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Agnès Jaoui signe son premier long-métrage sans Jean-Pierre Bacri
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France Info23.05.2026Culture3 dk okumaFrance

Agnès Jaoui signe son premier long-métrage sans Jean-Pierre Bacri

L'Objet du délit, présenté hors compétition au Festival de Cannes, aborde les questions soulevées par #MeToo dans le cadre d'une mise en scène de l'opéra de Mozart.

L'essentiel

  • Agnès Jaoui présente "L'Objet du délit", son premier film sans Jean-Pierre Bacri, qui explore les thèmes de #MeToo à travers une mise en scène des "Noces de Figaro".
  • Le film, sélectionné hors compétition à Cannes, soulève des questions sur l'évolution des rapports hommes-femmes.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Agnès Jaoui présente son premier long-métrage sans son complice Jean-Pierre Bacri, disparu en 2021. "L'Objet du délit" se déroule dans les coulisses d'une mise en scène de l'opéra "Les Noces de Figaro" et aborde une accusation d'agression sexuelle.

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Agnès Jaoui signe son premier long-métrage écrit et réalisé sans Jean-Pierre Bacri, son complice et alter ego, à l'affiche de tous ses films, disparu en 2021. L'Objet du délit nous plonge dans les coulisses d'une mise en scène de l'opéra de Mozart Les Noces de Figaro, bouleversée par une accusation d'agression sexuelle.

La réalisatrice revient sur la Croisette plus de vingt ans après avoir décroché avec Jean-Pierre Bacri en 2004 le Prix du scénario pour leur film Comme une image. L'Objet du délit est présenté hors compétition le vendredi 22 mai au Festival de Cannes, juste avant sa sortie en salles, le mercredi 27 mai.

"À l'époque, les hommes insistaient jusqu'à ce que les femmes disent oui"

Mirabelle, reine des réseaux sociaux, se lance dans la mise en scène des Noces de Figaro. Elle est soutenue par un mécène peu friand d'opéra, mais fiévreusement désireux de se glisser dans son lit. Sororité, déconstruction, patriarcat… La jeune femme entend donner une couleur encore plus féministe à cet opéra de Mozart inspiré du Mariage de Figaro de Beaumarchais, déjà considéré à l'époque comme un pamphlet révolutionnaire.

À l'affiche de cet opéra, Hannah (Agnès Jaoui), vieille diva dans le rôle de la comtesse. Dans celui de Suzanne, Sophie (Tiphaine Daviot), une jeune chanteuse inexpérimentée imposée par son père, un mordu d'opéra qui contribue à bonne hauteur au financement de la production. Figaro est incarné par une chanteuse noire (Eye Haïdara), qui donne de sa belle voix dans tous les sens du terme. Sur le plateau, Samir (Oussama Kheddam), le régisseur, qui n'y connaît rien mais qui tombe amoureux de l'opéra, et de Clothilde (Lucie Gallo), l'assistante de Mirabelle.

À la baguette, Igor (Daniel Auteuil), ex d'Hannah, très mal dans ses baskets après qu'une cantatrice a annoncé qu'elle allait révéler le nom de dix hommes qui l'ont agressée sexuellement dans le passé. "Peut-être que j'ai un peu insisté. À l'époque, les hommes insistaient jusqu'à ce que les femmes disent oui", s'inquiète-t-il. Dans ce contexte, les répétitions se déroulent avec plus ou moins de fluidité, mais sans incident majeur, jusqu'au moment où éclate une accusation d'agression sexuelle…

"Le vieux monde est mort, il faut s'y faire"

Avec ce sixième long-métrage, Agnès Jaoui questionne les effets de #MeToo. Qu'est-ce qui a changé dans les rapports entre les femmes et les hommes ? Le comportement des hommes a-t-il changé ? Agnès Jaoui attaque son sujet par tous les angles, en déployant son scénario dans le cadre de l'opéra, un monde hiérarchisé, patriarcal, avec des maestros et des divas, et toute une armada de métiers où s'exercent de manière presque ritualisée des rapports de pouvoir, de classe, mais aussi de genre.

La réalisatrice choisit judicieusement Les Noces de Figaro, un opéra qui remettait en cause (dans la limite du contexte de l'époque), ces rapports de domination. "J'ai choisi Les Noces de Figaro parce que ça parle exactement de ce sujet-là, et que donc, ça permet de voir ce qui a changé, ce qui n'a pas changé, et de mettre en perspective", souligne Agnès Jaoui dans un entretien à franceinfo Culture.

Dans l'esprit de Beaumarchais ou de Molière, la réalisatrice s'amuse avec des quiproquos, des dialogues à double sens, et des situations burlesques. Le film s'ouvre avec des personnages stéréotypés et des clichés pour mieux les renverser. La réalisatrice met en scène une galerie de personnages truculents, servis par un casting aux petits oignons autour de la réalisatrice elle-même, de Daniel Auteuil et d'Eye Haïdara.

Cette aventure lyrique, au-delà de nous donner le bonheur d'écouter les plus beaux airs des Noces de Figaro, fait aussi entendre toutes les voix et tous les points de vue sur les questions soulevées par #MeToo. "Le vieux monde est mort, il faut s'y faire", lâche Igor. Mais il y a encore du boulot, ajoute en filigrane Agnès Jaoui.

À la hauteur du travail d'orfèvre mené jusque-là avec son compagnon de route disparu, à qui elle dédie son film, Agnès Jaoui signe un film intelligent et savoureux, qui se referme sur une note optimiste, comme dans les Noces de Figaro, en chantant le triomphe de l'amour.

La fiche

Questions ouvertes

  • What are the specific dynamics of power and gender explored within the opera production?
  • How does the film visually represent the themes of #MeToo and its impact on relationships?
  • What is the overall critical reception of the film at Cannes?

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This article was originally published by France Info.

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