Canal+ : une réalisatrice dénonce une "fermeture d'esprit" après une tribune contre Vincent Bolloré
En resumen
- Des professionnels du cinéma s'inquiètent de l'influence de Vincent Bolloré.
- La réalisatrice Sepideh Farsi critique la décision de Canal+ de ne plus travailler avec les signataires d'une tribune dénonçant l'emprise de l'extrême droite.
Resumen generado por IA
Dans une tribune parue à la veille du Festival de Cannes, le monde du 7e art s'est alarmé de voir le milliardaire d'extrême droite étendre son emprise sur la production de films. La prise de parole du président du directoire de Canal + démontre pour la réalisatrice iranienne "une fermeture plutôt qu'une ouverture d'esprit".
Radio France
"Je trouve que ça confirme les craintes qu'on avait", réagit lundi 18 mai sur France Inter la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi, alors que Canal + ne veut plus travailler avec les signataires d'une tribune contre Vincent Bolloré. "J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix", a déclaré dimanche Maxime Saada, président du directoire de Canal+, premier financeur du cinéma français dont Vincent Bolloré est l'actionnaire principal.
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La tribune a été signé mardi dernier par 600 professionnels du secteur, notamment Sepideh Farsi, Juliette Binoche, Swann Arlaud et Adèle Haenel. La tribune dénonce "l'emprise grandissante de l'extrême droite" dans le cinéma par l'intermédiaire du milliardaire conservateur.
"C'est pour faire peur, c'est pour donner l'exemple, pour que d'autres ne signent pas."
Sepideh Farsi, réalisatrice
à France Inter
"On va voir comment le collectif va réagir. Je pense qu'il y aura une réaction certainement", prédit la réalisatrice.
"J'ai été très surprise en lisant les déclarations de M. Saada. Cette déclaration fait montre d'une fermeture d'esprit plutôt que d'une ouverture d'esprit", répond lundi Sepideh Farsi, qui a notamment réalisé l'an dernier le documentaire Put your soul in your hand and walk sur une jeune photographe palestinienne tuée à Gaza. "J'aurais aimé recevoir une invitation de la part de Canal pour nous dire 'Faites une délégation, venez nous voir, parlons pour voir ce qui vous fait peur'", avance-t-elle.
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"Au lieu de ça, dire d'emblée, nous n'allons plus travailler avec les gens qui sont signataires de cette tribune, je trouve que ça confirme les craintes qu'on avait", estime la réalisatrice. "Le groupe Canal+ a été créé pour apporter un souffle au cinéma français. Certes, c'est un groupe privé, mais c'est quand même pour renforcer ce qu'on appelle l'exception culturelle française", argumente la réalisatrice. "Enfin, je trouve qu'ils perdent d'ailleurs beaucoup de richesse, puisque ce sont des gens quand même extraordinaires qui ont signé cette tribune, un peu comme ce qui s'est passé chez Grasset en renvoyant Olivier Nora".



