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Mediawan CEO understands Canal+ anger over anti-Bolloré film petition
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Mediawan CEO understands Canal+ anger over anti-Bolloré film petition

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Le président du géant de la production audiovisuelle Mediawan, Pierre-Antoine Capton, a dit comprendre, jeudi 4 juin, l’« énervement » de Canal+ après la parution d’une tribune anti-Bolloré signée par des professionnels du cinéma le 11 mai dans Libération. Il a aussi appelé à l’apaisement pour protéger un « écosystème fragile ».

Le président de Canal+, Maxime Saada, avait déclaré à la suite de cet événement que son groupe ne souhaitait plus financer les films des signataires de la tribune contre son actionnaire de référence, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Le texte en question s’alarmait d’une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».

« Je comprends sa réaction d’énervement quand vous avez des gens qui sont en opposition pour de très mauvaises raisons », a déclaré Pierre-Antoine Capton, lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes médias (AJM). Et d’ajouter : « Taper sur une partie de ce système comme taper sur le CNC ou l’audiovisuel public, il n’y a rien de pire. »

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Pas d’intervention éditoriale de Canal+

« On est dans un écosystème hyperfragile où on a des chaînes de télévision qui vont mal, et la seule chose qui fonctionne bien, c’est le cinéma (…). On a tous intérêt à se serrer les coudes », a également commenté le président de Mediawan, invitant le secteur à « apaiser la situation ».

Lors de sa rencontre avec les journalistes, il a aussi assuré ne pas avoir subi d’ingérence du groupe de Vincent Bolloré. « Depuis que Mediawan a été lancé » il y a dix ans, « est-ce qu’on a eu une demande éditoriale, artistique sur une intervention ou pas du groupe Canal chez nous ? La réponse est non. »

« On travaille sur “le Saturday Night Live” [une émission de divertissement américaine adaptée en France] pour Canal+, qui va arriver à la rentrée, on fait celui de Jean-Pascal Zadi », signataire de la pétition, et « on n’a eu aucune consigne disant : “On n’invite pas Jean-Pascal Zadi ou on ne travaille pas avec telle liste d’intermittents” », a-t-il insisté.

Des critiques visant Charles Alloncle

Le patron de Mediawan a, dans un second temps, posé un regard critique au sujet de la récente commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, dont le rapporteur était le député de l’Union des droites pour la République (UDR), Charles Alloncle : « Cela n’a pas été utile (…), ça a affaibli la confiance que les Français pouvaient avoir dans leurs médias. »

« Tout le monde s’est retrouvé acculé devant cette commission d’enquête, et plus personne n’entendait ce qu’on pouvait dire parce que, de toute façon, on était tous coupables de quelque chose », a-t-il encore jugé.

Durant les auditions tumultueuses de la commission, dont le rapport a été rendu public le 5 mai dernier, Charles Alloncle avait dénoncé un « système de castes et de privilèges » et accusé les contrats entre France Télévisions et les sociétés de production, dont Mediawan, d’être marqués par l’opacité et les conflits d’intérêts.

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This article was originally published by Le Monde.

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