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Casse du Louvre : les enquêteurs avancent sur l'organisation du commando
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Casse du Louvre : les enquêteurs avancent sur l'organisation du commando

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C'est dans un parking d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), 37 minutes après le casse, que les joyaux de la couronne ont été vus pour la dernière fois. Plus de sept mois après le casse du Louvre, les enquêteurs ont acquis des certitudes sur l'organisation des quatre suspects du commando et sur la recherche des bijoux. Révélations sur une enquête qui pourrait s'accélérer.

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Ce sont les écoutes téléphoniques qui vont fournir aux enquêteurs de précieuses indications. Trois suspects ont été identifiés grâce à leur ADN et incarcérés six jours après le cambriolage. Il s'agit de Slimane K., Ghelamallah A., Abdoulaye N., âgés de 27 à 39 ans, tous originaires de Seine-Saint-Denis. Mais un quatrième suspect, Rachid H., laissé libre et mis sous surveillance, est dans le viseur des enquêteurs. Il est le propriétaire du parking d'Aubervilliers et d'une voiture blanche dans laquelle il aurait chargé les bijoux avant de disparaître.

"La procédure ne montre pas qu'il y a un commanditaire"

Pour les enquêteurs, Rachid H. fait figure de meneur. Dans une conversation avec sa compagne, il emploie le mot "truc", un mot qui pourrait désigner les bijoux. "Pour le moment, il ne faut pas me parler d'argent, je n'ai pas une thune. Il m'a dit : 'Les trucs, ils sont où ?' Je lui dis : 'T'inquiète pas pour les trucs'", écrit-il.

Puis un cinquième homme apparaît, un certain Achour, jamais identifié. Il craint avoir été vu en sa compagnie. Pour les enquêteurs, c'est un possible complice. "Achour, j'étais avec lui deux jours avant. Il s'est taillé au bled", écrit Rachid H. Ce mystérieux Achour a-t-il emporté les bijoux au Maghreb ? Ou sont-ils toujours cachés du côté d'Aubervilliers ? Ce sont aujourd'hui les deux hypothèses privilégiées par les enquêteurs.

Ils en sont convaincus, le commando a agi seul. C'est ce qu'a accepté de révéler le patron de l'enquête à France Télévisions. "La procédure ne montre pas qu'il y a un commanditaire. Leur opération est bien montée, on a vu au cours des perquisitions qu'ils utilisaient des méthodes. Par exemple, des routeurs téléphoniques. Ils n'ont pas de puce dans leur téléphone, ils utilisaient des routeurs. Il y avait des détecteurs de balises. C'est quand même la marque de dispositif utilisée par le grand banditisme", explique Pascal Carreau, commissaire général de la Brigade de répression du banditisme (BRB).

Un groupe pas vraiment soudé

Cette semaine, les juges d'instruction vont entendre chacun des membres du commando et exploiter leurs divergences pour tenter de percer le mystère. Déjà, dès le début de l'enquête, les écoutes révélaient un groupe pas vraiment soudé. Voilà comment Rachid H. désignait l'un d'eux dans une conversation avec sa compagne : "Il s'est blessé, il a laissé son ADN sur la vitre. Et l'autre, ce 'gogolito' de première, lui, c'est une erreur. Il a dit : 'On m'a envoyé', mais moi je le connais pas."

L'avocate de l'un d'eux pointe également des contradictions entre les suspects. "En tout cas, ce qui est certain, c'est que les versions diffèrent entre les différents mis en examen. Donc, a minima, il va falloir s'accorder et comprendre ce qu'il en est", note Sarah Mauger-Poliak, avocate d'un suspect.

Le butin pourrait s'avérer très encombrant, car presque impossible à vendre, affirme Pascal Carreau : "La marchandise, je pense qu'elle est très difficile à receler. Il faut trouver un acheteur qui soit prêt à mettre une somme considérable pour récupérer des objets qu'il va laisser dans un coffre sans en parler jamais à personne. Vous avez des pierres de taille ancienne qui sont très difficiles à retailler, et avec une qualité qui n'est plus admissible aujourd'hui en haute joaillerie." Les quatre suspects finiront-ils par livrer leurs secrets et indiquer où se trouvent les bijoux, dans l'espoir que la justice puisse se montrer clémente ?

This article was originally published by France Info.

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