Grande distribution : Bompard dénonce un rapport sénatorial "caricatural"
En resumen
- Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, critique vivement un rapport sénatorial sur les marges de la grande distribution, le qualifiant de "caricatural" et "irrespectueux".
- Le rapport dénonce les pratiques des centrales d'achat et la pression sur les industriels, tandis que Bompard défend la négociation pour des prix plus bas pour les consommateurs.
Resumen generado por IA
Por qué importa
A senatorial commission has been investigating the profit margins of large food distributors for six months. The report is expected to be highly critical of their practices, particularly regarding European purchasing centers and pressure on manufacturers. This comes amid a tense climate surrounding purchasing power and food prices.
«Quand je vois les conclusions, je suis estomaqué», invité de France Inter ce jeudi matin, Alexandre Bompard n’a pas caché son agacement avant même la publication officielle du rapport sénatorial sur les marges de la grande distribution. Selon le patron de Carrefour, les conclusions de cette commission d’enquête s’annoncent «caricaturales» et «irrespectueuses» du métier de distributeur.
Après six mois de travaux et de nombreuses auditions, la commission sénatoriale doit rendre ce jeudi 21 mai un rapport particulièrement critique envers les enseignes de la grande distribution. Selon plusieurs éléments déjà connus, les sénateurs dénoncent notamment les pratiques des centrales d’achats européennes, les baisses de commandes utilisées pour faire pression sur les industriels ou encore les réticences des distributeurs à rouvrir les négociations commerciales avec leurs fournisseurs. Pour les auteurs du rapport, les relations commerciales dans l’agroalimentaire «fragilisent toute la chaîne de valeur au profit des distributeurs et au détriment de l’amont».
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Face à ces accusations, Alexandre Bompard a contre-attaqué. «Les conclusions, ça va être que c’est le Far West, qu’il faut rigidifier et empêcher de négocier», a-t-il pointé. Le dirigeant estime que le législateur français a «tendance à vouloir tout rigidifier, tout administrer, tout plafonner». Selon lui, le discours consistant à affirmer que «40 euros sur 100» reviendraient à la grande distribution est «faux». «Ce qui me reste à la fin, c’est 1% de mon chiffre d’affaires», a-t-il insisté, en opposant cette rentabilité à celle des grands groupes agroalimentaires, qu’il évalue autour de 15%.
«Dès le début, on se doutait que cette commission serait un procès à charge contre la grande distribution, il suffit de voir la façon caricaturale dont les questions étaient posées, a renchéri le patron d’Intermarché, Thierry Cotillard, après la publication du rapport. Le grand absent ? Les géants de l’agroalimentaire. Presque rien sur leurs positions dominantes, les pressions qu’ils exercent sur les fournisseurs ou la valeur qu’ils captent tout au long de la chaîne.»
De leur côté, les industriels de l’Ania (23.000 entreprises de l’agroalimentaire) ont estimé que ce rapport mettait en avance un rapport de force inégal dénoncé depuis longtemps, «avec une situation tellement problématique et déséquilibrée que le constat fait ce jeudi est forcément d’une clarté absolue», selon un porte-parole du syndicat.
«La consommation alimentaire résiste»
Le patron de Carrefour a également défendu le principe des négociations commerciales internationales menées par les centrales d’achat européennes, cibles de nombreuses critiques dans le rapport. «Je revendique le fait de pouvoir négocier», a-t-il assuré, estimant que cela permet de faire bénéficier les consommateurs français de prix plus avantageux obtenus dans d’autres pays. Alexandre Bompard rappelle par ailleurs qu’il ne négocie «plus les matières premières agricoles» et demande désormais à connaître précisément le prix payé aux agriculteurs.
«Dans ce rapport, il y a des propositions intéressantes qui rejoignent certaines qu’on défend comme la différenciation des PME», indique le cabinet du ministre du commerce et du pouvoir d’achat, Serge Papin, ancien DG de Système U. Mais, sur la portée générale du texte, Bercy se montre bien plus réservé. «Ce rapport s’attache à trouver un responsable sans forcément repenser le système à bout de souffle», pointe le cabinet.
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Cette passe d’armes intervient dans un climat déjà tendu autour du pouvoir d’achat et des prix alimentaires. Alexandre Bompard a affirmé que «la consommation alimentaire résiste», malgré les inquiétudes liées au conflit au Moyen-Orient. Selon lui, l’inflation alimentaire tourne aujourd’hui autour de 1%, proche d’une stabilité des prix. Il reconnaît toutefois que les ménages les plus fragiles continuent d’adapter leurs achats, en réduisant par exemple leur consommation de viande rouge ou en privilégiant davantage les marques de distributeur.
Le dirigeant a également voulu répondre aux critiques formulées ces derniers mois sur les marges réalisées par les distributeurs de carburants. Fin février, lorsque la flambée des cours de pétroles liées aux tensions avec l’Iran avait entraîné une hausse des prix à la pompe, l’exécutif avait soupçonné les distributeurs de profiter de la situation. Deux mois plus tard, un rapport gouvernemental avait finalement conclu que les marges étaient restées contenues. Alexandre Bompard a rappelé ce jeudi que, hors stations-service de TotalEnergies, les volumes de carburants vendus avaient chuté d’environ 20%, signe selon lui que les Français réduisent leurs déplacements ou cherchent des alternatives.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
The government will consider implementing some of the report's proposals, particularly those concerning SMEs.
Probable · Medio plazo
Further debate and potential legislative action regarding commercial negotiations in the agri-food sector.
Muy probable · Largo plazo
Preguntas abiertas
- What specific measures will be proposed by the senatorial report?
- How will the government respond to the report's conclusions?
- What will be the reaction of the agro-food industry to the report?
- Will the report's findings lead to changes in commercial negotiations?



