La Descente, le premier roman de Mariana Enriquez, publié en France
Auf einen Blick
- Le premier roman de Mariana Enriquez, "La Descente", publié en 1995, est désormais disponible en France.
- L'ouvrage dépeint un trio amoureux et amical dans le Buenos Aires nocturne, explorant la drogue, l'amour et la marginalité.
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Warum es wichtig ist
"La Descente" est le premier roman de Mariana Enriquez, publié en 1995. Il dépeint la vie nocturne et marginale de Buenos Aires à travers un trio amoureux et amical. Le roman explore les thèmes de la drogue, de l'amour et de la recherche d'identité.
« La Descente, c’est le pire » (Bajar es lo peor), de Mariana Enriquez, traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet, Sous-sol, 310 p., 22,90 €, numérique 16 €.
Ce garçon est d’une beauté irréelle. Mélange de Narcisse et de Dorian Gray, Facundo rend fou d’amour et de désir celles et ceux qui l’approchent. Après avoir produit une déflagration dans la vie de Carolina, adolescente issue d’une famille bourgeoise, ce jeune homme a conquis, par sa simple présence, Narval, lequel se voit attiré pour la première fois par un autre homme. « Les lents mouvements de chat paresseux, les lèvres rouges et humides, les cheveux si longs, si noirs, qu’ils se confondaient avec sa chemise sombre, s’enroulant dans les plis, collant à la poitrine nue extrêmement blanche qui apparaissait, pâle mystère, entre les boutons, l’avaient hypnotisé irrémédiablement. » Mais Facundo est aussi insaisissable que magnifique. Gagnant sa vie en se prostituant dans les rues de Buenos Aires, il ne souffre aucune attache et disparaît quand bon lui semble, au grand dam de ses amants.
Facundo, Carolina, Narval… Ce trio amoureux et amical est au cœur du premier roman magnétique de Mariana Enriquez, lequel, publié originellement en 1995, à ses 22 ans, paraît aujourd’hui en France. Dans un Buenos Aires essentiellement nocturne, ces grands adolescents écument les bars et boîtes de nuit, fument de l’herbe, sniffent, se piquent (beaucoup) – le titre du roman évoque ce moment où l’effet de la drogue s’estompe – et font l’amour (tout autant) comme si leur vie entière en dépendait. Comme si rien d’autre, ni famille, ni travail, ni futur, n’existait. Mariana Enriquez y dépeint avec une vraie force de conviction l’atmosphère des bas-fonds de la capitale argentine, où la solidarité entre marginaux vient remplacer tout autre lien. Il est question de sueur, de sperme, de vomi, de vêtements et de cheveux sales, mais aussi d’une forme d’amours masculines qui tient la mort en respect. On pense aux films My Own Private Idaho, de Gus Van Sant (1991), que l’autrice cite comme source d’inspiration, mais aussi aux Nuits fauves, de Cyril Collard (1992), film culte des années sida.




