La Chine engrange massivement de l'or pour se protéger des sanctions, évitant le bitcoin
Pékin poursuit ses achats massifs d'or physique pour s'affranchir du dollar et se prémunir d'un gel des avoirs, rejetant totalement le bitcoin.
En resumen
- La Banque populaire de Chine accumule de l'or depuis vingt et un mois, atteignant 2 366 tonnes déclarées en 2026.
- Cette stratégie vise à se blinder contre un éventuel gel d'avoirs similaire aux sanctions infligées à la Russie, à l'opposé des États-Unis qui misent sur une réserve stratégique en bitcoin.
Resumen generado por IA
Por qué importa
L'UE a gelé en 2022 des actifs de la Banque centrale russe après l'invasion de l'Ukraine, incitant d'autres puissances à sécuriser leurs avoirs.
La guerre des réserves version chinoise, tout en lingots, zéro bitcoin. Pékin engrange de l’or comme s’il fallait se blinder contre un scénario précis, un gel de ses avoirs façon sanctions russes de 2022. C’est très exactement l’argument avancé aux États-Unis pour justifier leur réserve stratégique de Bitcoin, lancée par décret en mars 2025. Sauf que la Chine, premier rival économique de Washington et championne toutes catégories de la dédollarisation, n’a pas acheté un seul satoshi. Elle a choisi le métal, mois après mois, depuis bientôt deux ans, elle en a même acheté pour encore 20 tonnes au mois de juillet.
La Chine engrange 60 tonnes d’or en 2026, la plus grosse mise depuis 2023
La Banque populaire de Chine (PBoC) a ajouté près de 20 tonnes d’or à ses réserves en juillet, portant ses avoirs officiels de 75,44 à 76,08 millions d’onces. C’est le vingt-et-unième mois d’achats d’affilée. Et c’est aussi la plus grosse acquisition mensuelle depuis octobre 2023, selon les données publiées par l’Administration d’État des changes chinois.
La valeur officielle du trésor grimpe à 306,35 milliards de dollars au cours actuel de l’or, pour un total de plus de 2 366 tonnes. Depuis janvier, Pékin a déclaré environ 60 tonnes achetées, soit 7,8 milliards de dollars, un chiffre confirmé le 7 août par Kitco News, qui cite Krishan Gopaul, analyste au World Gold Council.
Le vrai chiffre serait plus haut encore. En mai, Goldman Sachs estimait les achats réels du mois à plus de 48 tonnes, contre seulement 10 tonnes déclarées, un écart qui trahit des achats maquillés via d’autres institutions publiques ou le marché de gré à gré de Londres. BMO Capital Markets évalue le stock chinois non déclaré à environ 30 000 tonnes au-dessus du sol, soit un tiers des flux mondiaux de demande d’or.
Le gel des avoirs russes, hantise numéro un derrière l’appétit chinois pour l’or
La logique derrière cette accumulation n’a rien de mystérieux ou d’une potentielle crise interne à venir pour le pays. Son objectif premier étant surtout de se diversifier hors du dollar et détenir un actif qui n’est la dette d’aucun autre État, contrairement à des bons du Trésor américain ou à des devises étrangères. Un lingot ne se gèle pas par décret d’un tiers.
Par exemple, en 2022, l’Union européenne avait gelé environ 210 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe après l’invasion de l’Ukraine. Un stock d’or physique rapatrié sur le sol chinois serait autrement plus difficile à saisir dans un scénario de sanctions comparables.
C’est ce précédent russe qui nourrit la thèse d’une Chine en train de se constituer une assurance financière, face à une rupture avec les États-Unis, une crise intérieure, voire un scénario d’escalade autour de Taïwan. Sur ce dernier point, aucun élément public ne permet d’affirmer quoi que ce soit de précis. Prudence, donc. Le profil d’achat, lui, régulier, massif, largement sous-déclaré, colle à celui d’un État qui se prépare à encaisser un choc plutôt qu’à celui d’un simple ajustement de portefeuille.
Or ce raisonnement, un actif refuge à l’abri du bon vouloir de Washington, c’est mot pour mot celui que les promoteurs américains du Bitcoin ressassent depuis des années pour vanter l’or numérique. La Chine partage le diagnostic. Elle a juste choisi une autre ordonnance.
Pendant que Washington empile des bitcoins, Pékin s’en tient aux lingots
L’ironie crève les yeux. Aux États-Unis, la réserve stratégique de Bitcoin existe déjà sur le papier depuis le décret signé par Donald Trump en mars 2025, un texte qui confie au Trésor les bitcoins déjà saisis par les agences fédérales. Le Congrès veut aller plus loin avec le BITCOIN Act de la sénatrice Cynthia Lummis et du représentant Nick Begich, relancé en 2026 sous la forme de l’American Reserve Modernization Act avec Jared Golden, qui vise carrément un million d’bitcoins achetés activement par l’État fédéral. En Suède, des députés d’opposition ont même réclamé une réserve nationale en Bitcoin, aux côtés de la couronne et de l’or.
Côté chinois, silence radio. Aucune déclaration officielle, aucun achat documenté, alors que la Chine coche pourtant toutes les cases du candidat naturel à ce jeu-là : deuxième économie mondiale, rivale déclarée du dollar, État qui interdit depuis 2021 le trading de cryptomonnaies sur son propre sol. Difficile de vendre à sa population une réserve nationale dans un actif qu’on lui a soi-même interdit d’acheter.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
Poursuite des acquisitions mensuelles d'or par la Banque populaire de Chine
Probable · En meses
Preguntas abiertas
- Quel est le volume exact des achats réels non déclarés par la Chine ?
- La Chine finira-t-elle par assouplir sa position sur les cryptomonnaies ?







