Deux députés LFI et écologiste sanctionnés pour avoir qualifié des élus de "xénophobes" et "racistes"
L'essentiel
- Les députés Élise Leboucher (LFI) et Benjamin Lucas-Lundy (écologiste) ont été sanctionnés par l'Assemblée nationale pour avoir qualifié des élus soutenant un texte sur les mariages de personnes en situation irrégulière de "xénophobes" et "racistes".
- Un autre député, Andy Kerbrat, a assumé ses propos qualifiant un élu UDR de "raciste" et "fasciste".
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Les députés LFI Élise Leboucher et écologiste Benjamin Lucas-Lundy ont été sanctionnés mercredi par le Bureau de l'Assemblée nationale, pour avoir qualifié jeudi dernier dans l'hémicycle, de «xénophobes» et/ou de «racistes» les élus soutenant le texte sur les mariages de personnes en situation irrégulière.
Lors de cette journée réservée aux textes du groupe UDR, le parti d'Éric Ciotti allié au RN, la température était montée dans l'hémicycle, en raison de l'obstruction menée par les élus de gauche pour empêcher un vote et d'une panne de climatisation en pleine canicule.
Après des heures de débats sur ce texte souhaitant permettre aux maires d'exiger de futurs mariés étrangers des éléments attestant de leur régularité sur le territoire, les échanges s'étaient envenimés. Elise Leboucher avait qualifié les élus de droite soutenant ce texte de «xénophobes». Le vice-président Christophe Blanchet (MoDem), qui dirigeait la séance, avait prononcé un rappel à l'ordre. Dans la foulée, le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy avait pris la parole et déclaré: «Oui, ceux qui défendent un texte xénophobe et raciste sont probablement xénophobes et racistes !». Avant d'ajouter: «Sanctionnez-nous tant que vous voulez!»
Un «rappel à l’ordre»
Mercredi, le Bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance exécutive qui est composée de députés, s'est réuni et a voté pour sanctionner ces deux élus d'un «rappel à l'ordre» - la plus faible des quatre sanctions disciplinaires prévues par le règlement, ont confirmé à l'AFP plusieurs sources parlementaires. Les élus de gauche s'y sont opposés, tandis que les autres ont voté pour. D'autres députés qui avaient tenu des propos similaires lors de cette journée, comme la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain, n'ont pas été sanctionnés.
Par ailleurs, l'élu insoumis Andy Kerbrat a publié mercredi sur X un courrier que lui a adressé la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet lui demandant de s'abstenir de proférer des invectives. Elle lui reproche d'avoir traité un député UDR de «raciste» et de «fasciste» lors d'une réunion de la commission des lois le 17 juin, «des insultes inacceptables» qui «n'ont pas leur place dans notre Assemblée».
Andy Kerbrat a réagi en assumant pleinement ses propos: «Je persiste et signe : l'UDR (...) est un parti de fascistes et de racistes. Ce n'est pas une insulte, mais une qualification politique.» Pour étayer son argument, l'élu a souligné la relaxe prononcée en 2014 par le tribunal correctionnel de Paris concernant Jean-Luc Mélenchon, poursuivi pour avoir qualifié Marine Le Pen de « fasciste». Selon lui, la justice avait jugé que, dans un débat, l'usage du terme «fasciste» n'était pas injurieux entre adversaires politiques.




