Gérald Darmanin annonce un "choc numérique" au ministère de la Justice
L'essentiel
- Le garde des Sceaux Gérald Darmanin promet "le zéro papier" d'ici six mois au ministère de la Justice, suite à des dysfonctionnements dans le traitement d'une plainte pour viols sur mineure.
- Il annonce un "choc numérique" incluant l'IA pour numériser toutes les juridictions.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Suite à la mort de la jeune Lyhanna et à des dysfonctionnements dans le traitement d'une plainte pour viols sur mineure, le ministre de la Justice annonce un plan de numérisation.
Gérald Darmanin, garde des Sceaux, annonce mardi 23 juin sur franceinfo "un choc numérique au ministère de la Justice" et "promet le zéro papier d'ici six mois". Les rapporteurs de la mission d'inspection, déclenchée après la mort de la jeune Lyhanna, ont pointé une série de dysfonctionnements, de la part des magistrats et enquêteurs, notamment dans le traitement de la plainte pour viols sur mineure déposée par la mère de Rosa en août 2025 contre Jérôme Barella. La plainte a été transmise de Toulouse au parquet d'Auch par voie postale avant de se perdre.
Le ministre de la Justice explique que ce "choc numérique" a commencé "depuis un an", mais "ce n'est pas si facile que ça avec les moyens que m'a donné le président de la République". "On va tout scanner" avec l'aide de "l'intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C'est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout", pointe-t-il. Le garde des Sceaux dénonce de nouveau le retard technologique de son ministère, qu'il qualifie de "préhistoire numérique". À son arrivée, seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés, contre une quasi-totalité aujourd'hui, selon lui.
"Numériser l'intégralité de toutes les juridictions"
Il reconnaît toutefois que des failles persistent, notamment dans les affaires criminelles impliquant plusieurs juridictions. "On a encore entre 20 et 30% de papier dans les juridictions", regrette-t-il évoquant des circuits d'information encore trop dépendants de supports physiques.
Pour éviter de nouveaux dysfonctionnements, Gérald Darmanin plaide pour une numérisation complète et rapide des procédures. "Il faut que nous mettions tout notre poids pour numériser l'intégralité de toutes les juridictions, pour que plus jamais une histoire comme ça ne recommence", insiste-t-il. "Cependant, le bon sens ne remplace pas les logiciels", dit Gérald Darmanin. Selon lui, les enquêteurs auraient pu "envoyer un mail ou prendre [le] téléphone, pour dire il y a une petite fille qui s'est fait violer cinquante fois, nous connaissons l'auteur".
Par ailleurs, les magistrats se plaignent du fait qu'ils ne peuvent pas utiliser l'intelligence artificielle pour des raisons de sécurité. "Ils ont raison", dit le ministre. "Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l'IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens", ajoute-t-il. Cependant, Gérald Darmanin souligne les contraintes liées à la sensibilité des données traitées par la justice : "Nous avons des données très sensibles de secret de l'instruction, de secret de l'enquête, du secret des affaires, et nous ne pouvons pas mettre ces données dans des clouds qui sont en dehors de la France".
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Le ministère de la Justice atteindra le "zéro papier" d'ici six mois.
Probable · En quelques mois
L'intelligence artificielle sera déployée dans toutes les juridictions.
Probable · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quand exactement le zéro papier sera-t-il atteint ?
- Quelles sont les juridictions les plus touchées par le papier ?
- Comment sera assurée la sécurité des données sensibles ?





