maison-mère pour des drones », voire de bombardier. L’avion de transport tactique A400M Atlas va connaître une seconde vie, ont annoncé conjointement cette semaine, la DGA (Direction générale de l’armement) et son constructeur, Airbus Defence and Space.
La DGA a notifié à l’industriel un contrat de développement d’une nouvelle capacité multi-missions pour l’appareil, appelée « Parallel mission system » (PMS), qui vise à doter les A400M de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) d’un système leur permettant de « jouer un rôle clé dans le combat collaboratif du futur ».
« Face au développement de la conflictualité dans le monde, notamment en Europe, il y a un vrai besoin d’ajouter de nouvelles missions à l’A400M, explique à 20 Minutes Paul Villemin, conseiller militaire d’Airbus Defence and Space. C’est ainsi que nous allons lui apporter une première brique technologique supplémentaire, qui va prendre la forme d’un kit de consoles, installé dans la soute de l’appareil, et sur laquelle nous pourrons plugger des équipements. »
Parmi eux, « il y aura notamment des systèmes de communication étendus - comme des communications satellites à gros débit - qui permettront de contrôler les appareils autour de l’A400M - avions de chasse, hélicoptères… » Cette console sera ainsi « le centre de commandement de l’ensemble de la manœuvre » militaire.
« Nous pourrons aussi lui connecter une boule optronique [équipée de puissantes caméras] amovible, qui prendra place dans la nacelle du train d’atterrissage », précise le conseiller. Cela permettra à l’appareil de réaliser des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Des systèmes de brouillage, ou encore des drones, disposés dans des racks à l’arrière de la soute, pourront aussi être embarqués dans l’avion. « Il s’agira soit de plusieurs dizaines de petits drones, type munitions téléopérées, ou d’un seul gros drone de plusieurs tonnes. Ces engins seront largués depuis l’avion en vol, puis pilotés à distance. »
Dernière évolution possible, et pas des moindres : l’A400M va pouvoir emporter de l’armement, comme des bombes ou des missiles. Six kits de consoles devraient ainsi voir le jour d’ici à fin 2028, tandis qu’une vingtaine d’avions - sur la flotte de 25 A400M dont dispose la France - seront pré-équipés pour les accueillir. « Les appareils pourront ainsi basculer d’une mission à l’autre au gré des besoins : transport tactique ou centre de commandement en venant lui brancher le kit », résume Paul Villemin.
L'avion militaire connaît une véritable renaissance en ce moment, alors qu'il a plus souvent fait parler de lui, dans la première moitié de sa vie, pour les difficultés techniques qu’il rencontrait, et le surcoût de son programme, lancé au début des années 2000 par sept pays (Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Turquie, Belgique et Luxembourg).
« Les avions utilisés avant l’A400M pour les missions de transport tactique, avaient été conçus dans les années 1960, il a donc fallu totalement réapprendre à concevoir ce type d’avions, et Airbus a entièrement développé des solutions techniques qui n’existaient pas auparavant » justifie Paul Villemin. « Mais aujourd’hui, il est largement au rendez-vous de ce qu’on attendait au départ, c’est-à-dire acheminer du matériel, larguer des parachutistes et du fret, se poser sur terrains sommaires, ou encore ravitailler en vol, le tout dans un environnement potentiellement contesté. »
Ses performances restent par ailleurs « tout à fait remarquables », soutient l’ancien militaire. « Initialement, l’A400M pouvait emporter 37 tonnes de chargement, nous allons bientôt porter cette capacité à 40 tonnes. Il peut réaliser des missions allant jusqu’à 10 heures, voire au-delà puisqu’il est lui-même ravitaillable en vol. Grâce à ses hélices qui ne tournent pas dans le même sens, il atteint la vitesse de Mach 0,72 [environ 880 km/heure], ce qui est comparable à certains avions à réaction, mais cela lui permet aussi de voler très bas et très lentement, soit pour ravitailler des hélicoptères, soit pour larguer des parachutistes dans les vallées au plus près des zones d’affrontement. »
L’A400M connaît aussi des évolutions dans son emploi tactique. En mars dernier, l’armée de l’Air annonçait que des pilotes avaient posé l’appareil, pour la première fois, sur la banquise arctique, au nord du Groenland. Une manœuvre effectuée par une température de - 25 °C, sur une piste non aménagée de moins de 1.400 mètres de long, et à 150 mètres du rivage.
« Cela veut dire que cet avion peut se poser quasiment n’importe où en zone froide, de façon imprévisible, ce qui permet de développer l’effet de surprise, qu’il s’agisse de poser ou récupérer des gens, ou d’acheminer du matériel », analyse Paul Villemin.
Notre dossier sur l'armement
Aujourd’hui, « l’A400M est un véritable couteau suisse pour les armées qui l’emploient », assure dans un communiqué Jean-Brice Dumont, vice-président d’Airbus, responsable des programmes militaires et de drones. Et il a « les capacités et le potentiel pour continuer d’élargir le spectre de ses missions. »
Worauf zu achten ist
KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten
Six kits de consoles PMS seront développés d'ici fin 2028.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Jahren
Vingt avions A400M français seront pré-équipés pour accueillir le PMS.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Jahren
Offene Fragen
- Quel sera le coût total de ces modernisations ?
- Combien de pays partenaires adopteront ces nouvelles capacités ?



