Rébecca Chaillon crée "La Parabole du seum" à Avignon
En resumen
Rébecca Chaillon présente "La Parabole du seum" au Festival d'Avignon, une pièce audacieuse explorant la révolte contre le fascisme et donnant voix aux marginalisés, inspirée par Octavia Butler.
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Por qué importa
Rébecca Chaillon, connue pour son audace, présente une nouvelle pièce au Festival d'Avignon après le succès de "Carte noire nommée désir". La pièce, "La Parabole du seum", aborde des thèmes sociaux forts.
En attendant que tous les spectateurs prennent place, samedi 4 juillet au cloître des Célestins, à Avignon, une comédienne fait monter sur la balance des volontaires qui se prêtent au jeu. Au milieu d’eux, une autre comédienne, totalement nue, comme indifférente à tout ce qui se déroule autour d’elle..
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À la fin du jeu, et au début de la pièce donc, deux comédiennes en débardeurs floqués Queer fat feminist entrent des deux côtés de la scène et s’approchent du public. "Mince", "mince", "mince", tranchent-elles d’un ton accusatoire en désignant certains spectateurs. Et parfois, magnanimes, glissent un "Bienvenue" complice à des personnes jugées assez enveloppées.
Le ton est donné. Nous sommes bien dans l’univers empathique et audacieux de Rébecca Chaillon. Trois ans après son œuvre qui a marqué les esprits, Carte noire nommée désir, la performeuse, autrice et metteuse en scène est de retour pour la 80e édition du Festival avec une pièce d’une rare originalité dans laquelle elle pose un regard lucide sur la société.
Espace des possibles
La marge, la norme et le territoire. Sur scène, sept comédiens, cinq femmes et deux hommes. Le seum, venin en arabe, est un cri, un dégoût et une révolte contre ce qu’elle perçoit comme la montée du fascisme. Alors, Rébecca Chaillon donne voix et corps à tous les marginalisés. Et pour ancrage, elle choisit la Seine-Saint-Denis, "un territoire extrêmement stigmatisé, sur lequel se projettent violences et préjugés", un département dans lequel elle vit et où elle est née.
Pour réaliser ce conte dystopique et philosophique, non dénué d’une forme de mysticisme, elle convoque la résilience. Rébecca Chaillon s’est inspirée du livre de l’autrice africaine-américaine Octavia Butler, La Parabole du Semeur. "Dans son roman, on suit une adolescente fille de prêcheur qui va devoir fuir un monde qui dégénère. Tout au long de sa route, elle va rencontrer une communauté de personnes en fuite avec qui avec elle va tenter de faire société. Dans son journal de bord, elle tente d’écrire une nouvelle religion », explique-t-elle dans sa vidéo de présentation sur le site du Festival.
Sur scène, cela se traduit par des choix narratifs et visuels tranchés, avec des moments d'une rare intensité. Rébecca Chaillon, qui mêle l'intime et le politique, invite les personnes minorisées à se rassembler, à faire communauté. Elle fait appel à l’astrologie, à l’astronomie et à la religion. Elle crée un espace des possibles.
Les comédiens alternent moments introspectifs et instants de légèreté comme cette interprétation toute personnelle de la chanson d’Idir, Ssendu (baratte). L’une des parenthèses qui a permis au public de souffler et de rire. Le beurre est représenté ici en lingots.
La pièce a divisé le public. Plusieurs personnes ont quitté les lieux tout au long du spectacle mais ceux qui sont restés ont réservé une longue ovation aux comédiens. C’est aussi et surtout ce qui définit le théâtre : susciter de la réflexion, des émotions, des réactions. La pièce continue à vivre longtemps après l'extinction des lumières.
Fiche
Titre : La Parabole du seum
Durée : 2h30
Conception et texte : Rébecca Chaillon avec la participation de Alexia Alexi, Yanis Boulahia, Solenne Capmas, Céline Champinot, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Living Smile Vidya, Nabila Mekkid, Élisa Monteil, Suzanne Péchenart, Chloé Roger, Camille Riquier, Julie Teuf
Mise en scène : Rébecca Chaillon, Céline Champinot
Distribution : Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya
Scénographie : Camille Riquier
Son et régie son : Élisa Monteil
Lumière : Alexia Alexi, Chloé Roger
Costumes : Solenne Capmas
Lieu : Cloître des Célestins
Preguntas abiertas
- Quelle sera la réception critique globale de la pièce ?
- Comment la pièce évoluera-t-elle dans sa tournée ?
- Quels autres projets Rébecca Chaillon a-t-elle prévus ?





