Ariana Grande visée par des critiques sur son physique : quand le féminisme face au corps des femmes vacille
Accusée de glamouriser la maigreur dans son clip « Petal », la pop star Ariana Grande a annoncé se retirer de la vie publique, relançant le débat sur le droit de commenter le corps des femmes sous couvert d'« inquiétude ».
En resumen
Face aux vives polémiques et aux commentaires incessants sur son physique après la sortie de son clip Petal, la chanteuse Ariana Grande a annoncé se retirer de la vie publique, relançant les débats féministes sur le cyberharcèlement et le consentement.
Resumen generado por IA
Por qué importa
La sortie du clip « Petal » d'Ariana Grande a déclenché une vague de commentaires sur sa silhouette et son poids sur les réseaux sociaux.
Le Béaba du féminisme semble être mis à rude épreuve. Depuis la publication du dernier clip d’Ariana Grande intitulé Petal et extrait de son dernier album du même nom, la pop star se retrouve une nouvelle fois dans une tornade médiatique.
Accusée d’y glamouriser la maigreur devant des millions de fans, la chanteuse a finalement annoncé se retirer de la vie publique à la fin de sa tournée. Une pause qui peut se comprendre. Car sous couvert « d’inquiétude » sur sa santé, les commentaires ont fusé, les médias se sont emballés et tout le monde a pris position dérogeant alors à un principe fondamental : le corps des femmes n’a pas à être commenté.
« Dilemme » et « responsabilité »
Sur les réseaux sociaux la situation a d’abord été présentée comme un « dilemme » dans des stories publiées par l’actrice Jameela Jamil : « Si nous commentons son physique, nous risquons de nuire à sa santé mentale, ce qui serait terrible, et personne ne le souhaite. Si nous ne commentons pas son physique, nous risquons de normaliser cette image auprès de centaines de millions d’adolescentes […] qui consomment son contenu. »
« Quand on est une personne avec une fan base, on a, en quelque sorte, une responsabilité de l’image que l’on renvoie », acquiesce Laure Salmona, présidente de l’association Féministes contre le cyberharcèlement et co-autrice de l’ouvrage Politiser les cyberviolences. « Mais il faut faire la part des choses entre ce qui relève de la responsabilité et la notion de sexisme, pointe la militante, jamais la responsabilité et les changements physiques d’un homme ne seront aussi commentés. »
Une injonction permanente à l’explication
Dans le cas d’Ariana Grande, les fans mentionnent à la quasi-unanimité leur « inquiétude » pour l’état de santé de la pop star. Or, partir du principe qu’Ariana Grande souffre d’un problème de santé ou d’un trouble du comportement alimentaire (TCA) relève de la spéculation, la chanteuse n’ayant jamais infirmé ou confirmé ces rumeurs. « Il y a une grosse responsabilité à avancer des hypothèses sur la santé des femmes quand on ne sait pas de quoi on parle, pointe Laure Salmona, concernant leurs changements corporels, les femmes ne doivent d’explications à personnes. »
Dans une société où l’on tente de nous faire croire que les femmes sont libérées des normes de beauté, la notion « d’inquiétude » est-elle devenue le nouveau moyen de commenter leur poids ? « Cela peut être utilisé comme excuse pour se donner bonne conscience », suppose la féministe qui explique que la surmédiatisation de la morphologie de la chanteuse ces derniers jours « s’apparente à du cyberharcèlement. »
« Consentement »
« Il y a une différence entre s’inquiéter et rendre public le fait qu’on s’inquiète », ajoute la spécialiste en cyberharcèlement qui entend qu’une partie des fans de l’artiste puissent se soucier de la santé de leur idole. « Ariana Grande a signifié qu’elle ne souhaitait pas parler de son apparence physique, elle a appelé à ce que les remarques sur son corps cessent, remémore la militante, dans un premier temps, il serait important de respecter son consentement. » En 2026, « il y a encore cette impression que les femmes n’existent qu’à travers leur apparence, que ce sont des objets dont on peut commenter les changements quand ça nous chante. »
Accusée de mettre en scène un corps jugé « squelettique », il est important de rappeler qu’Ariana Grande n’est pas responsable de cette polémique mais qu’elle évolue, elle aussi, dans une société patriarcale. C’est d’ailleurs tout l’objet de son dernier clip dans lequel son personnage dézingue à la tronçonneuse une brochette d’hommes blancs insatisfaits.
Preguntas abiertas
- Quelle sera la durée exacte du retrait d'Ariana Grande de la vie publique ?


