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Tensions diplomatiques et contrôles frontaliers entre Rome et Madrid après la crise migratoire de Ceuta
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France Infovor 16 StundenPolitik3 Min. LesezeitFrance

Tensions diplomatiques et contrôles frontaliers entre Rome et Madrid après la crise migratoire de Ceuta

L'Espagne instaure à son tour des contrôles pour les voyageurs italiens, ripostant aux mesures de Rome consécutives à l'afflux de migrants à Ceuta.

Auf einen Blick

  • Rome et Madrid s'opposent par contrôles frontaliers interposés après l'arrivée de 72 000 migrants à Ceuta.
  • L'Italie a suspendu le traité de Schengen pour les voyageurs d'Espagne, entraînant une riposte similaire de Madrid.

KI-generierte Zusammenfassung

Warum es wichtig ist

L'entrée de 72 000 migrants à Ceuta fin juillet a provoqué une crise diplomatique et des mesures de contrôle frontalier entre l'Italie et l'Espagne.

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La tension ne redescend pas entre Rome et Madrid, huit jours après l'afflux de migrants vers l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord. Dès samedi 8 août, les voyageurs italiens arrivant en Espagne par avion, par bateau ou par voie terrestre pourront être soumis à des contrôles aux frontières. Une réponse aux mesures similaires mises en place par l'Italie visant les ressortissants non européens arrivant depuis l'Espagne.

A l'origine de ces décisions, rares entre deux alliés de l'UE et de l'Otan : l'entrée dans l'enclave espagnole de Ceuta de 72 000 migrants venus du Maroc, jeudi 30 et vendredi 31 juillet. Si la quasi-totalité de ces personnes a depuis été renvoyée de l'autre côté de la frontière, ces arrivées clandestines d'une ampleur sans précédent ont mis le feu aux poudres entre le gouvernement d'extrême droite italien et l'exécutif socialiste espagnol.

Un bras de fer par contrôles aux frontières interposés

Aux premiers jours de la crise à Ceuta, la Première ministre italienne avait promis que "l'Italie ne resterait pas les bras croisés". Dénonçant les "images choquantes" des migrants entrant dans l'enclave espagnole, Giorgia Meloni a demandé la suspension "temporaire" de l'application du traité Schengen avec Madrid, s'en prenant à son homologue espagnol. "[Pedro] Sanchez a choisi le 'laisser-faire', mais je refuse que nous payions pour les erreurs des autres", a-t-elle déclaré, agitant la crainte de voir des migrants passés par Ceuta se rendre jusqu'en Italie. Un risque qui justifiait, selon elle, de prendre une "mesure extraordinaire" destinée à préserver "la sécurité nationale et prévenir de possibles répercussions pour [son] pays".

Le gouvernement espagnol a assuré que la grande majorité des migrants avaient été reconduits au Maroc et défendu l'intégrité de l'espace Schengen. Mais cela n'a pas suffi à convaincre Giorgia Meloni, qui a poursuivi son offensive diplomatique contre Madrid. Lundi 3 août, la Première ministre italienne a pris la tête d'un groupe de 22 pays de l'UE réclamant, auprès des autorités communautaires, l'exclusion de l'Espagne de cet espace de libre circulation.

S'il est impossible d'exclure un pays de Schengen, il est en revanche possible pour un Etat membre de rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires à l'entrée sur son territoire. Concrètement, les autorités italiennes ont annoncé la tenue de contrôles "ciblés" aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne, visant les ressortissants non européens, à partir du vendredi 31 juillet et au moins jusqu'au 15 août. Pour justifier ce choix, Rome évoque la "rumeur" de nouvelles traversées vers Ceuta mi-août.

Deux visions de la politique migratoire européenne

Si les ministres de l'Intérieur de l'UE, réunis mardi lors d'une visioconférence, ont plaidé l'unité et rappelé leur attachement à la préservation de l'espace Schengen, l'Italie a maintenu sa mesure de suspension temporaire. Trois jours plus tard, Madrid a, à son tour, lancé un ultimatum à Rome. "Nous appelons le gouvernement italien à revoir sa position, (…) à traiter les Espagnols comme les autres citoyens européens", en revenant d'ici dimanche sur cette mesure, a écrit l'exécutif espagnol dans un communiqué. Sans cela, il a promis d'adopter "des mesures proportionnelles".

Réponse de Rome : non. Du moins, pas avant "que les risques sécuritaires et terroristes pour l'Italie aient été complètement éliminés", a fait savoir le gouvernement d'extrême droite mené par Giorgia Meloni.

De nombreux observateurs voient dans cette brouille entre les deux pays européens une instrumentalisation politique par l'exécutif italien de la question migratoire aux portes de l'Europe. "Derrière la polémique se profile une rivalité politique et idéologique qui couve depuis des années, opposant deux visions distinctes de l'immigration, des frontières, de l'avenir de la Méditerranée et du leadership politique en Europe du Sud", a avancé le quotidien El Pais, samedi. "La réaction italienne semble surtout être un calcul politique pour s'opposer à l'Espagne, qui représente un modèle alternatif de gestion des migrations", a abondé le juriste italien Gianfranco Schiavone, spécialiste des migrations internationales, dans Le Point.

Un argument électoral pour Giorgia Meloni

Pour le professeur de droit de l'Union européenne à HEC Paris Alberto Alemanno, cet épisode illustre la menace qui pèse sur la solidarité européenne dès lors qu'il s'agit de protéger les frontières extérieures de l'UE. "La question n'a jamais été de savoir si l'Europe devait contrôler ses frontières. Elle le doit, et elle le fait", souligne-t-il dans un édito publié par le média portugais Diario de Noticias.

"La véritable question était de savoir si la pression exercée sur les frontières extérieures de l'Europe continuerait d'être considérée comme une responsabilité partagée ou si elle deviendrait un prétexte pour que les gouvernements s'affrontent."

Alberto Alemanno, professeur de droit européen à Diario de Noticias

Le juriste invite à mettre en parallèle les réactions de l'Italie et de l'UE face aux arrivées massives de migrants à Ceuta, fin juillet, et sur l'île italienne de Lampedusa. Si Bruxelles avait témoigné son soutien à Rome, cette fois, "la solidarité [envers Madrid] est devenue conditionnelle, et Schengen [est devenu] un instrument politique de pression" face à une politique migratoire espagnole "rejetée par de nombreux dirigeants européens".

Pour Giorgia Meloni, cette séquence est aussi l'occasion de se montrer ferme sur son sujet de prédilection, l'immigration, alors qu'elle fait face en Italie à la concurrence d'une figure montante de la droite radicale, Roberto Vannacci. A l'approche des élections législatives de 2027, la dirigeante d'extrême droite "a vu dans la crise de Ceuta l'occasion de renforcer l'un des piliers de son discours politique", estime El Pais. Le quotidien espagnol rappelle que Rome avait d'abord fait un lien entre l'afflux de migrants dans l'enclave et la régularisation massive de sans-papiers mise en œuvre au printemps par le gouvernement de Pedro Sanchez pour soutenir l'économie du pays.

Worauf zu achten ist

KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten

  • Des contrôles aux frontières pour les voyageurs italiens entrant en Espagne seront mis en place dès le samedi 8 août.

    Sehr wahrscheinlich · Innerhalb von Tagen

Offene Fragen

  • L'Espagne appliquera-t-elle effectivement les contrôles envers les voyageurs italiens dès le 8 août ?
  • Rome va-t-elle lever ses restrictions frontalières avant la mi-août ?

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This article was originally published by France Info.

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