Matthew Rhys : Double nomination aux Emmy Awards pour l'acteur gallois discret
Auf einen Blick
- L'acteur gallois Matthew Rhys a obtenu deux nominations aux Emmy Awards 2026 pour ses rôles dans "Widow's Bay" et "The Beast in Me".
- Malgré cette reconnaissance, il reste discret, cultive l'autodérision et est profondément attaché à ses origines galloises.
KI-generierte Zusammenfassung
Warum es wichtig ist
Matthew Rhys, acteur gallois discret, a été nommé deux fois aux Emmy Awards 2026 pour ses rôles dans "Widow's Bay" et "The Beast in Me", après avoir déjà remporté un Emmy en 2018 pour "The Americans".
Quand on lui demande de se présenter, Matthew Rhys répond souvent par une boutade : "J'ai souffert d'une crise d'identité toute ma vie. C'est pour cela que je suis devenu acteur." Une manière d'éviter les grandes déclarations ? Depuis vingt-cinq ans, le Gallois cultive cette même pudeur lors des interviews : raconter une anecdote plutôt que parler de lui, détourner une question sérieuse par une blague. Une stratégie qui explique peut-être pourquoi ce comédien admiré des réalisateurs et des critiques anglo-saxons reste largement méconnu du public français.
Le 8 juillet, il a pourtant été nommé deux fois comme meilleur acteur aux Emmy Awards 2026, l'équivalent des Oscars pour la télévision outre-Atlantique : l'une pour son rôle du maire Tom Loftis dans la série Widow's Bay et l'autre pour son interprétation de l'inquiétant Nile Jarvis, magnat de l'immobilier, dans la série The Beast in Me. Un doublé historique pour un acteur dont la discrétion est une seconde nature. Mais s'il fait continuellement preuve d'autodérision, il y a deux choses que Matthew Rhys prend toujours très au sérieux : son métier d'acteur et le Pays de Galles.
Le plus célèbre des acteurs inconnus
Lors de la cérémonie des Emmy Awards de 2018, il obtient déjà le prix du meilleur interprète masculin pour son rôle dans la série The Americans. Pourtant, même depuis cette récompense, l'acteur demeure persuadé qu'on finira par découvrir qu'il ne mérite pas vraiment d'être là, citant son idole Anthony Hopkins, gallois comme lui, qui s'attendait toujours à ce que quelqu'un lui dise : "Désolé, on cherche l'autre Tony Hopkins." Un syndrome de l'imposteur qui ne le quitte pas... Vingt-cinq ans après leur rencontre, en signe de son admiration, Matthew Rhys partage d'ailleurs toujours régulièrement les trois conseils que lui a donnés son illustre aîné : "Sois à l'heure, apprend ton texte et sois audacieux."
Fils de parents enseignants, frère d'une journaliste de la BBC, il a grandi en parlant gallois, et aujourd'hui encore, il se montre agacé et amusé à la fois lorsque les Américains lui disent que "c'est juste de l'anglais avec un drôle d'accent". D'ailleurs, il tient toujours à parler à son fils de 15 ans uniquement en gallois, même si celui-ci parle en anglais à sa mère américaine. Fidèle à ses origines, donc.
Au lycée, il interprète Elvis Presley dans une comédie musicale et présente par hasard le concours de la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art de Londres, où il est admis. Le premier rôle qu'il jouera, ce sera… en gallois, dans un film où, déjà, il remporte le Bafta (gallois) du meilleur acteur.
Arrivé à Londres à la fin des années 1990, Matthew Rhys enchaîne le théâtre, les séries britanniques et quelques productions américaines. Le personnage de Kevin Walker, qu'il interprète pendant cinq saisons dans Brothers and Sisters, lui offre une notoriété nouvelle aux Etats-Unis. Mais c'est une autre série qui va le révéler vraiment : en 2013, Joe Weisberg, ancien agent de la CIA, lui confie le personnage de Philip Jennings dans The Americans. Rhys y incarne un espion soviétique infiltré aux Etats-Unis, tiraillé entre sa fidélité au KGB et son attachement grandissant à sa famille américaine.
Un accent américain presque parfait
Ce rôle lui vaut donc la reconnaissance de ses pairs avec un premier Emmy Award : il a désormais l'image d'un comédien capable de faire coexister brillamment les contradictions d'un personnage. En 2019, lorsqu'il donne la réplique à Tom Hanks, l'acteur doublement oscarisé (qui n'est pas homme à distribuer les compliments gratuitement) explique avoir apprécié sa qualité d'écoute et sa manière de construire les scènes avec ses partenaires, plutôt que de chercher à attirer l'attention sur lui-même.
Après ce prix, plutôt que de tout miser sur Hollywood, il préfère cependant alterner de grandes productions comme Pentagon Papers de Steven Spielberg en 2017, avec des films indépendants comme L'Extraordinaire Mr. Rogers en 2019, ou des séries comme Perry Mason en 2020.
