Incendies de forêt : pourquoi les chiffres des surfaces brûlées varient-ils ?
Comprendre la différence entre la surface parcourue par les flammes et la surface réellement brûlée selon les méthodes de calcul.
En resumen
Durant la période estivale, les estimations des surfaces touchées par les feux de forêt varient selon les méthodes de calcul, le moment de la mesure et l'autorité qui les réalise, distinguant la surface parcourue de celle réellement brûlée.
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Por qué importa
Les divergences dans la mesure des incendies de forêt proviennent de la distinction entre zones d'intervention et surfaces effectivement détruites.
Tous les étés, la période des incendies et feux de forêt est accompagnée de mesures, chiffrées en hectares, pour rendre compte de la superficie concernée par les flammes. Des chiffres dont l'écart peut surprendre pour une même zone désignée. La distinction entre la surface parcourue par le feu et la surface qui a véritablement brûlé porte parfois à confusion. Les méthodes de calcul, le moment de la mesure et l'autorité qui les réalise ne sont pas les mêmes.
Une première estimation de la superficie
Dès qu'un incendie se déclare, une estimation est réalisée à chaud. Le Système européen d'information sur les feux de forêt (Effis) opère un calcul des surfaces brûlées à partir d'images satellites. La détection se fait automatiquement puis elle est vérifiée et corrigée, si nécessaire, par un agent. Il s'agit là d'une estimation de la surface brûlée par les flammes.
A l'échelle nationale, une autre mesure est rapidement donnée. Elle correspond aux "estimations opérationnelles réalisées par les services d'incendie et de secours", explique à l'AFP le ministère de l'Intérieur. Ces estimations, relayées par les autorités, désignent la "zone d'intervention des pompiers", souligne Benoît Reymond, expert national incendie à l'Office national des forêts (ONF). Cette zone d'intervention comprend différents niveau de dégâts, dont des parcelles épargnées par les flammes : il s'agit d'une estimation de la surface parcourue par les flammes. Dès ces premières mesures, les chiffres diffèrent parfois. Pour l'incendie de Saumos en Gironde, en 2026, la préfecture annonçait, par exemple, 42 000 hectares de surface parcourue lorsqu'Effis en évoquait 37 500.
Une mesure précise a posteriori
Une fois l'incendie éteint vient un autre niveau de mesure. Pour affiner les chiffres nationaux, "les contours exacts de la zone brûlée sont relevées au GPS, avec l'appui de l'ONF", indique le ministère de l'Intérieur. Les experts analysent les images satellites des zones incendiées, avant et après l'événement. Dès que la végétation a été endommagée par le feu, la surface est considérée comme brûlée. Si nécessaire, des agents de terrain vont vérifier sur place. Les données définitives sont intégrées dans la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF). Elles ne sont publiées qu'au printemps de l'année suivante. Seuls les feux de forêts y sont consignés, pas les feux agricoles ou d'autres types de végétation.
L'estimation initiale des surfaces parcourues dépasse "souvent d'une vingtaine de pourcents" la mesure finale des surfaces brûlées, précise Benoît Reymond. C'est parfois plus encore. Dans le massif des Corbières, en 2025, l'écart était de plus de 50% : 11 000 hectares brûlés alors que le préfet avait annoncé 17 000 hectares parcourus. Il y a deux raisons à ces écarts. D'abord, le feu ne brûle pas tout sur son passage. Ensuite, les surfaces parcourues traduisent la réalité opérationnelle du travail des pompiers et parfois plusieurs interventions ont lieu dans les mêmes zones, à cause des reprises de feu. Ces surfaces-là peuvent être comptées plusieurs fois.
Des feux de natures différentes
Chacun des deux dispositifs (européen et national) a ses avantages et ses inconvénients. La source européenne est moins précise que la française mais elle présente l'avantage de donner des chiffres quasiment en temps réel. Elle permet aussi les comparaisons entre pays. Mais ses totaux annuels incluent les brûlages volontaires et légaux, comme l'écobuage qui représente parfois des surfaces bien plus vastes que les seuls feux de forêts. Le dispositif français, lui, ne les prend pas en compte sauf en cas de débordement.
Par ailleurs, certains feux ne sont pas détectés par le dispositif européen : en cas de forte couverture nuageuse ou s'ils se déclenchent et s'éteignent entre deux passages des satellites. Enfin, les feux de moins de 30 hectares ne sont pas pris en compte dans le recensement.
Attention aux évolutions des dispositifs de mesure
Mais le dispositif français aussi a "ses faiblesses", nuance Benoît Reymond. Il n'a été lancé qu'en 2006 à l'échelle de la France entière et dépend du fonctionnement départemental de chaque acteur (Sdis, préfecture…). L'historique n'est donc par parfaitement complet ni homogène, même si des progrès sensibles ont eu lieu ces dernières années.
L'expert de l'ONF souligne un autre point de vigilance. La mesure des feux n'était pas la même dans le milieu du XXe siècle. Il n'est donc pas toujours pertinent de comparer les surfaces des incendies d'aujourd'hui avec ceux d'autrefois. Des photos aériennes ont permis d'estimer qu'en 1949, la surface brûlée dans les Landes de Gascogne représentait plutôt 25 000 hectares. Bien en deçà des 40 à 50 000 hectares parcourus selon les archives.
Preguntas abiertas
- Quelles améliorations futures pour harmoniser les mesures européennes et nationales ?




