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Pourquoi les meilleures idées viennent sous la douche ou en marchant
Ciencia
20 Minutes24.05.2026Ciencia3 dk okumaFrance

Pourquoi les meilleures idées viennent sous la douche ou en marchant

En resumen

  • Des chercheurs expliquent pourquoi des moments de détente comme prendre une douche ou marcher favorisent la créativité.
  • Ces activités activent le "réseau du mode par défaut" du cerveau, permettant des associations d'idées libres et originales.

Resumen generado por IA

Por qué importa

Des moments de détente comme prendre une douche ou marcher sont souvent associés à l'émergence d'idées créatives et originales. Des chercheurs en psychologie expérimentale et neurosciences étudient ce phénomène.

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Quand l’esprit vagabonde, les idées abondent. Vous l’avez peut-être remarqué, il nous arrive parfois d’avoir des idées ou de trouver une solution à un problème à des moments totalement incongrus, comme sous la douche, en promenade, en faisant du sport ou la vaisselle. Un vécu partagé qui a piqué la curiosité de chercheurs, notamment en psychologie expérimentale.

Les résultats confirment bien le phénomène : « On s’aperçoit que des situations comme se promener, prendre une douche ou s’endormir sont des moments où on peut avoir des idées très créatives », c’est-à-dire à la fois originales et pertinentes pour un certain objectif ou problème, explique Thomas Andrillon, neuroscientifique chargé de recherche à l’Inserm et à l’Institut du cerveau.

Une étude publiée en 2015 dans le Journal of Creative Behavior dresse d’ailleurs une liste des lieux ou moments où les 1.114 répondants déclarent avoir eu une fulgurance. Y figurent la douche ou la nature, mais aussi la nuit, les transports, ou le sport. Une expérience que vit régulièrement Jérôme, 39 ans : « Deux ou trois fois par semaine, c’est la tête sous le pommeau que je me dis "Ah, il faut absolument que j’envoie un mail pour le travail" ou "Ah, mais c’est l’anniversaire d’un ami, il faut absolument que je commande son cadeau aujourd’hui". »

Le cerveau moins contraint

Si ces phénomènes qui se produisent par surprise sont difficiles à étudier, plusieurs hypothèses existent pour expliquer ces fulgurances. « Ce sont des situations où l’esprit est un peu plus libre, où il n’est pas orienté vers un but précis, ce qui lui permet de se diriger vers des pensées autres », détaille Thomas Andrillon. Ces moments, pendant lesquels notre cerveau est moins contraint, sont propices à la réactivation de souvenirs, à l’association d’idées et au passage de l’une à l’autre, et donc à des idées nouvelles.

Des données montrent que ces activités du quotidien sont « associées à l’activation d’un réseau d’aires cérébrales assez spécifique », le réseau du mode par défaut, précise le chercheur. Conceptualisé comme une sorte de non-activité dans l’éveil, « ce mode est très riche en pensées, en idées », et ne signifie pas qu’on ne fait rien, bien au contraire.

Des moments cadre de plus en plus rares

Contrairement à d’autres moments qui nécessitent une certaine concentration, les activités durant lesquelles ce mode par défaut intervient sont en général très automatiques. Ce qui « libère une certaine ressource cognitive pour penser à autre chose », selon le neuroscientifique.

Dans un article paru dans la revue Psychology of Aesthetics, Creativity, and the Arts en 2022, des chercheurs ont également établi que prendre sa douche ou aller se promener « placent des contraintes sur la pensée ». Un élément essentiel pour la génération d’idées, qui nécessitent « un équilibre entre la réflexion concentrée et linéaire (qui limite l’originalité) et les associations aléatoires et sans-limite (qui sont rarement utiles) ».

Ces pauses sans but particulier sont donc loin d’être perdues pour le cerveau. Il peut même être intéressant de lui laisser ces moments de liberté, à une époque où ils existent de moins en moins. « On n’a plus ces moments où il faut soit accepter de ne rien faire, soit chercher dans notre environnement une source d’inspiration, puisqu’on a dans notre poche un téléphone qui peut nous amener immédiatement ce qui nous intéresse sur le moment, et c’est parfois contre-productif », souligne Thomas Andrillon.

Des mécanismes encore mal connus

Attention, toutefois, si vous comptez sur ce processus curieux pour résoudre tous vos futurs problèmes : il n’est pas automatique. « Ce n’est pas parce qu’on va marcher ou prendre une douche qu’on va toujours avoir des idées géniales », tout comme « on peut avoir des idées qui ne sont pas géniales du tout ou qui ne mènent à rien » pendant ces moments, nuance le chercheur.

D’autant qu’aller prendre sa douche dans le but de réfléchir à un problème risque de ne pas avoir l’effet escompté. Lorsque l’on cherche à résoudre un problème, « on peut avoir des œillères ou se heurter au même cheminement de pensée », illustre Thomas Andrillon. Dans ces cas-là, « arrêter de réfléchir à la solution peut parfois nous conduire à la trouver ».

D’un point de vue scientifique, « on a encore du mal à imaginer comment ces processus se passent concrètement, et il se passe plein de choses dans notre cerveau dont on n’a aucune conscience ou connaissance », admet le neuroscientifique. Mais la créativité « est étudiable » et sa science « bien établie ». Un travail consciencieux qu’une idée sous la douche ne pourra jamais égaler…

Preguntas abiertas

  • Quels sont les mécanismes neuronaux précis qui sous-tendent la génération d'idées pendant ces moments de "mode par défaut" ?
  • Comment peut-on cultiver davantage ces moments propices à la créativité dans un monde moderne de plus en plus connecté et sollicitant ?
  • Existe-t-il des différences individuelles significatives dans la capacité à générer des idées créatives pendant ces périodes de détente ?
  • Dans quelle mesure ces idées spontanées peuvent-elles être dirigées ou influencées pour résoudre des problèmes spécifiques sans perdre leur caractère original ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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