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L’ECHA recommande une restriction drastique de l'utilisation des PFAS
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Le Monde·15 sa önce·🇫🇷France·Environment

L’ECHA recommande une restriction drastique de l'utilisation des PFAS

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Le Monde
Yayıncı
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L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) vient de rendre deux avis très importants sur les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).

Les experts soutiennent la demande des agences environnementales de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège et du Danemark de restreindre drastiquement leur utilisation.

Ces avis démentent le discours rassurant, voire « rassuriste », distillé depuis deux ans dans le débat public français, notamment par l’ex-ministre de la transition écologique (2018-2019) François de Rugy [vice-président du conseil régional des Pays de la Loire depuis 2025].

Là où il plaide pour une subtile distinction entre « bons » et « mauvais » PFAS, l’ECHA tranche : c’est l’ensemble de cette famille chimique qui doit être appréhendée comme un problème systémique.

Le rapport souligne le caractère vain d’une approche « substance par substance ».

Evaluer la toxicité de plus de 10 000 molécules différentes – quand moins de 50 ont été sérieusement étudiées à ce jour – relève de la chimère réglementaire.

Cette méthode offre aux industriels une stratégie d’esquive perpétuelle, leur permettant de remplacer une molécule interdite par un clone chimique tout aussi suspect.

Trois constats implacables imposent cette restriction.

Premièrement, la quasi-indestructibilité de ces composants.

Ce qui fait leur intérêt technique produit aussi leur danger : ils s’accumulent de manière irréversible dans la biosphère, augmentant mécaniquement, jour après jour, notre exposition et les risques sanitaires qui lui sont liés.

Deuxièmement, les propriétés de ces substances étant très appréciées, leur utilisation devrait tripler d’ici à 2050.

Troisièmement, l’illusion technologique de la dépollution.

« Une fois les PFAS présents dans l’environnement, leur retrait de l’eau, des sédiments ou de la biomasse est extrêmement difficile et coûteux, voire impossible », note l’agence européenne.

Cruel paradoxe

Prenez l’eau potable.

Les technologies de filtration actuelles ne détruisent rien : elles séparent.

L’osmose, la technologie disponible la plus efficace, produit d’un côté de l’eau pure, de l’autre un concentré hautement toxique dont on ne sait que faire, hormis le diluer ou le rejeter en aval, comme s’apprête à le faire le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, déplaçant ainsi le problème.

Face à cette impasse, une seule issue : il faut couper le flux des PFAS à la source.

This article was originally published by Le Monde.

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