Dix ans après le Brexit, le "Bregret" domine au Royaume-Uni
L'essentiel
- Dix ans après le vote du Brexit, une majorité de Britanniques regrettent cette décision.
- "Bregret" est dominant, avec près de 60% d'opinion favorable à un retour dans l'UE.
- Les promesses de "Global Britain" se sont heurtées à la réalité.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Dix ans après le vote du Brexit, le sentiment dominant au Royaume-Uni est le regret, avec une majorité de la population souhaitant un retour dans l'Union européenne.
Que se passe-t-il dans la tête des Britanniques ? Dix ans après ce 23 juin 2016, où, en votant à 51,9 % pour la sortie de l’Union européenne (UE), ils se sont infligé une spectaculaire blessure collective, le mystère n’a pas fini de s’épaissir.
Une chose est certaine : ils ont majoritairement changé d’avis. Le « Bregret » (« regret du Brexit ») est aujourd’hui un sentiment dominant, partagé par près de 60 % de l’opinion. Si un nouveau référendum avait lieu aujourd’hui, la sortie de l’UE rassemblerait moins de 40 % des voix.
Le choix des Britanniques de « sortir de la servitude », qui faisait « vibrer » d’enthousiasme Marine Le Pen voilà dix ans, a débouché sur un chemin de croix.
Croissance économique bridée, crise politique incessante, isolement et perte d’influence dans le monde… Les promesses du « Global Britain », qui faisait miroiter un retour à la grandeur impériale britannique, se sont heurtées à l’impuissance face aux conflits du monde.
La prétention à tirer parti de la « libération du joug » des normes européennes a fait long feu, remplacée par son opposé : l’« alignement dynamique » sur les règles de l’UE, seul à même de fluidifier les échanges.
Quant au mot d’ordre phare du référendum, « Take back control » (« reprenons le contrôle ») qui visait la fin de la libre entrée des Européens et le contrôle de l’immigration, il s’est traduit par une forte hausse des entrées d’étrangers issus du Commonwealth.
Précédent de quelques mois la première élection de Donald Trump, le référendum sur le Brexit apparaît comme la première grande manifestation de la vague populiste qui n’a pas fini de secouer le monde occidental.
Nationalisme, xénophobie, manipulation des thèmes de l’immigration et de l’identité, démagogie antiélite, mensonges de campagne, immixtion des réseaux sociaux, alliance entre très riches et très pauvres… Tous les ingrédients du trumpisme et d’autres vagues d’extrême droite étaient déjà présents.
Ambiguïté du « Bregret »
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Un nouveau référendum sur l'appartenance à l'UE pourrait être envisagé.
Possible · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quel sera l'impact à long terme sur l'économie britannique ?
- Comment évoluera la relation avec l'UE ?


