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La gauche face au défi de la fin de vie : liberté, égalité, fraternité
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Le Monde25.06.2026Política2 dk okumaFrance

La gauche face au défi de la fin de vie : liberté, égalité, fraternité

En resumen

  • La gauche française est confrontée au défi d'articuler les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité dans le débat législatif sur la fin de vie.
  • L'article propose de s'inspirer des penseurs "fraternitaires" de la IIe République pour refuser une approche libérale de la liberté.

Resumen generado por IA

Por qué importa

La gauche est confrontée au défi d'articuler les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité au cœur du débat législatif sur la fin de vie en France. L'article explore des sources philosophiques humanistes et la pensée "fraternitaire" du XIXe siècle pour éclairer ce débat.

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Les trois mots de notre devise républicaine expriment de façon éclatante le génie de la Révolution française. La sobriété de l’énoncé lui donne son caractère intemporel et universel. Il nous appartient, génération après génération, d’en écrire la grammaire. La gauche doit aujourd’hui faire face à un défi : articuler entre eux les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité au cœur du débat législatif sur la fin de vie.

Les sources philosophiques humanistes ne manquent pas pour justifier à gauche le refus de la loi dite d’« aide à mourir » : de la tradition solidariste de Léon Bourgeois (1851-1925) au personnalisme d’Emmanuel Mounier (1905-1950), en passant par le matérialisme de Karl Marx (1818-1883) ou la vision écologique d’Ivan Illich (1926-2002).

Qu’elles mobilisent le respect du vivant, nos interdépendances sociales ou encore l’interdit de donner la mort comme acte fondateur de notre civilisation, les arguments sont nombreux pour résister à ce qui s’apparente à une fiction libérale. Mais c’est peut-être dans le corpus idéologique le plus radical de la gauche – à la croisée du socialisme et du républicanisme – que nous pouvons trouver, au mitan du XIXe siècle, la meilleure façon d’éclairer le temps présent.

Le débat politique de la IIe République (1848-1852) est alors structuré par l’opposition entre libéraux et « fraternitaires ». La République sociale est au cœur d’un vaste mouvement intellectuel et politique qui se manifeste ici par le projet de l’Encyclopédie nouvelle, là par la création de la « commission du Luxembourg » sur la question du travail.

Figure des « fraternitaires », Constantin Pecqueur (1801-1887) combat de façon lumineuse la conception négative et libérale de la liberté. Il met en avant trois principes fondamentaux.

D’abord, l’individu ne s’appartient pas lui-même : chacun a des droits et des devoirs réciproques corrélatifs envers ses semblables. Sans cette dépendance mutuelle nourrie par la fraternité, c’est l’esclavage. Ensuite, l’interventionnisme étatique et les institutions sociales sont nécessaires pour garantir cette solidarité : le droit et la justice que se donne chaque société à un moment donné fixent les limites de la liberté privée. Enfin, l’égalité devant la loi ne saurait garantir la liberté effective de chacun et de tous : la liberté réelle nécessite l’égalité des conditions matérielles.

Preguntas abiertas

  • Comment la gauche articulera-t-elle ces concepts dans la loi sur la fin de vie ?
  • Quelle sera l'influence des principes "fraternitaires" sur la législation finale ?
  • Comment les "libéraux" réagiront-ils à cette approche ?

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This article was originally published by Le Monde.

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