Éleveur condamné pour avoir empoisonné sept loups dans un parc animalier
En resumen
- Un jeune éleveur de 27 ans a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir tué sept loups du Parc des Loups du Gévaudan avec de la mort-aux-rats.
- Il a reconnu avoir lancé des boulettes de viande empoisonnées.
Resumen generado por IA
Un jeune éleveur a été condamné par le tribunal correctionnel de Mende, ce mardi 23 juin 2026, à deux ans de prison avec sursis et à 10 000 euros d'amende pour avoir empoisonné, avec de la mort-aux-rats, sept loups du parc animalier de Lozère.
Un jeune éleveur de 27 ans, à la tête d'une exploitation de 300 bovins située près du Parc des Loups du Gévaudan, en Lozère, comparaissait ce mardi 23 juin, devant la justice à Mende, pour avoir volontairement causé la mort de sept loups dans le parc animalier de Saint-Léger-de-Peyre.
"Le loup, il est partout, c'est ça le problème" a-t-il déclaré à la barre du tribunal correctionnel, selon l'AFP.
Gérée par une société dépendant du département, le parc, qui a aussi une vocation de conservation, avait connu une forte mortalité, jusque-là inexpliquée, entre novembre 2024 à septembre 2025.
Sept loups y avaient été retrouvés morts. Tous empoisonnés par de la mort-aux-rats, selon les rapports d'autopsie.
Après la découverte d'un premier cadavre de loup, un système de vidéosurveillance avait été installé par les dirigeants du parc, fin 2024. C'est ainsi que le prévenu a pu être repéré. Les enquêteurs ont ensuite identifié le tracteur et le véhicule du suspect.
Cet éleveur a reconnu les faits et admis avoir lancé des boulettes de viande empoisonnées "une dizaine de fois" en direction de ces loups, tous nés en captivité.
"A chaque tournée d'inspection, on s'attendait à tomber sur un loup mort", a expliqué Sylvain Macchi, l'un des responsables scientifiques du parc, devant le tribunal, en évoquant un "stress intense".
De son côté, l'avocat de la défense a tenté de mettre en avant la peur viscérale du loup pour expliquer le comportement de son client :"Le parc contient des animaux en captivité mais ça reste des loups, des animaux qui posent problème et qui sont souvent associés dans l'imaginaire au Diable, au Petit Chaperon rouge... et je ne vous parle pas de la Bête du Gévaudan", a déclaré Maître Alain Dibandjo.
Le loup étant un animal protégé en France, le procureur Valéry Morron a souligné qu'il existait un "cadre légal" pour éliminer les loups qui s'en prennent aux troupeaux, mais "en dehors de ce cadre, je poursuis", a-t-il souligné dans son réquisitoire, en réclamant deux ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.
Au final, en plus de la prison avec sursis, le tribunal a assorti sa condamnation d'une peine de 10.000 euros d'amende.
Le Parc des Loups du Gévaudan, où les visiteurs peuvent observer des loups de Pologne, de Mongolie, du Canada ou encore d'Arctique, a ouvert ses portes en 1985.
Il est actuellement l'un des plus grands d'Europe. Malgré son succès touristique, le site est régulièrement décrié par les syndicats agricoles, en particulier depuis que quelques spécimens s'en sont brièvement échappés en 2016, à la suite d'un acte de malveillance.
Signe de la tension causée en Lozère par la présence de loups sauvages qui s'attaquent régulièrement aux troupeaux des éleveurs, la direction du parc n'a pas souhaité se porter partie civile, malgré un préjudice estimé à 52.000 euros.
Joint par téléphone, Roger Crueyze, directeur général de la Selo qui dirige le parc, a expliqué ne pas avoir voulu profiter de la situation, ni vouloir mettre de l'huile sur le feu. "Les loups qui vivent dans le parc et les loups qui causent préjudice aux éleveurs, ce sont deux choses bien différentes" a-t-il affirmé, tout en rappelant le soutien de sa société aux éleveurs qui subissent les attaques régulières des loups dans le département.



