Crise migratoire à Ceuta : inquiétudes, failles du pacte Espagne-Maroc et défis européens
L'afflux massif de migrants à Ceuta révèle les limites de la coopération bilatérale et soulève des questions sur la politique migratoire européenne, tandis que d'autres routes migratoires vers le Royaume-Uni s'intensifient.
L'essentiel
- Les habitants de Ceuta s'inquiètent de la fragilité de l'enclave espagnole face à la vague migratoire, qui a vu la plupart des candidats à l'exil retourner au Maroc, mais a laissé de nombreux mineurs.
- La crise met en lumière les failles du pacte migratoire Espagne-Maroc et les défis de l'Europe face à une "tempête migratoire", tandis que les traversées vers l'Angleterre par "small boats" explosent.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
La ville autonome espagnole de Ceuta est l'une des deux seules frontières terrestres entre l'UE et l'Afrique, au cœur de tensions migratoires et de désaccords entre partisans de l'accueil et tenants de la fermeté. Un pacte migratoire entre l'Espagne et le Maroc, présenté en 2023, visait à stabiliser la coopération bilatérale.
Frappés par la soudaineté de la vague migratoire, les habitants de Ceuta s’inquiètent de la fragilité de l’enclave espagnole. Faute de débouché, la plupart des candidats à l’exil ont pris le chemin du retour. Choquée, ébranlée, la population tente de reprendre le contrôle de la ville. Mais les migrants sont l’objet de désaccords, entre partisans de l’accueil et tenants de la fermeté.
Après l’arrivée massive par la mer de migrants marocains dans l’enclave, la plupart sont déjà repartis. Parmi ceux qui n’ont pas pris le chemin du retour, beaucoup d’hommes jeunes et d’adolescents.
Présentée en 2023 comme l’un des piliers d’une relation bilatérale enfin stabilisée, la coopération migratoire entre Madrid et Rabat n’a pas empêché l’afflux massif de ces derniers jours. La crise éclaire les limites d’un dispositif ancien, renforcé par étapes mais toujours dépendant de la volonté politique des deux voisins.
De Madrid à Washington, en passant par Londres, Berlin et Rome, les journaux étrangers voient dans cette vague migratoire exceptionnelle leurs propres inquiétudes. L’Europe entrevoit ce qui pourrait l’attendre, la faillite du système migratoire et une urgence humanitaire.
La vague de migrants entrés illégalement en Espagne depuis le Maroc crispe ses voisins européens et constitue un premier test depuis l’entrée en vigueur, en juin, du nouveau pacte asile et migration.
Coincée entre la mer Méditerranée et le Maroc, la ville autonome espagnole de Ceuta est l’une des deux seules frontières terrestres entre l’UE et l’Afrique. Immigration, tensions avec le Maroc, vestige de l’époque coloniale... Le Figaro fait le point sur ce territoire au centre d’enjeux stratégiques.
Alors que plus de 60 000 migrants ont tenté de forcer la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole, l’ancien directeur de la police aux frontières, Fernand Gontier, estime qu’il faut désormais assumer l’externalisation de la politique migratoire, qui ne consiste pas à déléguer la souveraineté, mais à l’exercer là où les flux se forment, avant que les drames humains ne se produisent aux portes de l’Europe.
Pour gagner l’Angleterre, le nombre de migrants entassés dans des « small boats » explose. La police française empêche la moitié des traversées, mais les passeurs compensent en surchargeant les embarcations, jusqu’à 165 passagers par bateau. Xavier Bertrand appelle à dénoncer le « marché de dupes » qui fait des Français les garde-côtes des Anglais.
Alors que le sujet arrive en tête des préoccupations des Britanniques, la reconduction de Shabana Mahmood à la tête du ministère de l’Intérieur indique que le nouveau premier ministre britannique veut poursuivre la stratégie de fermeté migratoire d’Andy Burnham dans la lignée de Keir Starmer.
Questions ouvertes
- Quel sera le sort des mineurs non accompagnés restés à Ceuta ?
- Comment l'Espagne et le Maroc vont-ils renforcer leur coopération migratoire ?
- Quelles mesures concrètes l'Europe prendra-t-elle suite à cette crise ?




