Décès de Carlo Ginzburg, historien italien majeur, à 87 ans
En resumen
- Carlo Ginzburg, historien italien de renom, est décédé à Bologne à 87 ans.
- Sa vie et son œuvre ont été marquées par la marginalité, la persécution et le point de vue des victimes, thèmes ancrés dans son enfance marquée par la perte de son père, victime du fascisme.
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Por qué importa
Carlo Ginzburg, historien italien, a vécu une enfance marquée par la perte de son père, victime du fascisme, influençant ainsi ses thèmes de recherche sur la marginalité et la persécution.
Le grand historien italien Carlo Ginzburg est mort, mercredi 17 juin, à Bologne (Italie), à l’âge de 87 ans. Né le 15 avril 1939 à Turin, il a grandi dans un milieu lettré et engagé. Sa mère est la romancière Natalia Ginzburg (née Levi, 1916-1991), première traductrice de l’œuvre de Marcel Proust (1871-1922) en italien. Son père, Leone Ginzburg (1909-1944), est issu d’une famille juive d’Odessa émigrée en Italie. Journaliste et professeur de littérature russe, il fonde en 1933, avec Giulio Einaudi (1912-1999), ce qui deviendra l’une des principales maisons d’édition italiennes, Einaudi. En 1940, ses activités antifascistes lui valent d’être condamné à l’exil dans un village des Abruzzes. En 1943, Leone Ginzburg est arrêté par la Gestapo. Il meurt sous la torture en février 1944, dans la prison romaine de Regina Coeli. Le jeune Carlo n’a pas encore fêté ses 5 ans. Ginzburg évoquera souvent l’importance de cette confrontation précoce à la violence politique dans son intérêt pour la marginalité, la persécution et le point de vue des victimes, qui sont des thèmes structurants de son œuvre. De sa fréquentation intense de la littérature dans l’enfance, il dira qu’elle a nourri son « imagination morale », le désir d’épouser le point de vue d’un personnage, de regarder le monde à travers une incarnation singulière.


