Canicule : l'impact sur les transports en commun et le trafic routier en Île-de-France
L'essentiel
- La canicule réduit l'usage des transports en commun en Île-de-France, avec des baisses allant jusqu'à 20% pour le bus.
- Les Franciliens renoncent aux déplacements plutôt que de se reporter massivement sur la voiture, dont le trafic routier est resté stable malgré les restrictions Crit'Air.
Résumé généré par IA
À en voir sortir les usagers d’un métro, d’un bus ou d’un train, on devine aisément si la rame était climatisée ou non. Visages rouges, chemises trempées, regards hagards : la canicule peut transformer les transports en commun en épreuve physique. Dans les faits, en Île-de-France, la fréquentation des transports en commun reste stable entre 0 et 25 °C, puis fléchit à mesure que le mercure monte. À 30 °C, le bus recule déjà de 11 % par rapport à une journée à 14 °C, le tramway de 7 % et le RER et le train de 4 % (chiffre d’Institut Paris Région).
Lors des deux épisodes les plus intenses observés, neuf jours consécutifs à plus de 30 °C en septembre 2023 avec un pic à 35 °C, et un épisode du 28 juin au 2 juillet 2025 culminant à 38 °C, l’usage du bus a reculé de 8 à 20 % et celui du RER et du train de 12 %. Le métro, plus souvent souterrain, affiche une baisse maximale de 8 %. Les Franciliens qui désertent les transports en commun se réfugient-ils pour autant dans leur voiture ?
Pas massivement, selon une étude publiée en mars 2024 par le bureau de recherche 6t avec le soutien de l’ADEME et de la Caisse des Dépôts. Les Français modifient leur mobilité en période de canicule, mais leur premier réflexe est le renoncement pur et simple au déplacement, pas le report modal. Trois quarts des individus modifient leurs activités et déplacements un jour de forte chaleur, et 59 % renoncent carrément à une sortie. En abandonnant d’abord la promenade, le sport, les loisirs.
Le transport le plus résistant
Pour ceux qui continuent à se déplacer, la voiture apparaît bien comme le mode le plus résistant à la chaleur. Dans l’enquête de 6t, 53 % des automobilistes jugent leur véhicule agréable par temps caniculaire, contre seulement 24 % des usagers des transports en commun et 17 % des piétons. La climatisation, l’absence d’effort physique, l’intimité de l’habitacle, autant d’avantages que l’individu valorise. Un jour de canicule, la part modale de la voiture progresse d’un point, selon l’enquête de 6t.
Les routes d’Île-de-France à l’identique
En ce qui concerne l’épisode de chaleur actuel, la direction des routes d’Île-de-France n’a constaté, du lundi 22 au mercredi 24 juin, aucune hausse notable du trafic automobile par rapport aux semaines précédentes, plutôt une légère baisse en heure de pointe du soir, le reste du temps demeurant stable. L’entreprise de services automobiles Roole, qui suit les trajets de ses membres via balise embarquée, arrive à la même conclusion sur l’ensemble du mois : il n’y a eu en juin 2026 aucune corrélation significative entre la température maximale quotidienne et le nombre de trajets au départ d’Île-de-France.
Ce maintien du trafic routier à son niveau habituel soulève une question, alors qu’une circulation différenciée est en vigueur en Île-de-France depuis le 19 juin, seuls les véhicules Crit’Air 0, 1 et 2 étant autorisés à l’intérieur de l’A86 entre 5h30 et minuit. Si le nombre de voitures sur les routes ne diminue pas malgré les restrictions, deux hypothèses se dégagent : soit une partie des automobilistes ne respecte pas les interdictions, soit les Franciliens qui renoncent aux transports en commun compensent très légèrement en voiture.

