France: Protests highlight administrative hurdles for foreigners
L'essentiel
- Activists protested administrative blockages faced by foreigners in France seeking to regularize their status or renew residency permits.
- They highlighted issues with the dematerialized platform, lack of appointments, and unresponsive services, calling for state intervention.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Foreigners in France face significant administrative challenges in regularizing their status or renewing residency permits, largely due to a shift towards dematerialized services and a complex online platform (ANEF). This has led to widespread frustration and protests.
Les cartons ont été alignés devant les grilles de la très moderne préfecture d’Ille-et-Vilaine, à Rennes. « Acte de naissance non légalisé », « Pièce jointe trop volumineuse », « Session expirée » ou « Mot de passe invalide » peut-on lire sur chacun d’entre eux. Autant « d’obstacles » auxquels les personnes étrangères sont confrontées pour régulariser leur situation ou renouveler leur titre de séjour. « La préfecture est devenue un bunker, tout est dématérialisé et c’est impossible de les joindre », clame Laure, militante au sein de BougeTaPref.
A l’appel du collectif, des actions ont été menées ce mercredi devant les préfectures de plusieurs villes de France comme à Lille, Grenoble, Toulouse et Marseille. Dans la capitale bretonne, des « Jeux olympiques des démarches en préfecture » étaient symboliquement organisées devant l’administration pour dénoncer « les dysfonctionnements et blocages administratifs qui empêchent des milliers de personnes étrangères d’avoir accès à leurs droits. »
L’Etat sommé de corriger sa plateforme
Devant les grilles de la préfecture, plusieurs demandeurs d’asile ou de titres de séjours racontent l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous, l’absence de réponse ou les délais à rallonge. « La préfecture nous rend fous, on n’a pas de rendez-vous », « embauchez pour traiter nos dossiers », « pas d’ordinateur, des interlocuteurs », scandent en chœur la centaine de manifestants.
Thomas, originaire du Cameroun, a déposé en début d’année une première demande de titre de séjour pour lui et sa famille après avoir été débouté du droit d’asile. « J’attends désespérément un rendez-vous mais en attendant, je ne peux rien faire. » Depuis 2020, toutes les démarches des étrangers en France passent par la plateforme de l’Anef avec la volonté affichée à l’époque de « simplifier les démarches. » Mais six ans plus tard, l’État vient de se faire taper sur les doigts par le Conseil d’État. Début mai, il a pointé de nombreux dysfonctionnements liés à cette plateforme et donner six mois aux autorités pour corriger le tir. « Même quand tout est complet, il y a toujours une pièce manquante ou alors un bug », illustre un demandeur d’asile.
« Beaucoup sont démunis face au numérique »
Surtout, pour les membres du collectif BougeTaPref, cette dématérialisation à marche forcée est discriminante. « Parmi les femmes que l’on reçoit, beaucoup sont démunies face au numérique et ne maîtrisent pas bien la langue française donc cela les précarise encore plus », soulignent Marie-Claude et Marie-Hélène de l’association Déclic Femmes.
Élue LFI au conseil municipal de Rennes, Régine Komokoli a elle aussi vécu plusieurs années comme sans-papiers en France. « Mais quand j’ai entamé mes démarches en préfecture en 2001, il y avait au moins à l’époque un humain en face de moi qui pouvait m’aider et m’orienter, raconte-t-elle. Il y avait certes de longues files d’attente mais on était accueillis. Alors que maintenant, la préfecture ressemble à une prison. C’est incompréhensible qu’un service public se barricade ainsi. »
Même pour les étrangers en situation régulière, la situation est parfois digne d’un roman de Kafka. Originaire de Centrafrique, Ada a depuis 2017 un titre de séjour de 10 ans qui lui permet de travailler comme aide-soignante au CHU de Rennes. Mais il y a quelques mois, en voyant que son titre de voyage avait expiré, elle a entamé des démarches. « La préfecture m’a répondu qu’ils ne connaissaient pas mon dossier alors qu’ils m’ont pourtant délivré un titre de séjour », assure-t-elle. A un an de l’expiration de sa précieuse carte de résidente, elle craint désormais pour son avenir. « Si mon titre de séjour n’est pas renouvelé, alors je vais perdre mon travail », soupire-t-elle.
Les retards peuvent causer des situations dramatiques
Bénévole au sein du Secours catholique, Eric a été témoin de situations dramatiques engendrées par des retards dans la délivrance ou le renouvellement de titres de séjours. « On voit bien que les délais augmentent car la préfecture n’a pas les moyens de traiter tous les dossiers, assure-t-il. Mais cela a des conséquences dramatiques car du jour au lendemain, des personnes qui se retrouvent sans-papiers vont perdre coup sur coup leur travail, leurs droits sociaux et leur logement. »
Contactée, la préfecture d’Ille-et-Vilaine, qui n’a pas donné suite à la demande de rendez-vous du collectif, nous renvoie vers une décision de justice. Le 18 décembre 2025, le tribunal administratif de Rennes a débouté plusieurs associations, estimant que les services en ligne actuels ne faisaient pas « obstacle à l’exercice de leur droit au séjour par les étrangers » et qu’il était possible par d’autres voies, téléphonique ou postale, de contacter la préfecture.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
The French state will implement significant changes to the ANEF platform to address identified dysfunctions.
Probable · En quelques mois
Further protests or legal challenges may arise if the administrative issues are not resolved promptly.
Possible · En quelques mois
Questions ouvertes
- Will the French state successfully rectify the ANEF platform's issues within the given timeframe?
- What specific measures will be implemented to assist those who are digitally excluded or struggle with the French language?
- What will be the long-term impact on foreigners' rights and integration if these issues persist?
- Will the Conseil d'État take further action if the state fails to meet the six-month deadline for corrections?




