Fin de l'aventure pétrolifère à Oberlauterbach après 25 ans
L'essentiel
- Le puits de pétrole à Oberlauterbach, exploité par Philippe Labat depuis 1999, est abandonné en 2024 en raison d'une panne technique.
- L'exploitation a généré 4,3 millions d'euros de chiffre d'affaires sur 25 ans.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Le puits de pétrole à Oberlauterbach était l'un des plus petits et des plus anciens de France.
Clap de fin pour l’aventure pétrolifère la plus originale de France. En février dernier Philippe Labat a décidé à contrecœur de se séparer de son puits de pétrole situé à Oberlauterbach, une commune du Bas-Rhin située à soixantaine de kilomètres au nord de Strasbourg. « Le tube au fond du puits est coincé. On n’arrive pas à le sortir » explique le septuagénaire, ancien ingénieur d’Elf au journal régional DNA. Les installations vont donc être rapidement démontées et l’emplacement rebouché au béton. L’achèvement d’une histoire un peu folle, qui aura duré tout de même 25 ans et qui aura rapporté deux millions d’euros au propriétaire. Tout commence en 1989, lorsque l’ancien détenteur de l’installation, Elf, décide de s’en séparer. Pour l’entreprise celle-ci n’est plus suffisamment rentable, ne produisant l’équivalent que de deux barils par jour contre 50 à ses débuts. Pire, le groupe estime que le gisement au-dessous se tarit. Ce n’est pas l’avis de Philippe Labat, selon lui la zone en a encore beaucoup à offrir. Surtout, elle est potentiellement extrêmement rentable. Dans la région, le pétrole ne se situe qu’à 600 mètres sous la surface du sol, contre entre un et plusieurs kilomètres ailleurs en France. Les coûts d’extraction n’en sont que plus faibles. Passer la publicité Avec une quinzaine d’autres particuliers, ils décident de racheter la concession. Prix total, un million de francs. Il obtient gratuitement un vieux balancier puis s’attaque au problème de l’extraction. Si le puits ne remonte que si peu de pétrole, c’est qu’il est bloqué par de la paraffine. Grâce à un système de chauffage, Philippe Labat parvient à réduire le problème. La production repasse ainsi à 16 barils par jour en 2002. Un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros Le système tourne ainsi sans problème pendant plus de 20 ans. La gestion est extrêmement facile pour le propriétaire. L’exploitation ne demande qu’un seul salarié en temps partiel (une dizaine d’heures de travail par mois) et un camion-citerne toutes les trois semaines pour amener le pétrole vers la raffinerie de Karlsruhe, à 25 km de là auquel il vend son pétrole. « Je ne venais en Alsace qu’une à deux fois par an pour les assemblées générales. » explique l’ancien ingénieur. Malheureusement, en octobre 2023 une panne vient mettre fin à ce système bien rodé. Les tentatives de réparations restent infructueuses. Philippe Labat se rend donc à l’évidence, il faut abandonner son puits. Pendant les 25 années de fonctionnement son investissement aura permis de sortir quelque 84.000 barils (13 millions de litres) pour un chiffre d’affaires de 4,3 millions d’euros, dont 50% sont revenus à l’ingénieur d’Elf. « Pour un investissement de départ de 106 000 euros, c’est une belle opération », explique-t-il satisfait dans les colonnes de DNA. Seul regret, « 37 000 barils soit près de 6 millions de litres » restent dans le gisement selon lui.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Réduction minime de la production pétrolière française
Probable · Court terme
Questions ouvertes
- Quel est le coût exact de la fermeture et du rebouchement ?





