Du stade aux barricades. FC Dynamo Kyïv : un livre sur le football et l'identité ukrainienne
L'essentiel
- Le livre "Du stade aux barricades.
- FC Dynamo Kyïv" de Nikol Dziub explore le lien entre le football, l'identité ukrainienne et la résistance.
- Il couvre les périodes soviétique et d'indépendance, soulignant le rôle des supporters dans l'affirmation nationale et la révolution de Maïdan.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Le livre de Nikol Dziub retrace l'histoire du FC Dynamo Kyïv, de sa domination dans l'URSS à son rôle dans l'affirmation de l'identité ukrainienne et la révolution de Maïdan.
« Du stade aux barricades. FC Dynamo Kyïv », de Nikol Dziub, Médiapop, « Le club des écrivains », 60 p., 9 €.
Ce qui est triste, c’est de ne pas avoir fréquenté les soirées des « Légumes ». « Vous n’auriez jamais autant ri », assure Nikol Dziub, qui, elle, a eu la chance de bien connaître ce « petit groupe de supporteurs rigolos » du Dynamo Kiev, « les meilleurs commentateurs du monde », qui débarquaient au stade avec de la vodka et des cornichons salés « faits maison ».
C’était dans les années 2000. Elle avait 18 ans et, comme la plupart des Ukrainiens, était une fervente du club, l’un des plus grands, naguère, de l’Union soviétique, le premier à damer le pion aux équipes moscovites et à régner à leur place sur le football européen. Plus tard, ses supporteurs joueront un rôle important dans la révolution de Maïdan (2013-2014) – une certaine habitude de la bagarre se révèle parfois utile. Beaucoup, aujourd’hui, sont au front. Une cagnotte a été ouverte pour soutenir les familles des morts, baptisée « Tribune des héros ».
Loin de se contenter d’égrener ses souvenirs des années passées auprès des « Légumes » et des autres, avant de s’installer en France, l’universitaire et traductrice – d’auteurs ukrainiens aussi importants qu’Artem Chapeye, Artur Dron, Maksym Kryvtsov (1990-2024) ou Maria Matios – livre une évocation fine, très informée, des deux périodes, celle de la domination soviétique et celle de l’indépendance, transition comprise. Mieux encore, elle éclaire l’une par l’autre, et au passage aide à comprendre quelle réserve d’audace, d’énergie et de provocation le football peut représenter pour une société.
C’est particulièrement frappant dans les pages qu’elle consacre aux deux dernières décennies de l’URSS, celles qui virent le Dynamo Kiev triompher et, surtout, entraîner derrière lui des foules ukrainiennes de plus en plus remuantes. Certes, rappelle-t-elle, le régime encourageait le sport, instrument de contrôle des populations comme de promotion d’une supposée identité soviétique. Mais il y a loin des rêves de la nomenklatura à la réalité des stades. Ce qui s’affirmait autour des succès de l’équipe avait plutôt à voir avec l’identité ukrainienne, qui se réveillait avec une véhémence d’autant plus grande qu’elle ne pouvait le faire nulle part ailleurs.
Questions ouvertes
- Quel est l'impact actuel des supporters sur le front ?
- Comment le football continue-t-il d'influencer la société ukrainienne ?




