Marjane Satrapi, bédéaste et cinéaste, est morte à 56 ans
Longtemps Marjane Satrapi a renvoyé l’image d’une femme puissante, volubile et volontaire. Des yeux noirs magnétiques, une voix rauque tannée par la cigarette, un débit de mitraillette. Une force naturelle qu’elle portait sans jamais la revendiquer.
L’exil, la solitude, le deuil : la bédéaste primée et cinéaste césarisée a tout connu mais ne s’est jamais apitoyée. Toujours debout. Incapable d’abandonner, ou de s’abandonner.
Elle s’est pourtant éteinte à l’âge de 56 ans, « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », ont écrit pudiquement ses proches dans un communiqué transmis jeudi 4 juin à l’Agence France-Presse.
Pour ses amis, c’est la consternation. « Je lui avais parlé récemment, elle disait qu’elle allait beaucoup mieux, ses posts Instagram étaient plus positifs », confie au Monde le politologue franco-iranien Farid Vahid, avec lequel elle avait publié le roman graphique collectif Femme, Vie, Liberté (L’Iconoclaste, 2025), reprenant le cri de ralliement de la contestation en Iran en 2022.
« J’ai perdu ma sœur jumelle », s’écrie, sur Instagram, le dessinateur Joan Sfar.
Pour les Iraniens qui la pleurent, Marjane Satrapi était plus qu’une artiste : une icône.





