Le Royaume-Uni suspend le projet de restitution de l'archipel des Chagos à l'île Maurice
Faute de soutien de la part de l'administration Trump, Londres met en pause un accord stratégique crucial pour la base militaire de Diego Garcia.
Auf einen Blick
- Le Royaume-Uni a annoncé la suspension de l'accord de restitution de l'archipel des Chagos à l'île Maurice, faute de soutien des États-Unis.
- Ce projet, jugé stratégique pour la base militaire de Diego Garcia, est désormais menacé d'abandon parlementaire.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
L'archipel des Chagos est au cœur d'un litige de souveraineté depuis l'indépendance de Maurice en 1968. La base militaire de Diego Garcia, gérée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni, est un point d'appui stratégique majeur dans l'océan Indien.
Face à l'absence de "soutien" du président américain Donald Trump, le Royaume-Uni va suspendre son projet de restitution de l'archipel des Chagos - siège d'une base militaire américano-britannique - à l'île Maurice, a annoncé samedi 11 avril un porte-parole de Downing Street.
Le ministre mauricien des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful, a réagi en promettant de ne ménager "aucun effort" en vue "d'achever le processus de décolonisation dans cette partie de l'océan Indien".
L'accord de restitution, signé en mai 2025 par le Royaume-Uni après plusieurs années d'intenses négociations, était devenu une source de tensions dans ladite "relation spéciale" entre Londres et Washington.
Dès vendredi soir, plusieurs médias britanniques, dont la BBC, rapportaient une mise sur pause de l'accord, arguant à la fois de l'absence de soutien américain et d'un enlisement parlementaire.
En effet, l'adoption du texte doit se faire avant la fin de la session parlementaire, prévue en mai. Les deux chambres doivent approuver le projet de loi pour qu'il entre en vigueur, et les textes encore en discussion à la fin d'une session parlementaire sont en général abandonnés.
Selon les termes de l'accord, le Royaume-Uni doit restituer à l'île Maurice l'archipel des Chagos mais conserver un bail de 99 ans sur l'île principale, Diego Garcia, afin de maintenir une base militaire américano-britannique dans cette région stratégique. Le tout moyennant le paiement annuel de 101 millions de livres (120 millions d'euros), soit 3,4 milliards de livres (plus de 4 milliards d'euros) au total.
Sollicité par l'AFP, un porte-parole de Downing Street a indiqué samedi "continuer de penser que cet accord est la meilleure façon de protéger l'avenir à long terme de la base". Mais, a-t-il poursuivi, "nous avons toujours dit que nous n'irions de l'avant que s'il bénéficie du soutien des États-Unis".
Le locataire de la Maison Blanche avait dans un premier temps soutenu le texte, avant de changer d'avis. En janvier, il avait fustigé ce qu'il avait qualifié de "grande stupidité" de Londres à propos de cet accord qui a été conclu, selon lui, sans "aucune raison".
La base de Diego Garcia revêt un caractère militaire stratégique. Elle a joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak et dans les bombardements américains en Afghanistan en 2001. Elle a aussi servi à lancer des attaques de bombardiers B-2 contre les rebelles houthis du Yémen.
Le porte-parole de Downing Street estime, dans son communiqué, que garantir "la sécurité opérationnelle à long terme" de la base est "la raison même" de l'accord. Les discussions avec la Maison Blanche et l'île Maurice se poursuivent.
"Lorsque le président des États-Unis est ouvertement hostile, le gouvernement doit revoir sa position, donc cet accord (...) sera plongé dans un sommeil profond pour le moment", juge Simon McDonald, un ancien haut gradé du Foreign Office.
La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, s'est réjouie de la suspension du projet, estimant qu'il devrait désormais trouver sa "juste place - sur le tas de cendres de l'histoire".
Au moment de l'accord, le Premier ministre, Keir Starmer, avait martelé qu'il n'y avait pas d'"autre alternative". Le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, avait de son côté salué une "grande victoire", estimant que l'île a ainsi achevé "le processus de décolonisation qui a commencé avec l'accession de l'île à l'indépendance en 1968".
Worauf zu achten ist
KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten
L'accord sera formellement abandonné à la fin de la session parlementaire en mai.
Wahrscheinlich · Innerhalb von Wochen
Tensions diplomatiques accrues entre Londres et Port-Louis.
Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Tagen
Offene Fragen
- Quelle sera la réponse formelle du gouvernement mauricien face à cette suspension ?
- Y a-t-il des négociations secrètes en cours pour apaiser les craintes américaines ?



