Raphaël Glucksmann: Présidentielle 2027, le pari de la temporisation
Va-t-il se lancer dans la course à l’Elysée ? Cela fait maintenant plusieurs mois que Raphaël Glucksmann dévoile ses ambitions pour la présidentielle 2027. Le chef de file de Place Publique a d’ailleurs sorti un traditionnel livre de pré-campagne « Nous avons encore envie » (Allary Editions) la semaine passée. Mais alors que tout le monde s’attendait à une déclaration de candidature au JT de TF1, l’eurodéputé a finalement… botté en touche. « Je me donne trois mois pour sillonner le pays et proposer (un) nouveau contrat patriotique, trois mois pour réunir ma famille politique », a-t-il esquivé. Pourquoi l’eurodéputé prend-il autant son temps avant d’entrer dans la bataille ?
Des premiers doutes ?
Ce retard à l’allumage n’a pas été ignoré par ses adversaires politiques, à commencer par La France insoumise. « Glucksmann a fait le 20h pour annoncer qu’il prend de belles vacances », a raillé sur X le député insoumis Paul Vannier, l’un des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon, qui est, lui, déjà bien lancé dans la campagne. Au PS, allié à Place Publique aux dernières élections européennes, cette posture d’attente laisse également songeur.
« Avec ces trois mois, il laisse entendre qu’il pourrait ne pas être candidat, c’est flou. Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », grince un ex-ministre et cadre du PS. « On est candidat ou on ne l’est pas. Cette sortie au JT, ce n’est pas vraiment habile », ajoute-t-il. Dans l’entourage de Raphaël Glucksmann, on balaye toute idée de doute. « Ca a peut-être été mal compris mais ces trois mois démontreront qu’il a une détermination à toute épreuve, et tous ceux qui doutent de sa candidature en seront pour leurs frais », réplique un de ses soutiens.
Primaire ou pas ?
Faut-il voir dans ce report de candidature un doute lié aux sondages ? Le député européen de Place Publique se targue d’être l’une des rares personnalités de sa famille politique à avoir réalisé « un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus dix ans » (13,83 % aux européennes de 2024). « Il a eu de bons résultats, mais il n’a manifestement pas la légitimité pour tuer le match et s’imposer à toute la gauche non-mélenchoniste. C’est donc plutôt malin de dire je serai disponible dans trois mois si je peux rassembler sans ajouter de la confusion », confie Romain Eskenazi, député PS du Val-d’Oise.
Dans les dernières enquêtes d’opinion pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann est donné entre 11 et 14 % selon les hypothèses. « Toute sa stratégie de rassemblement de la gauche non-mélenchoniste se résume à une évidence sondagière, mais il n’est ni clairement devant Mélenchon, ni qualifié au second tour », analyse le député PS Laurent Baumel. « Peut-être qu’il se laisse donc trois mois pour changer de stratégie, et venir dans une primaire. La seule candidature rationnelle, c’est celle de l’unité à gauche », ajoute l’élu d’Indre-et-Loire.
Rejet de la primaire
Raphaël Glucksmann assume depuis des mois vouloir rassembler la gauche hors-LFI, mais il a aussi balayé l’idée de participer à la primaire voulue par Olivier Faure, Marine Tondelier ou François Ruffin. Le patron du PS a encore tenté ces dernières heures d’attirer l’ex-allié dans ses filets, avec une proposition de double primaire : une première entre les socialistes et Raphaël Glucksmann, et une seconde avec le reste de la gauche.
« On réfléchit à apprendre le mandarin, le farsi ou toute autre langue que pourront comprendre les gens qui s’échinent à proposer des inepties auxquelles nous avons dit notre opposition dès le départ », balaye Sacha Houlié, député proche de l’eurodéputé Place Publique. S’il repousse son annonce de candidature, Raphaël Glucksmann n’a pas arrêté de faire campagne. L’élu européene tiendra d’ailleurs son premier grand meeting le 13 juin, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.





