Près d'un tiers des Français n'utilisent pas de crème solaire malgré les risques
Une enquête révèle les raisons de ce comportement et démystifie des idées reçues sur le bronzage et la pollution marine.
En resumen
- Une enquête annuelle révèle que près d'un tiers des Français n'utilisent pas de crème solaire quand ils sont très exposés, malgré le risque de cancer de la peau.
- L'article clarifie que la crème n'empêche pas de bronzer et confirme sa pollution marine, affectant tortues et coraux, tout en conseillant des protections alternatives.
Resumen generado por IA
Por qué importa
Une enquête annuelle d'OpinionWay pour la Fédération des entreprises de la beauté révèle que près d'un tiers des Français ne se protègent pas du soleil, malgré le lien avec le cancer de la peau.
Près d'un tiers des Français n'utilisent pas de crème solaire quand ils sont très exposés, selon une enquête annuelle d'OpinionWay pour la Fédération des entreprises de la beauté, alors que près de neuf cancers de la peau sur dix sont causés par une exposition excessive au soleil. Interrogés sur les plages ou par le sondage, ils invoquent plusieurs raisons : bronzage, prix, aspect pratique, impact environnemental… Le Vrai ou Faux en passe plusieurs en revue.
La crème solaire empêche-t-elle de bronzer ?
Non, la crème solaire n'empêche pas de bronzer, mais elle ralentit le processus. Rappelons que le bronzage est une réaction de la peau qui se protège face à une agression, à savoir le soleil. Ainsi, quand on applique une crème solaire sur sa peau, cela la protège des ultraviolets, cela permet de moins affecter notre capital solaire, la peau a un peu moins besoin de se protéger par elle-même et, donc, bronze moins vite.
Cela dit, même une crème avec une très haute protection, un SPF 50, appliquée toutes les deux heures, laisse passer 2 % des rayons UVB, et cela suffit à prendre des couleurs.
Ajoutons, au passage, que toutes les peaux ont besoin de protection face au soleil, qu'elles soient claires ou foncées. Avoir davantage de mélanine dans la peau ne protège pas du soleil.
La crème solaire pollue-t-elle les mers et les océans ?
Oui, la crème solaire pollue. C'est largement documenté. Une revue de 110 publications scientifiques publiée en 2025 dans le Marine Pollution Bulletin établit qu'au moins un quart de la crème que l’on se tartine sur le corps se dissout dans l’eau quand on se baigne. L'étude estime que, sur une plage de mille personnes, plus de 35 kilos de crème se déversent en mer chaque jour.
Cela peut affecter les tortues. Des agents solaires ont été retrouvés dans le sang de tortues caouannes juvéniles dans la mer Adriatique, selon une étude parue en 2020 dans le Marine Pollution Bulletin. Des chercheurs ont aussi trouvé une corrélation entre des marqueurs d'inflammation chez certaines tortues et le taux de filtres UV présents dans leur organisme. Leur étude a été publiée en 2022 dans la revue scientifique Animals.
Cela peut aussi affecter les coraux, sur lesquels entre 6 000 et 14 000 tonnes de crème solaire se déversent chaque année, selon une étude datant de 2016. Plusieurs expériences en laboratoire ont montré que les filtres anti-UV pouvaient blanchir les coraux, les déformer ou faire des dommages à leur ADN. Notons cependant qu'une revue de la National Academy of Sciences de 2022 estime que les concentrations de filtres anti-UV mesurées dans la nature restent souvent sous les seuils toxiques. À l’heure actuelle, c'est toujours principalement le réchauffement climatique qui affecte les coraux.
Les crèmes qui disent protéger les récifs fonctionnent-elles vraiment ?
Cela dépend des crèmes. Mieux vaut privilégier celles qui sont minérales, à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane, car elles sont jugées moins nocives. Au contraire, le National Ocean Service américain recommande d'éviter les crèmes solaires contenant ces composés chimiques : oxybenzone, benzophénone-1, benzophénone-8, OD-PABA, 4-méthylbenzylidène-camphre, 3-benzylidène-camphre, dioxyde de titane (nano), oxyde de zinc (nano), octinoxate, octocrylène.
Il faut vraiment regarder la composition et se méfier de l’étiquette "reef-safe", "sécurisée pour les récifs" en français, parce que cette étiquette n’est pas réglementée et ne garantit rien.
Il est aussi possible, tout simplement, de se protéger avec des vêtements et des chapeaux anti-UV.
Preguntas abiertas
- Quelles mesures concrètes les autorités envisagent-elles pour sensibiliser le public ?
- Comment la réglementation des étiquettes "reef-safe" pourrait-elle être améliorée ?




