La Fraternité Saint-Pie-X ordonne ses propres évêques, le Vatican dénonce un acte schismatique
Auf einen Blick
- La Fraternité Saint-Pie-X a ordonné quatre évêques sans l'accord du pape Léon XIV, un acte qualifié de schismatique par le Vatican.
- Ce conflit, né du rejet des réformes de Vatican II par la Fraternité, risque une excommunication automatique.
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Warum es wichtig ist
La Fraternité Saint-Pie-X, fondée en 1970, rejette les réformes issues du concile Vatican II et est attachée à une interprétation stricte de la doctrine catholique.
Le risque de divorce est imminent. Mercredi 1er juillet, la Fraternité Saint-Pie-X , qui regroupe des prêtres traditionnalistes, a ordonné ses propres évêques sans l'accord du pape Léon XIV, lors d'une cérémonie organisée à Ecône, en Suisse. Le Vatican avait prévenu qu'il s'agirait d'un acte d'insubordination direct, qui entraînerait une excommunication automatique des évêques et serait considérée comme un "acte schismatique", c'est-à-dire une rupture totale avec l'Eglise catholique. Franceinfo vous explique les raisons et la portée de ce conflit.
Un mouvement qui refuse les réformes de Vatican II
Fondée en 1970 à Ecône par l'évêque français Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie-X rejette en bloc les évolutions de l'Eglise depuis le concile Vatican II. Les travaux de celui-ci, entre 1962 et 1965, ont débouché sur des réformes qui ont profondément transformé l'institution catholique en vue de la moderniser et la rapprocher des fidèles. L'évolution la plus emblématique de cette rupture est l'instauration de la messe dans la langue de tous les jours plutôt qu'en latin.
Mais pour la Fraternité Saint-Pie-X, ces réformes représentent une altération de la tradition. Ses adeptes sont attachés à une interprétation stricte de la doctrine catholique et de la liturgie (la façon dont sont célébrés les rites et cérémonies). Elle défend le respect du rite dit "tridentin", codifié au XVIe siècle, qui se caractérise notamment par l'usage du latin lors de la messe et une célébration où le prêtre fait face à l'autel, et tourne le dos aux fidèles. Il implique également des prières dites à voix basse, des gestes rituels plus nombreux et, souvent, le port du voile ou de la mantille pour les femmes. La Fraternité défend aussi un modèle de société traditionnellement patriarcal et rejette par ailleurs les orientations de l'Eglise "en matière de dialogue interreligieux, de respect de la liberté de conscience et plus généralement de rapport au monde moderne", détaille le magazine catholique Le Pèlerin.
"Nous sommes convaincus que la tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Eglise et le monde", écrivent les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X dans une lettre ouverte au pape publiée fin juin. Influente dans les milieux conservateurs, cette communauté revendique aujourd'hui 730 prêtres et plus de 260 séminaristes, et une présence dans près de 80 pays. Elle "est bien implantés en France, en Suisse, aux Etats-Unis..." et compte environ 600 000 fidèles, explique à l'AFP Martin Dumont, secrétaire général de l'Institut de recherche pour l'étude des religions. Mais elle reste minoritaire au regard des 1,3 milliard de catholiques à travers le monde.
Un conflit pour obtenir de nouveaux évêques
La Fraternité a donc consacré mercredi quatre nouveaux évêques, deux Français, un Américain et un Suisse. Elle avait fait valoir qu'elle ne comptait plus, jusqu'ici, que de deux évêques, "l'un étant décédé en 2024, un autre ayant lui-même fait sécession, ne jugeant pas la Fraternité assez radicale", détaille Le Pèlerin. Selon la communauté, la perte de ces prélats limite sa capacité à assurer sa croissance.
Elle affirme avoir demandé au pape l'autorisation de procéder à de nouvelles ordinations, sans obtenir de réponse satisfaisante. Or l'Eglise catholique ne permet pas à un évêque d'ordonner de nouveaux évêques sans avoir reçu le mandat du pape.
Selon Martin Dumont, il existe aussi des divergences internes entre des fidèles radicaux et d'autres partisans d'un plus grand dialogue avec le Vatican. Face à un nouveau pape dont les responsables de la Fraternité peuvent désapprouver certaines décisions, "il est très clair qu'ils établissent un rapport de force", ajoute-t-il.
En 1988, un précédent et une excommunication
Un tel conflit a un précédent. En 1988, le fondateur de la Fraternité, Marcel Lefèbvre, avait déjà décidé d'ordonner quatre évêques pour assurer sa succession. Le pape Jean-Paul II avait lancé un appel pour l'en dissuader, en vain, et cette ordination avait alors entraîné une excommunication immédiate. Mais la décision avait été annulée en 2009 par le pape Benoît XVI, et son successeur François avait rétabli, à partir de 2015, la validité des confessions et des mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité.
Léon XIV avait aussi tendu la main aux traditionalistes en octobre dernier, en célébrant une messe en latin dans la basilique Saint-Pierre de Rome, alors même que François avait fortement limité ce rite. Mais désormais la réconciliation semble de plus en plus compliquée. "Actuellement, on a vraiment l'impression qu'on ne s'entend plus. Ce que nous disons n'est plus compris à Rome", a estimé Bernard Fellay, un des deux derniers évêques de la Fraternité, devant les fidèles.
Pas de concession du pape Léon XIV
Le Vatican, de son côté, a tenté d'éviter une rupture. "Je vous supplie du fond du cœur : revenez sur votre décision !", avait écrit Léon XIV dans une lettre adressée au supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X, datée du 29 juin et rendue publique mardi par le Vatican. "Que le Seigneur éclaire vos consciences et éveille vos cœurs. Par l'autorité reçue du Christ, le cœur lourd mais plein d'espérance, je me sens obligé de vous demander de renoncer à votre projet", poursuivait-il.
"Je prie pour vous, car déchirer la tunique sans couture du Christ est un péché d'une extrême gravité."
Le pape Léon XIV
dans une lettre au supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X
Le pape américain demandait à la communauté de "prendre en considération le bien-être spirituel des fidèles", soulignant qu'en cas de schisme, les sacrements (comme le mariage ou la confession) administrés par les évêques ne seraient à nouveau plus reconnus par l'Eglise catholique.
Pour le Vatican, consacrer un évêque sans l'accord du pape est un acte d'insubordination direct, qui entraîne une excommunication automatique des évêques (consacrés et consacrants) et caractérise un "acte schismatique". Autoriser ces ordinations reviendrait pour le Saint-Siège à accepter que soient rejetés au sein de l'Eglise certains enseignements considérés comme essentiels.
L'excommunication peut-elle être plus large ? "C'est compliqué, parce qu'ils mettent en porte-à faux le pape Léon, qui a le souci de ne pas envenimer les choses, de refermer les blessures... Mais il est aussi obligé de sévir", souligne Martin Dumont. L'historien rappelle aussi que la Fraternité risque de "se couper de potentiels relais dans l'Eglise", alors même que "des ponts commençaient à se dessiner".
Worauf zu achten ist
KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten
Excommunication automatique des évêques ordonnés et de ceux qui les ont consacrés.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Tagen
Perte de reconnaissance des sacrements administrés par les évêques ordonnés.
Sehr wahrscheinlich · Sofort
Offene Fragen
- Quelle sera la réponse exacte du Vatican face à cette insubordination ?
- Les fidèles de la Fraternité seront-ils excommuniés ?
- Y aura-t-il une scission définitive au sein de l'Église catholique ?




