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Impacts climatiques et humains sur les plages et les océans en France
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20 Minutesil y a 8 heuresEnvironment4 min de lectureFrance

Impacts climatiques et humains sur les plages et les océans en France

Échouages de physalies, vagues de chaleur marine et pollutions bactériennes perturbent les baignades cet été.

L'essentiel

Les plages françaises font face à des perturbations estivales dues aux échouages de physalies, aux vagues de chaleur marine et aux pollutions bactériennes, exacerbées par le changement climatique et les activités humaines.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Les écosystèmes marins font face à des pressions climatiques et anthropiques croissantes, incluant le réchauffement des eaux et diverses pollutions.

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Verra-t-on de plus en plus de drapeaux rouge ou violet hissés au bord des plages l’été ? Dans le Sud-Ouest, la baignade est interdite de manière temporaire sur des plages du bassin d’Arcachon à la côte basque en raison d’échouages de physalies depuis la semaine dernière.

Ces petites masses gélatineuses bleutées ne sont pas des méduses, mais des colonies d’organismes, avec chacune une fonction. Elles « forment un être redoutablement efficace », explique l’aquarium de Biarritz. Ce sont leurs tentacules, qui peuvent aller jusqu’à 50 m, qui sont dangereuses, car elles se révèlent extrêmement urticantes.

Venues des eaux tropicales, elles sont portées par le vent en direction des plages. Leur présence est-elle due au réchauffement climatique ? C’est allé en peu vite en conclusion.

« Il faudrait étudier la récurrence des vents qui les rabattent sur les côtes et pouvoir établir un lien avec le dérèglement du climat », a ainsi expliqué à l’AFP Elvire Antajan, chercheuse à l’Ifremer en 2025. Dans la même veine, l’arrivée de méduses, qui peut faire fuir le nageur, n’est peut-être pas autant liée au réchauffement climatique.

« C’est un phénomène qui reste très mal connu, relève, auprès de 20 Minutes, Jean-Pierre Gattuso, océanographe et un des coauteurs du rapport du Giec sur les océans. Une étude espagnole [menée par l’écologiste marin Carlos Duarte] n’a, par exemple, pas trouvé de corrélation entre le réchauffement de l’eau et la prolifération des méduses. » Cette étude montre plutôt le rôle joué par les constructions humaines, comme les ports ou les pontons, qui offrent des abris aux larves.

Tropicalisation de la Méditerranée

On le voit, la pression anthropique, c’est-à-dire les impacts exercés par les activités humaines sur l’environnement comme le dérèglement climatique, les pollutions, la bétonisation ou le surtourisme, affecte bel et bien les océans… Et nos envies de baignade par ricochet.

En Méditerranée, le réchauffement de l’eau entraîne sa tropicalisation. Depuis la mer Rouge, « il y a une arrivée d’espèces massives, détaille Jean-Pierre Gattuso, on estime que 1.200 ont traversé le canal de Suez. Une poignée pose problème, comme le poisson-lapin, qui est vorace et détruit des prairies sous-marines, ou le poisson-lion qui a des nageoires toxiques. » La piqûre est « est excessivement douloureux », pointe-t-il.

Des vagues de chaleur marine dévastatrices

Autre conséquence du réchauffement climatique : des vagues de chaleur marine persistantes et une température de l’eau anormalement élevée. Le 21 juin, la branche marine du programme européen Copernicus a mesuré une température de surface des océans record de 21 °C en moyenne, point culminant de six mois de chaleur.

« On vit un été exceptionnel depuis les premières canicules de fin mai et l’océan y répond aussi », souligne Romain Bourdalle-Badie ingénieur océanographe chez Mercator Océan. La Méditerranée a connu « les six premiers mois les plus chauds jamais enregistrés de l’Histoire », ajoute-t-il, en particulier dans le golfe du Lion et entre la Corse, la Sardaigne et l’Italie.

A la différence des vagues de chaleur terrestres, les vagues de chaleur marines durent plus longtemps. « L’océan emmagasine la chaleur, car l’eau a, ce qu’on appelle, une capacité calorifique huit fois plus forte que l’air. Même si l’atmosphère se refroidit, l’océan, lui, va encore garder cette chaleur et va mettre très longtemps à l’évacuer. » Ces vagues de chaleur marines ont donc des effets dévastateurs sur les écosystèmes locaux, en provoquant des événements de mortalité massive.

Et elles exacerbent aussi la prolifération de microalgues et de bactéries. Certaines peuvent être toxiques comme l’ostreopsis, présentes en Méditerranée depuis vingt ans et qui est arrivée sur le littoral basque depuis 2021. Cette microalgue invisible à l’œil nu prolifère quand la température de l’eau dépasse les 20 °C.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) indique que même à quelques mètres, elle peut provoquer des intoxications à l’origine de symptômes de type toux, céphalées, fièvre, mal de gorge.

Des pollutions bactériennes dans les eaux de baignade

La pression des activités humaines s’exerce aussi à travers les pollutions de l’environnement… Et peut donc interférer lors des moments où l’on patauge dans l’eau salée. En France, c’est l’Agence régionale de santé (ARS) qui surveille la qualité des eaux baignades durant la saison estivale, en partenariat avec les municipalités.

A Marseille, un dispositif quotidien d’analyse par biologie moléculaire permet de connaître quasi en temps réel le niveau de pollution des eaux, contre un délai de quarante-huit heures pour le prélèvement normalisé. C’est ainsi que le 5 août, la plage des Catalans a été fermée pendant une matinée en raison de la détection d’une pollution bactérienne. Le sujet est très sensible pour les villes qui vivent du tourisme.

Ainsi, depuis 2024, le classement des eaux de baignade réalisé par l’association Eau et Rivières de Bretagne fait grincer des dents. A partir des données de l’ARS, mais avec une méthode différente, les niveaux de pollution bactérienne à Escherichia coli et aux entérocoques intestinaux sont reportés sur une carte de 1.869 plages en France.

Pour l’association, le classement de l’ARS décrit la qualité moyenne des eaux de baignade, mais ne reflète pas la réalité des risques sanitaires.

« L’essentiel des pollutions des eaux littorales, qu’elles soient chimiques avec les pesticides et les résidus médicamenteux, ou bactériologiques viennent de la terre », indique Christophe Le Visage, vice-président de l’association. Pour lui, ces pollutions bactériologiques en zone urbaines et rurales sont liées à « des insuffisances des stations d’épuration et d’assainissement, avec des fuites sur des réseaux ». En zone agricole, il pointe « les élevages et les épandages », comme en Bretagne Nord. « Il y a une omerta sur ce sujet, estime-t-il, comme pour les algues vertes ».

Les chercheurs, « chroniqueurs d’un désastre annoncé »

Cependant, nuance Jean-Pierre Gattuso, qui tient à relever des points positifs, « la situation concernant la pollution liée aux eaux usées s’est considérablement améliorée depuis les directives de l’Union Européenne obligeant les municipalités à avoir des stations d’épuration. ». Malheureusement, une autre pollution étouffe les océans, le plastique.

Mesurant aussi les reculs environnementaux dans le monde, l’océanographe ne cache pas sa frustration, alors que le rapport du Giec en 2019 sur les océans démontrait l’augmentation en intensité, fréquence et superficie des vagues de chaleur marines. « On devient les chroniqueurs d’un désastre annoncé, c’est extrêmement préoccupant. L’action publique est déficiente et ne rend pas service aux citoyens », alerte-t-il.

Questions ouvertes

  • Quelles mesures concrètes seront prises pour améliorer les stations d'épuration ?
  • Comment évolueront les échouages de physalies dans les prochaines semaines ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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