Une climatologue alerte sur l'impréparation face aux vagues de chaleur et l'urgence de la décarbonation
Auf einen Blick
- La climatologue Françoise Vimeux (IRD) alerte sur l'impréparation de la France face aux vagues de chaleur extrêmes, soulignant l'urgence de la décarbonation.
- Elle propose des solutions comme la climatisation ciblée, l'isolation thermique des écoles et l'adaptation des modes de vie.
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Warum es wichtig ist
La climatologue Françoise Vimeux alerte sur l'état d'impréparation de la France face aux vagues de chaleur extrêmes, alors que le climat mondial a déjà atteint +1,3°C par rapport à l'ère préindustrielle. Elle souligne que l'été actuel pourrait être le plus froid du reste de nos vies si la décarbonation échoue.
"On est en train de vivre l'été le plus froid du reste de notre vie si on rate notre décarbonation, parce qu'il est encore possible d'agir", alerte jeudi 25 juin sur franceinfo, la climatologue Françoise Vimeux, directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD).
"On est dans un état d'impréparation qui, pour moi, est sidérant", juge la climatologue. "Avec un climat réchauffé qui a atteint +1,3°C au niveau mondial par rapport à l'ère préindustrielle, ce genre de vague de chaleur entre dans la gamme des possibles. Il faut se préparer non pas à des événements extrêmes moyens, il faut aussi se préparer à des événements extrêmes particulièrement hauts, même s'ils ont une faible probabilité d'arriver", avance-t-elle.
Les vagues de chaleurs printanières ne disent rien du climat estival
Selon elle, le fait d'avoir des vagues de chaleur précoces intenses "vient préparer le terrain pour favoriser des vagues de chaleur plus importantes si elles se produisent au cœur de l'été, car l'océan a emmagasiné de la chaleur et les sols se sont asséchés". Toutefois, "le fait d'avoir des vagues de chaleur aux mois de mai et juin ne nous dit rien de ce que va être la météorologie au cœur de l'été".
"Météo France fait des prévisions saisonnières, et pour cet été, ce qui est dit, c'est qu'on a 50% de chance ou de malchance que l'été soit plus chaud que la normale, c'est-à-dire la moyenne entre 1991 et 2020."
Françoise Vimeux, climatologue
à franceinfo
Interrogée sur les solutions à apporter à cet épisode de canicule, Françoise Vimeux assure qu'il "ne faut pas que la climatisation soit un tabou". Elle considère qu'on a "besoin de la climatisation dans certains bâtiments", citant les hôpitaux notamment. Selon elle, les climatiseurs sur roulettes ne sont en revanche "pas très efficaces" et favorisent le processus des îlots de chaleur. En outre, "climatiser un bâtiment qui n'est pas isolé thermiquement est une ineptie", dit-elle.
Adapter nos modes de vie
L'isolation thermique est notamment une priorité pour les écoles, juge-t-elle, via la protection des rayons du soleil. "On peut avoir recours à la climatisation de manière ponctuelle mais on peut aussi décider que quand on a un département en vigilance rouge, systématiquement, tous les après-midi, les établissements scolaires qui ne sont pas climatisés ou n'ont pas d'isolation thermique sont fermés", propose Françoise Vimeux. Elle conseille de "s'inspirer de ce qu'on voit dans nos territoires ultra-marins", avec "des horaires adaptés en période de chaleur".
Elle prône "une adaptation structurelle de nos modes de vie, de notre société. On gère une crise alors que le changement climatique est une trajectoire". La climatologue rappelle que "le succès de notre adaptation va dépendre de notre capacité à limiter le réchauffement. Quand on parle d'une France à +4°C, il va falloir choisir ce qu'on garde, ce qu'on abandonne", explique-t-elle en prenant pour exemple, la répartition de l'eau dans le sud de la France.
Offene Fragen
- Comment la France va-t-elle financer l'isolation thermique des bâtiments ?
- Quels sont les plans concrets pour adapter les horaires scolaires ?
- Quelles sont les mesures spécifiques pour la répartition de l'eau dans le sud de la France ?


