Consommation de crack en forte augmentation à Marseille : les associations et la municipalité réclament un plan d'État
Dans le centre-ville de Marseille, la situation liée au crack empire. Des associations et le maire demandent des solutions concrètes, deux ans après l'abandon du projet de salle de consommation.
En resumen
- La consommation de crack explose dans le centre-ville de Marseille.
- Face à l'urgence de la situation, la municipalité et des associations interpellent l'État pour réclamer des solutions d'hébergement et un plan d'action.
Resumen generado por IA
Por qué importa
Deux ans après l'abandon du projet d'Halte soins addictions à Marseille, la consommation de crack s'est intensifiée dans le centre-ville.
Dans les rues du centre-ville de Marseille, la consommation de crack est en forte augmentation. Deux ans après l’abandon du projet d’Halte soins addictions, surnommé par ses opposants "Salle de shoot", la municipalité et plusieurs associations demandent à l’État de mettre en place un plan d’action pour sortir les toxicomanes de la rue et lutter contre la grande précarité.
Le maire de Marseille a même écrit au Premier ministre à la fin du mois de mai. Alors que dans le quartier de la gare Saint-Charles la situation ne fait qu’empirer, franceinfo a suivi en maraude une association qui œuvre pour la réduction des risques auprès des usagers de drogue, en distribuant seringues et pipes à crack.
Dans une rue proche de cette gare marseillaise, Grégoire, salarié de l’association Nouvelle Aube, montre des petits tubes en plastique qui jonchent le trottoir. Ce sont des restes de doses de cocaïne, vendues à l’unité. Les consommateurs la cuisinent à même le trottoir, pour la transformer en crack. La cocaïne est devenue très accessible, explique Joachim Levy, le cofondateur de Nouvelle Aube : "Aujourd'hui, on trouve des points de deal, directement en centre-ville, de la cocaïne de très bonne qualité, pas chère, achetable à la dose".
Sur le pas d’une porte, Ibrahima allume sa pipe à crack. Venu du Sénégal, il est arrivé à Marseille il y a deux ans et raconte qu’il y a dans la rue de plus en plus de consommateurs, des adolescentes notamment, qui se prostituent pour payer leur dose. "Beaucoup ont le sida, indique-t-il. Les policiers disent : 'Ce sont des gens qui fument le crack, on s'en fout'. On veut tous se soigner, mais personne ne nous aide." Les seules à voler à leur secours, ce sont les petites associations comme Nouvelle Aube, souffle Ibrahima.
"Je te laisse des seringues avec les garrots et tout ce qui va avec", glisse Shanna, qui distribue du matériel de consommation stérile. En à peine 500 mètres, elle a déjà écoulé le stock de 50 pipes à crack. "En début de tournée, notre sac était plein à ras bord et ne fermant presque pas, assure-t-elle. En moins d'une heure, on a distribué absolument toutes les pipes à crack. Il y a beaucoup de demandes."
Les membres de l'association ont vu les consommateurs se déplacer au fil des opérations policières dans le centre-ville, mais ils finissent toujours par revenir. "Tant que des solutions ne sont pas fournies, ce sera juste un jeu de chaises musicales", estime Shanna.
Pour Grégoire, "il faut qu'ils aient des logements et des logements adaptés". Rassemblées au sein d’un dispositif baptisé "Tempo", plusieurs associations, dont Nouvelle Aube, appuyées par Médecins du monde et les hôpitaux de Marseille, réclament la création de places d’hébergement provisoire, pour prendre en charge les consommateurs de rue. Ils seraient entre 200 et 500 dans le centre-ville de Marseille.
Preguntas abiertas
- Quelles mesures précises le gouvernement va-t-il prendre ?
- Combien de places d'hébergement seront créées ?



