Violences dans le périscolaire : comment réagir face aux signalements ?
En resumen
- Des affaires de violences physiques, psychiques et sexuelles dans le périscolaire inquiètent les familles.
- Experts et procureurs conseillent aux parents d'être à l'écoute, de repérer les signes comportementaux et verbaux, et d'agir rapidement en cas de doute.
Resumen generado por IA
Por qué importa
Several cases of physical, psychological, and sexual violence in after-school programs have been revealed in the press in 2025 and 2026, raising concerns among families. In Paris alone, investigations have been opened concerning numerous schools and nurseries.
De quoi susciter l'inquiétude des familles. Plusieurs affaires de violences physiques, psychiques et sexuelles dans le périscolaire ont été révélées dans la presse en 2025 et 2026. Rien qu'à Paris, des enquêtes ont été ouvertes concernant 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches, a annoncé la procureure Laure Beccuau dimanche 17 mai.
De son côté, le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a assuré en avril que 78 animateurs avaient été suspendus dans la capitale depuis le début de l'année 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. De son côté, le collectif SOS Périscolaire affirme avoir collecté plus de 460 signalements dans toute la France depuis 2021.
Pour Lisa-Lou Wipf, vice-procureure à la section des mineurs du parquet de Paris, ces chiffres "extrêmement élevés et donc nécessairement inquiétants" ont toutefois un effet positif : ils permettent aux enquêteurs "de mettre à jour la vérité judiciaire plus facilement que si l'enfant dénonce les faits plusieurs années plus tard", a-t-elle souligné lundi sur France Inter. Comment aborder le sujet et réagir au plus vite ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Que faire en cas de doute ? Franceinfo a posé ces questions à plusieurs experts.
1 Comment aborder le sujet ?
"Le plus important pour les parents est d'être à l'écoute de leur enfant jour après jour, et de lui montrer que l'on peut parler de tout", préconise d'emblée Françoise Fericelli, pédopsychiatre depuis trente-cinq ans et ancienne experte judiciaire. Cette écoute passe par des questions que l'on peut poser tous les soirs, au coucher ou durant un temps calme (de préférence avec chaque enfant individuellement s'ils sont plusieurs dans la fratrie). "Il faut parler de ce qu'il se passe à l'école par des questions ouvertes, et surtout éviter les questions trop suggestives", souligne la médecin. Par exemple, préférer "Qu'as-tu fait à l'école ?" ou "Avec qui as-tu joué ?" à "Est-ce qu'on t'a fait du mal ?" ou "Qui a été méchant avec toi ?".
Si la question des violences sexuelles devait être abordée, Hélène Romano, docteure en psychopathologie spécialisée dans la prise en charge d'enfants victimes, préconise de le faire hors d'une chambre, "car c'est un espace d'intimité". Quand le parent n'est pas à l'aise avec ces questions, il est aussi possible de passer la main à un proche de confiance ou à un professionnel de santé.
2 Quels mots doivent alerter ?
Une fois la question abordée, certaines expressions peuvent alerter. "Les enfants agressés sexuellement peuvent avoir des propos sexuels inadaptés, avec des références sensorielles précises", pointe Hélène Romano. La psychothérapeute cite notamment l'exemple d'"un zizi qui fait pipi blanc" ou "avec des poils qui piquent" ou encore d'une "main dans la culotte qui a fait mal à cause des ongles longs". "Ce sont des descriptions qu'ils ne peuvent pas avoir inventées", insiste la professionnelle.
Dans une telle situation, il faut absolument se rapprocher de l'école où est inscrit l'élève et d'un professionnel de santé. "Quand les déclarations sont spontanées, les études montrent qu'il n'y a qu'extrêmement rarement de fausses allégations, insiste Françoise Fericelli. Les enfants ne mentent pas. Ils peuvent parler d'une manière qui peut être difficile à décoder, surtout quand ils sont jeunes, mais si la phrase est explicite, il faut réagir."
3 Quels comportements repérer ?
Outre la communication verbale, les experts invitent les parents à être très attentifs aux changements de comportements chez leurs enfants : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, irritabilité, colères, mise en retrait, mutisme… En cas de violences physiques, on peut aussi observer des bleus et des traces d'ecchymoses.
Enfin, tout changement qui concerne la sphère pelvienne, comme la perte soudaine de propreté (diurne ou nocturne), peut alerter. Prudence toutefois, car "ces symptômes ne sont pas spécifiques aux violences commises par des adultes, ils peuvent aussi survenir en cas de harcèlement, de deuil ou de contexte familial difficile", met en garde Guillaume Bronsard, pédopsychiatre à l'hôpital de Brest.
"Plus l'enfant est petit, plus les signes d'alerte viennent du corps."
Françoise Fericelli, pédopsychiatre
à franceinfo
Dans le cas des violences sexuelles, certains signes ne trompent pas. Les experts attirent l'attention sur l'apparition de comportements très sexualisés, une fascination pour les parties intimes ou le fait de reproduire certains comportements avec des jouets, sur eux-mêmes ou d'autres enfants.
"C'est tout un ensemble qui doit alerter le parent", souligne Françoise Fericelli. "Ce qui peut être plus difficile à détecter, c'est quand ces violences se font sans peur et sans douleur, car l'enfant est sous une forme d'emprise et n'arrive pas à différencier le normal de l'anormal", pointe Guillaume Bronsard.
4 Que faire en cas de doute ?
Avant d'avertir l'école ou les autorités, il est important de poser plusieurs questions à son enfant sans influencer son récit. La psychoclinicienne Hélène Romano recommande de "noter précisément les mots utilisés par son enfant", le contexte dans lequel il les a prononcés (s'il jouait, était joyeux, ou au contraire prostré et triste), ainsi que les questions formulées par les adultes. "On le constate dans les expertises : bien que ça ne soit pas intentionnel, le parent a tendance à déformer les propos ou à utiliser des formules suggestives", observe-t-elle. Il est aussi important que "les parents signifient à leur enfant qu'ils agissent pour le protéger, sinon il risque d'avoir peur et de se contredire", pointe Guillaume Bronsard.
Enfin, au moindre doute, les parents doivent alerter l'école, déposer plainte et consulter un professionnel de santé formé aux psychotraumatismes. La docteure Françoise Fericelli recommande aussi aux parents de se rapprocher d'autres familles afin de voir s'ils ont recueilli le même genre de témoignages. "C'est bien souvent en croisant les récits des enfants qu'on coince les agresseurs", souligne-t-elle.
Parfois, les violences peuvent mettre des années avant de se révéler. Pour limiter ce risque, Hélène Romano conseille à tous les parents d'enfants scolarisés dans des établissements incriminés de consigner tous les incidents connus dans un carnet afin d'agir au mieux le moment venu.
Preguntas abiertas
- What specific measures will be implemented to prevent future incidents?
- What is the total number of victims across France?
- What are the long-term psychological consequences for the children affected?
- How will the justice system expedite these cases?