Avec cette dernière, il prend le contre-pied du détective connu des spectateurs : son Perry Mason à lui est cabossé, hanté par la guerre et les échecs, bien loin du personnage invincible popularisé par la télévision des années 1960.
S'il a appris à jouer avec l'accent américain, il tente parfois de négocier encore le vocabulaire de son personnage : "On est obligé de dire "murderer", on ne peut pas simplement dire "killer" ?", histoire de contourner une légère difficulté persistante à prononcer le fameux "r" américain. Un épisode qu'il a transformé en "running gag" sur le tournage de la série.
L'humour : une seconde nature
Autre sujet de plaisanterie récurrent : ses paupières en amande, qui dit-il amèneraient les réalisateurs à penser à lui uniquement pour des rôles sinistres : "Un chirurgien esthétique m'a regardé et a immédiatement su que j'étais celte", racontait le comédien dans une interview au journal The Independant. "Nous avons ces yeux de Bourriquet, avec des paupières tombantes, qui sont très utiles pour jouer des personnages tristes."
Il est surnommé le "joker", autrement dit le "blagueur", par ses collègues sur les tournages, et ce n'est pas pour rien. Même les débuts de sa relation avec sa femme Keri Russel, rencontrée sur le tournage de la série The Americans sont un motif d'autodérision. L'acteur raconte à l'envi comment il s'est fait griller par… un cambriolage. Les voleurs avaient emporté un sac à dos contenant ses affaires alors que leur couple n'était pas officiel. L'ayant retrouvé, les policiers sont venus ramener l'objet à sa future femme sur le tournage… et toute l'équipe a reconnu immédiatement les affaires de Matthew.
Il raconte également volontiers comment il a loupé l'audition de James Bond à cause d'un trait d'humour. En 2005, après le départ de Pierce Brosnan, la production cherche le nouveau James Bond pour ce qui deviendra Casino Royale. Daniel Craig n'a pas encore été choisi. Matthew Rhys est invité à rencontrer Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, les producteurs historiques de la saga. Il reçoit une consigne très simple : venir en costume sombre et préparer une scène de Casino Royale. Rhys décrit un entretien extrêmement intimidant. Il entre dans les bureaux des Broccoli, qui donnent sur Hyde Park. Les producteurs sont installés derrière une immense table, avec la vue sur le parc derrière eux. Puis vient la question fatidique : "Qu'est-ce que vous feriez de différent avec James Bond ?" Complètement pris au dépourvu, l'acteur répond du tac au tac : "Je le ferais boîter ?" Silence dans la salle. Pour essayer de rattraper le coup, il ajoute : "Ou je lui mettrais un bandeau sur l'œil ?" Nouveau silence… Matthew Rhys raconte qu'à cet instant, il a eu l'impression que quelqu'un allait actionner une trappe sous sa chaise pour le faire tomber dans un bassin rempli de requins. Le rôle ira finalement à Daniel Craig.
Ce genre d'humour, c'est exactement ce qui a convaincu Katie Dippold, la créatrice de la série Widow's Bay, d'en faire son acteur principal. "Je n'étais pas un choix évident pour une série d'épouvante", confiait malicieusement le Gallois à nos confrères de Télérama lors de la promotion de la série en avril 2026. Sauf que la série se révèle aussi terrifiante qu'hilarante, grâce à son talent d'acteur caméléon. Il y incarne Tom Loftis, le maire d'un village situé sur une île au large de la nouvelle Angleterre qui veut absolument transformer sa commune en destination touristique. Mais cette terre a la fâcheuse réputation d'être hantée… Avec sa vision cartésienne de la vie, le maire réussira-t-il à convaincre les habitants et les touristes, alors que des phénomènes inexpliqués se multiplient sur l'île ?
Discret, drôle, cultivé… et quasiment incapable de se vendre, Matthew Rhys apparaît aujourd'hui tout l'inverse d'une star hollywoodienne classique et continue invariablement de citer sa terre natale à chaque fois qu'il intervient quelque part.
Il y a quelques jours à peine, lorsqu'on lui demandait pour un podcast quel était son film préféré, il se souvient "qu'en tant que jeune garçon grandissant au pays de Galles, il avait reçu une gifle" en voyant pour la première fois Do the Right Thing, le film culte de Spike Lee. "Je suis rentré dans un monde dont je n'avais aucune idée, et c'est ce que les grands films devraient faire. C'est cette introduction au Brooklyn de Spike Lee qui m'a donné envie de venir en Amérique."
Désormais new-yorkais d'adoption, le Gallois se souvient toujours du poster de Richard Burton qu'il avait enfant punaisé au mur de sa chambre, à Cardiff. Un autre de ses illustres prédécesseurs dont il a suivi les traces. Par hasard ou par vocation ? Il ne sait toujours pas…
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Matthew Rhys pourrait remporter un ou plusieurs Emmy Awards en 2026.
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- Matthew Rhys remportera-t-il un ou deux Emmy Awards en 2026 ?





