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Donald Trump exfiltré d'Air Force One en Turquie face à une menace
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France Infoil y a 7 heuresPolitique4 min de lectureFrance

Donald Trump exfiltré d'Air Force One en Turquie face à une menace

Révélée par la presse américaine, l'exfiltration discrète du président américain à Ankara le 8 juillet dernier suscite des critiques de l'opposition démocrate.

L'essentiel

Donald Trump a été discrètement exfiltré d'Air Force One à Ankara le 8 juillet, après le sommet de l'Otan, pour le protéger d'une menace liée à l'Iran, suscitant la colère de l'opposition démocrate.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Donald Trump fait face à des menaces de la part de l'Iran depuis l'assassinat du général Qassem Soleimani en janvier 2020.

Taille de police

Une opération aussi secrète que rocambolesque. Le président américain, Donald Trump, a été exfiltré d'Air Force One vers un autre avion, sur le tarmac de l'aéroport d'Ankara, à l'issue du sommet de l'Otan en Turquie, le 8 juillet. Révélée par le Washington Post et le New York Times, un mois plus tard, lundi 11 août, cette exfiltration a été confirmée mardi soir par le milliardaire. Elle visait à le protéger d'une menace. Franceinfo vous résume cette affaire, qui a pris un tour politique aux Etats-Unis.

Un conteneur pour transférer le président d'un avion à un autre, selon les médias américains

Donald Trump aurait dû quitter Ankara pour le Royaume-Uni avec le nouvel Air Force One, le Boeing 747 que le Qatar lui a offert en 2025 et qu'il avait utilisé pour se rendre dans la capitale turque le 7 juillet. Mais la Maison Blanche a changé de programme à la dernière minute pour le faire voyager dans l'ancien avion présidentiel. Donald Trump avait alors expliqué, dans un message sur son réseau Truth Social, qu'il effectuait ce changement "par nostalgie". Le 8 juillet, il a donc monté les marches de l'ancien Boeing et a salué les caméras avant de s'engouffrer dans l'appareil.

Mais une fois à l'intérieur, le président a discrètement quitté l'appareil par une porte opposée. Il a pris place à bord d'un conteneur de ravitaillement pour masquer ses mouvements sur le tarmac de l'aéroport, selon les médias américains qui s'appuient sur des responsables s'exprimant sous couvert d'anonymat. Puis, il a été transféré vers un autre avion, le C-32A de l'US Air Force, la version militaire du Boeing 757 généralement réservée aux hauts responsables. Il a décollé sous l'indicatif "Reach 18" avec ses transpondeurs de suivi désactivés.

Sur une photo de l'AFP prise ce jour-là, deux conteneurs de ravitaillement montés sur des ressorts hydrauliques sont bien visibles, l'un positionné à l'avant, l'autre à l'arrière d'Air Force One. Sur une vidéo, on voit un camion chargé d'un conteneur faire marche arrière, peu après que Donald Trump a embarqué dans l'avion, puis rouler vers un autre appareil plus petit garé à proximité.

Un tour de passe-passe sur une base militaire en Angleterre, d'après les révélations de la presse

Après son arrivée sur la base militaire de Mildenhall, dans l'est de l'Angleterre, Donald Trump a été exfiltré de cet avion vers l'ancien Air Force One. Il en a ensuite débarqué sous les yeux des journalistes et a traversé le tarmac à pied pour rejoindre l'avion offert par le Qatar, à bord duquel il s'est envolé pour Washington.

Une douzaine de journalistes et de hauts responsables, dont le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avaient, eux, embarqué dans l'Air Force One officiel, en Turquie. Durant le vol, les reporters ont reçu l'ordre de garder les stores des hublots baissés pour maintenir l'illusion que le président était présent. Une consigne inhabituelle en dehors des zones de conflits. Les journalistes, voyageant dans une cabine qui ne communique pas avec l'espace réservé au président, n'ont découvert la supercherie qu'après coup, selon le récit des deux médias américains.

La presse américaine évoque une menace iranienne contre Donald Trump

Le président américain a lui-même confirmé cette étonnante péripétie devant la presse, mardi soir : "Ils voulaient me mettre dans un autre vol, dans un autre avion, avec la même sécurité, ils voulaient que je le fasse, donc je l'ai fait. Je fais ce qu'ils me disent." Il a tout de même cherché à minimiser l'événement en rappelant qu'il faisait l'objet de nombreuses menaces : "J'imagine qu'il y avait une menace. Je n'en ai pas demandé beaucoup plus", a assuré le président, interrogé sur la raison qui a poussé son service de protection, le Secret Service, à lui conseiller cette manœuvre.

Selon le Wall Street Journal, les services secrets israéliens avaient averti Washington d'un risque d'attaque par missile sol-air portable contre l'avion présidentiel. Le président américain et plusieurs de ses conseillers font face à des menaces de la part de l'Iran depuis des années, en particulier depuis que Donald Trump, au cours de son premier mandat, a ordonné en janvier 2020 l'assassinat du général de division Qassem Soleimani. Mais le contexte de guerre rouverte contre l'Iran par le locataire de la Maison Blanche depuis fin février a encore accru ce danger.

Les conseillers de Donald Trump ont confié en privé à leurs alliés, lors de la campagne présidentielle de 2024, qu'ils avaient reçu des renseignements indiquant que l'Iran espérait toujours nuire à Donald Trump, d'après le New York Times. Cela a d'ailleurs conduit à l'utilisation occasionnelle d'avions leurres pendant la campagne. Le candidat embarquait parfois à bord d'un jet secret, sans que les médias ne soient alertés, tandis que son équipe pilotait son avion privé.

L'opposition démocrate américaine en colère

La manœuvre, révélée par les journaux américains, a bien vite suscité des critiques. Mardi, le chef de file de l'opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a ainsi demandé que les parlementaires soient "immédiatement informés". "Il est inacceptable que le Congrès ait été laissé dans l'ignorance et ait pris connaissance de cette grave menace par le biais d'articles de presse", a fustigé le démocrate, cité par le Washington Post. "Donald Trump a mis en danger les fils et les filles de l'Amérique en s'engageant dans une guerre inutile et imprudente, et cette administration a refusé à plusieurs reprises d'offrir au Congrès et au public la transparence qu'ils méritent", a-t-il poursuivi.

Outre Chuck Schumer, Mark Warner, élu de Virginie, chef de file démocrate au sein de la commission du renseignement du Sénat, n'a pas été informé de la menace d'assassinat ni de la ruse qui s'en est suivie, selon un porte-parole de son bureau. Or tous deux sont membres du "Gang des Huit", un groupe de dirigeants des deux partis et des deux chambres du Congrès qui reçoivent traditionnellement des briefings de la part du pouvoir exécutif concernant les renseignements et les opérations secrètes sensibles.

Des précédents entourés de moins de mystère

Ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'un président américain prend ainsi des précautions exceptionnelles, mais le secret entourant cette opération est inhabituel. En 2000, Bill Clinton avait déjà utilisé cette technique d'un avion leurre pour se rendre d'Inde au Pakistan. Selon le Washington Post, la présidente de l'Association des correspondants de la Maison Blanche de l'époque avait été avertie. En 2023, une visite de Joe Biden en Ukraine avait également été entourée du plus grand secret. Le président démocrate avait été accompagné de seulement deux journalistes.

Questions ouvertes

  • Quelle était la nature exacte et imminente de la menace à Ankara ?
  • Pourquoi le Congrès n'a-t-il pas été informé de l'opération ?

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This article was originally published by France Info.

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