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Arménie : les élections législatives du 7 juin, nouveau terrain d'affrontement entre Bruxelles et Moscou
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France24 Monde02/05/2026Monde4 min de lectureFrance

Arménie : les élections législatives du 7 juin, nouveau terrain d'affrontement entre Bruxelles et Moscou

Alors que l'opinion publique arménienne se tourne vers l'Union européenne, le scrutin législatif cristallise les tensions géopolitiques entre l'influence russe traditionnelle et les aspirations pro-occidentales.

L'essentiel

  • L'Arménie se prépare à des élections législatives cruciales le 7 juin, marquées par une bascule de l'opinion publique vers l'UE.
  • Ce scrutin devient un champ de bataille géopolitique entre Bruxelles et Moscou, sur fond de crise sécuritaire et de perte du Haut-Karabakh.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

L'Arménie a historiquement été un allié proche de la Russie, mais la perte du Haut-Karabakh en 2023 a gravement endommagé cette relation, poussant Erevan à chercher de nouveaux partenaires sécuritaires et économiques.

Taille de police

Après les élections en Hongrie, qui ont vu la victoire du pro-européen Peter Magyar au détriment du Premier ministre Viktor Orban, l'attention de l'Union européenne et de la Russie se tourne désormais vers l'Arménie, nouveau champ de bataille idéologique et géopolitique entre Bruxelles et Moscou.

Les élections législatives du 7 juin en Arménie revêtent une importance particulière, car l'opinion publique du pays – longtemps alignée sur la Russie – se tourne désormais vers Bruxelles. Alors que la campagne électorale débute officiellement 30 jours avant le scrutin, les candidats ont déjà pris la route.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, chef du parti politique Contrat civil, est actuellement en tête dans les sondages. Arrivé au pouvoir en 2018 à la suite de la Révolution de velours, il brigue un nouveau mandat en menant une campagne pro-européenne.

L'un de ses principaux rivaux est Samvel Karapetyan, un milliardaire russo-arménien à la tête du parti "Arménie forte". En 2025, ce dernier avait été arrêté avec 13 autres personnes, soupçonnés d'avoir tenté de déstabiliser le gouvernement.

Cependant, d’autres candidats pro-européens tentent de tirer leur épingle du jeu, constate Eric Hacopian, analyste politique chez CivilNet, qui cite notamment des personnalités telles que Hayk Marutyan, l’ancien maire d’Erevan.

"C'est un scrutin très intéressant car on assiste à l'émergence d'une opposition pro-occidentale qui n'appartient pas à l'ancien régime", note l'expert. "Et s'ils parviennent réellement à percer et à entrer au parlement, cela changera notre système politique d'une manière inédite depuis la révolution de 2018."

Ce scrutin intervient alors que la relation historique entre Erevan et Moscou semble au plus mal depuis 2023, date à laquelle près de 100 000 personnes d'origine arménienne ont fui le Haut-Karabakh à la suite de la prise de contrôle de la région par l'Azerbaïdjan. Erevan a accusé les forces de maintien de la paix russes de ne pas avoir suffisamment agi pour mettre fin à la campagne militaire lancée par Bakou.

L'Arménie a depuis suspendu son adhésion à l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie. "Cette cicatrice va hanter cette région pendant des décennies", estime Eric Hacopian.

Cependant, l'influence de Moscou est loin d'avoir disparu. Erevan reste un membre actif de l’Union économique eurasienne. La Russie dispose également d’une base militaire à Gyumri, et le russe reste une langue largement parlée.

Mais en raison de la guerre au Haut-Karabakh, la Russie n’est plus considérée comme un protecteur fiable face aux voisins de l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Turquie. L’une des raisons pour lesquelles les responsables politiques arméniens courtisent le bloc européen est qu’il est associé à la "sécurité et à la prospérité", analyse Steve Nix, directeur principal pour l’Europe et l’Eurasie à l’Institut républicain international (IRI).

D'après un sondage réalisé par l’IRI en février 2026, 72 % des Arméniens sont désormais favorables à l’adhésion à l’Union européenne. Dans ce même sondage, près d'un tiers des Arméniens considèrent la Russie comme la plus grande menace politique pour leur pays.

Début avril, Vladimir Poutine a averti que son ancienne république soviétique ne pouvait pas faire partie à la fois de l’alliance économique dirigée par Moscou et de l’Union européenne. De son côté, Bruxelles s'implique également dans ces élections. En décembre dernier, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a révélé que l'Arménie avait sollicité l'aide de l'Union pour la sécurisation du scrutin.

Du 4 au 5 mai, Erevan accueillera aussi son tout premier sommet UE-Arménie, en présence de Nikol Pachinian, d'Ursula von der Leyen et d’Antonio Costa.

Cependant, ce bras de fer idéologique inquiète certains experts, en particulier l’Observatoire international pour la démocratie en Arménie (IODA). "Les déclarations tant de l’Occident que de la Russie montrent qu’ils tentent d’imposer leur propre choix, ce qui est inacceptable", juge Philippe Kalfayan, membre du conseil d’administration de l’IODA. "Ils sont en train de voler les élections aux citoyens arméniens et mettent beaucoup d’argent sur la table pour y parvenir".

Les hommes politiques "instrumentalisent" également les allégations selon lesquelles certains partis et acteurs politiques seraient liés à la Russie, affirme Sarah Leah Whitson, avocate spécialisée dans les droits de l’homme et membre de l’IODA.

À surveiller

Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes

  • Accroissement des tensions diplomatiques entre Erevan et Moscou avant le scrutin.

    Très probable · En quelques semaines

  • Le sommet UE-Arménie sera utilisé comme argument politique par le parti au pouvoir.

    Probable · En quelques jours

Questions ouvertes

  • Quelles mesures concrètes l'UE prendra-t-elle pour sécuriser les élections ?
  • Quelle sera la réaction réelle de la Russie en cas de victoire pro-européenne ?

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This article was originally published by France24 Monde.

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