Dans les trains, la tranquillité devient une ressource rare, selon une étude
Dans les trains, la tranquillité devient une ressource rare. Selon une étude OpinionWay pour Trenitalia France publiée le 5 mai (1), plus d’un usager sur deux se dit dérangé par les appels téléphoniques trop bruyants, loin devant les vidéos sans écouteurs ou les conversations animées. Une sensibilité au bruit qui dépasse le cadre ferroviaire et s’impose désormais comme un enjeu central de l’expérience de voyage.
Longtemps perçu comme un simple moyen de transport, le rail est aujourd’hui un véritable espace de vie où l’on lit, travaille ou se repose. Résultat : les attentes des passagers évoluent et la sérénité devient un critère presque aussi important que la ponctualité ou le prix du billet.
Le calme, nouvelle priorité des voyageurs
Près de 42% des Français jugent le silence indispensable lors d’un trajet personnel, une proportion qui atteint 53% chez les 60-75 ans. Même pour les voyages professionnels, 35% des usagers en font une condition essentielle. Cette aspiration explique le succès des voitures silencieuses, déjà déployées dans plusieurs pays européens. En France, la SNCF teste des espaces plus calmes dans certains TGV Inoui, tandis que Trenitalia mise sur ses zones «Silenzio». Ailleurs, comme en Allemagne, en Belgique ou en Autriche, les «Quiet cars» interdisent les appels et encadrent strictement les comportements.
Le bruit des enfants qui courent dans les allées reste également une source de crispation pour 34% des répondants, illustrant la difficulté de concilier usages familiaux et quête de sérénité.
Les valises, un stress sous-estimé
Au-delà de l’ambiance sonore, les aspects pratiques pèsent aussi dans l’expérience des passagers. Le manque d’espace pour les bagages est pointé par 19% des Français, et jusqu’à 27% chez les 18-24 ans. Dans les wagons très fréquentés, valises et sacs compliquent la circulation, au point que 17% des voyageurs évoquent des bagages mal rangés comme source de gêne. Le confort des sièges (35%) et la possibilité de choisir sa place (28%) figurent également parmi les attentes majeures.
Les irritants du quotidien complètent ce tableau : manque d’hygiène ou odeurs corporelles (35%), nourriture (17%), voyageurs pieds nus (15%), mais aussi ronflements ou sièges monopolisés (13%). Des situations familières à l’heure où la fréquentation atteint des niveaux records : les TGV ont transporté 168 millions de clients en 2025, selon SNCF Voyageurs.
Le rail, un espace de vie plus qu’un simple trajet
L’étude met enfin en lumière l’évolution des usages à bord. Lors de trajets personnels, les voyageurs déclarent principalement lire (45%), dormir (43%) ou regarder des films et séries (31%). Pour les déplacements professionnels, le train devient aussi un bureau mobile : 34% des répondants disent y travailler régulièrement. Dans ce contexte, les attentes technologiques progressent elles aussi. Un Wifi performant (34%) et la présence de prises électriques (30%) figurent désormais parmi les critères essentiels des voyageurs d’affaires.
Le transport ferroviaire ne se résume donc plus à un simple déplacement d’un point A à un point B. Entre espace de travail et lieu de repos, les passagers attendent désormais une expérience fluide et apaisée. Une ambition qui se heurte encore, bien souvent, à la réalité d’un voisin trop bavard ou d’une valise abandonnée au milieu de l’allée.
(1) Méthodologie : étude OpinionWay pour Trenitalia France : «Les habitudes des Français en train», réalisée en ligne du 29 octobre au 10 novembre 2025 auprès d’un échantillon de 1502 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.





