Bilan alarmant des noyades en France en 2026 et répression accrue face aux baignades interdites
Santé publique France relève 925 accidents de baignade et 274 décès en deux mois et demi. Face à la hausse des infractions, les autorités intensifient les contrôles et augmentent les amendes.
L'essentiel
- En deux mois et demi en 2026, la France déplore 925 accidents de baignade et 274 décès.
- Face à la multiplication des baignades dans des zones interdites comme la Saône, les autorités intensifient la surveillance et augmentent l'amende à 68 euros.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
En 2026, 925 personnes ont été victimes d'accidents de baignades en France en deux mois et demi, dont 274 décès, souvent liés aux canicules.
En 2026, 925 personnes ont été victimes d'accidents de baignades en France en seulement deux mois et demi. Parmi elles, 274 ont péri, selon un premier bilan de santé publique France. Le plus souvent, ces drames ont eu lieu pendant les périodes de canicule.
Ces noyades ont majoritairement eu lieu sur les départements et régions côtières dont 152 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 128 en Nouvelle-Aquitaine, 104 en Occitanie. Cependant Santé publique France note une très nette augmentation des noyades mortelles dans les zones non côtières. Elles se sont même multipliées par deux notamment en Auvergne Rhône Alpes, parfois dans des lieux non surveillés et interdits à la baignade.
Du côté de Lyon, ces spots sont innombrables entre le Rhône et la Saône, deux cours d'eau navigables, par principe interdits d'accès pour les nageurs. Même si les brigades fluviales ont augmenté la cadence avec une patrouille chaque jour, elles ont désormais recours à une nouvelle arme de dissuasion : une amende de troisième classe, soit 68 euros tandis qu'elle était de 38 euros auparavant.
Aux côtés de la brigade fluviale de Villefranche-sur-Saône au nord de Lyon, la Saône frôle les 25 degrés sous le soleil de l'après-midi. Le temps semble idéal pour piquer une tête, sauf que c'est interdit dans cette rivière. "Il y en a, en espérant qu'ils ne se sauvent pas en nous voyant", confirme l'adjudant-chef François-Xavier Marie. Accompagné de son équipe, ils longent les ducs-d'Albe, ces gros pylônes de béton le long des berges pour décourager les baigneurs.
"Vous pouvez vous approcher les jeunes ? Vous aviez prévu de sauter là", interpelle l'officier. Shayne et Tim sont arrivés de Lyon en bus, bien moins cher que la piscine municipale. Tim explique avoir "voulu sauter ici car c'était bien la dernière fois". François-Xavier Marie leur rappelle les risques encourus, à l'image des "épaves de voitures" qui peuvent les "blesser".
Pas le temps de plonger, les deux adolescents font demi-tour. Quelques kilomètres plus loin, des sauts ont pourtant déjà eu lieu. Timéo raconte avoir sauté "de haut, en tournant un peu". Son ami Milan rappelle qu'il y a "beaucoup plus de monde sur les zones de baignade dès qu'on approche d'ici, surtout pendant les vacances." Les deux acolytes vont d'abord prétexter chercher le calme. "On est là, on est que tous les quatre, on va être tranquilles", assure l'un, pendant que l'autre explique : "On cherche des sensations aussi ! Se baigner juste dans un lac, ça va deux minutes".
Lisandre, lui, n'a pas peur de le dire : il est là pour exécuter son plus beau salto. Le prix de l'amende l'a toutefois dissuadé car même s’il n'était "pas du tout au courant" des risques, il ne compte "plus le faire, je tiens à mes 68 euros". La sanction financière est dissuasive pour ces jeunes-là. Mais ils ne sont pas les seuls que les gendarmes alpaguent, et la prévention ne suffit plus selon l'adjudant Yannick Salomon.
"On voit des gens en train de nager en plein milieu du chenal de la Saône, donc en plein milieu des gros bateaux et des grosses péniches. Souvent, ils nous disent qu'ils font ça depuis quarante ans, que pour eux il n'y a pas de risque. Ce sont plutôt des adultes que des jeunes, et là on fait plus de prévention : c'est l'amende, puis on les sort de l'eau", déplore-t-il. D'après lui, ces scènes se produisent au moins une fois par semaine sur les quarante kilomètres de patrouilles.
Questions ouvertes
- Quelles seront les mesures de prévention supplémentaires prises pour le reste de l'été ?







