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Paris : une "reading party" pour déconnecter des écrans aux jardins du Trocadéro
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20 Minutes9 sa önceOther4 dk okumaFrance

Paris : une "reading party" pour déconnecter des écrans aux jardins du Trocadéro

En resumen

  • Près de 150 personnes se sont réunies aux jardins du Trocadéro à Paris pour une "reading party", un événement visant à promouvoir la lecture et la déconnexion des écrans.
  • Le concept, né à New York, gagne en popularité en France, malgré des interrogations sur son modèle économique.

Resumen generado por IA

Por qué importa

Le concept de "reading party", né à New York, vise à créer des espaces de déconnexion sans écran pour favoriser la reconnexion à soi et aux autres. Il s'inscrit dans une tendance croissante de recherche d'espaces sans technologie.

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Assises à même le sol, sur des bâches jaunes, des serviettes de plage ou le bitume, près de 150 personnes sont plongées dans leur livre, sous un soleil de plomb. La scène, atypique, a lieu sur une allée des jardins du Trocadéro, face à la tour Eiffel, un dimanche de début juillet à Paris. Intrigués, quatre passants dévisagent l’enfilade de personnes avachies, le nez rivé dans leur bouquin, avant de se marrer, incrédules.

Au milieu du groupe, un kakémono jaune siglé The Offline Club permet de comprendre la teneur de l’événement : une « reading party » (soirée lecture). A mi-chemin entre promotion de la lecture, invitation à faire des rencontres « dans la vie réelle » et incitation à la déconnexion, le concept est né à l’été 2023 à New York. En France, libraires, applications de rencontres et entreprises commencent à s’engouffrer dans ce business.

Des espaces de déconnexion

« Le but de notre communauté est de créer des espaces de déconnexion, sans écran, pour se reconnecter à soi-même et aux autres », pitche Stefania Tsakiraki, cofondatrice de l’antenne parisienne de The Offline Club, organisateur de l’événement du jour. Vincent, 38 ans, lit un polar. Il est venu avec son ami Mickaël, de passage dans la capitale. « J’ai découvert le concept sur Instagram, ce qui est paradoxal, je le reconnais », rigole le salarié d’un réseau social. Si le but était avant tout de faire « quelque chose de nouveau », l’idée d’avoir « une heure sanctuarisée pour la lecture » lui plaît.

« C’est quand même un peu angoissant de se dire qu’on a besoin d’organiser ce type d’événement pour que les gens lâchent leur téléphone et lisent », se désole son ami Mickaël, professeur de français dans l’est de la France. Mais il le constate : « Les élèves ne lisent plus. Cette année, j’ai mis en place les quarts d’heure lecture dans mes classes et cela n’a pas du tout pris. »

Une difficulté à se concentrer

Les participants sont très majoritairement des participantes. Certaines sont venues en couple. D’autres entre amis. Ou seules. Parmi les lecteurs, une famille avec deux préadolescentes. L’une d’elles se cache pour parler au téléphone. L’autre dort, allongée, un livre sur son visage. « Nous voulions montrer aux enfants qu’il est important de se déconnecter, explique Vanessa, la mère. Nous attendons la classe de 4e pour donner un téléphone à notre fille mais nous essayons de lui donner de bonnes habitudes en attendant. » Manon, la fille en question, âgée de 11 ans, n’a « pas trop lu » mais a « aimé » l’expérience.

Autour des lecteurs, les touristes défilent. Un quadragénaire italien chante Aux Champs-Elysées, une petite aux baskets rose fluo fait le poirier devant l’objectif de son père et des futurs parents réalisent une vidéo de gender reaval party (la fumée est rose, ce sera une fille). Dans ce décor, Sandra, 24 ans, vêtue d’un tee-shirt « I love London », a du mal à se concentrer. « Honnêtement, j’ai lu trois pages en une heure », avoue-t-elle en rigolant. Son amie Manon confirme : « J’ai dû la recadrer au bout d’un moment. »

« Je préfère scroller sur Insta »

Les deux copines ont fait des études littéraires. Pourtant, Sandra reconnaît qu’elle lit de moins en moins. « Je préfère scroller sur Insta, avoue-t-elle avec autodérision. Je sais que c’est triste mais franchement, je suis addict. » La jeune femme passe en moyenne sept heures par jour sur son téléphone, neuf dans les pires périodes. « J’ai tout tenté pour diminuer : instaurer des limites parentales, passer la couleur de mon écran en noir et blanc, poser mon téléphone loin de mon lit avant d’aller me coucher. Je pense avoir regardé toutes les vidéos possibles sur YouTube expliquant comment diminuer son temps d’écran. »

Même si elle estime qu’il y a « un impératif à être présent sur les réseaux », Manon, elle, parvient à trouver du temps pour lire. « Je m’impose un moment de lecture dans le métro par exemple », raconte celle qui travaille dans le milieu de l’édition.

Des « reading party » payantes

Si l’événement du jour est gratuit, The Offline Club organise de nombreuses « reading party » payantes. « Jamais je ne paierais pour lire quelque part, lance, cash, Manon. Je trouve même le procédé limite d’un point de vue éthique. Autant se retrouver dans un parc pour lire ensemble. » Mais la cofondatrice de The Offline Club Paris se défend : « Nous payons bien une place pour aller au cinéma alors que l’on pourrait regarder un film chez soi sur Netflix. Pour lire, nous privatisons un endroit qui sera calme et nous organisons après de petits jeux pour que les personnes se rencontrent. »

La communauté a d’ailleurs pour objectif de lancer une souscription mensuelle ou annuelle. Aucun tarif n’a encore été fixé mais, à titre d’exemple, il s’élève à 25 euros par mois à Amsterdam. La déconnexion aurait donc un prix.

Preguntas abiertas

  • Quel sera le modèle économique pérenne de The Offline Club ?
  • La tendance de la déconnexion va-t-elle perdurer ?
  • Comment les libraires et applications de rencontres vont-ils intégrer ce concept ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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