Iran dément une signature imminente d'accord avec les États-Unis
L'essentiel
- L'Iran a démenti samedi la signature imminente d'un accord de paix avec les États-Unis, contredisant les déclarations optimistes du Premier ministre pakistanais.
- Des divergences subsistent sur le programme nucléaire, les avoirs iraniens et le dossier libanais, tandis que des drones iraniens ont été abattus dans le détroit d'Ormuz.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Des négociations sont en cours entre l'Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, avec la médiation du Pakistan. Des divergences importantes subsistent sur les termes d'un éventuel accord.
L’Iran a exclu samedi toute signature dans les prochaines 24 heures d’un protocole d’accord avec les États-Unis pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, selon l’agence de presse gouvernementale Irna.
«Nous devons attendre pour connaître la date exacte de la signature. Ce ne sera pas demain» dimanche, a déclaré à Irna le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, tablant plutôt sur «les prochains jours».
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le gouvernement assure la médiation entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à leur guerre, avait déclaré plus tôt qu’un accord de paix serait «probablement» finalisé dans les 24 heures.
Les versions d’un éventuel compromis données par les médias iraniens et Washington présentent d’importantes différences. «Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé», a déclaré le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d’État. «Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J’ai bon espoir.» M. Araghchi a affirmé que le projet d’accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz. Mais il a accusé Israël de chercher des «prétextes» pour faire «dérailler» un éventuel accord avec Washington. Du côté de Washington, un haut responsable a estimé à «80 à 85%» la probabilité d’un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais «pas 100%». «La ligne d’arrivée n’est pas encore franchie», a-t-il averti, sous le couvert de l’anonymat.
Washington a, par ailleurs, livré de son côté une autre version du texte. Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Il doit aussi aboutir au «démantèlement» du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l’uranium hautement enrichi, qui serait «détruit sur place» puis «sorti» du pays. Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d’uranium enrichi à 60%. Diluer l’uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d’éloigner considérablement la menace d’un enrichissement à des fins militaires. Téhéran dément vouloir se doter de l’arme atomique, comme l’en accusent les États-Unis et Israël.
Enfin, sur la question des avoirs, «les Iraniens ne recevront pas d’argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d’accord ou la participation à une réunion», a insisté sur X le vice-président américain JD Vance. Ce point est central pour l’Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.
Autre point d’achoppement majeur, le front libanais. Selon Washington, l’accord en discussion avec l’Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les États-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l’Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir «éliminer» le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3700 morts.
À lire aussi Réouverture du détroit d’Ormuz, programme nucléaire, avoirs gelés... Ce que pourrait contenir l’accord entre les États-Unis et l’Iran
Les Etats-Unis ont dit avoir abattu samedi plusieurs drones iraniens qui visaient des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, malgré l’optimisme affiché quelques heures plus tôt par les deux parties au sujet d’un accord de paix.
«L’Iran a lancé plusieurs drones d’attaque dans le but de frapper des navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz», a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient(Centcom). «Les forces américaines les ont tous abattus ces dernières heures, et le trafic maritime dans le détroit reste fluide», a-t-il ajouté.
Cet incident survient alors même que Téhéran, le médiateur pakistanais et Washington affichent leur optimisme quant à la possibilité, après des semaines de négociations laborieuses et d’espoirs déçus, de conclure un accord mettant fin à la guerre au Moyen-Orient.
À lire aussi Donald Trump renonce à l’escalade avec l’Iran et annonce un accord imminent
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Signature de l'accord dans les prochains jours, mais pas demain.
Probable · En quelques jours
Ouverture d'une période de 60 jours de discussions techniques après un accord-cadre.
Probable · En quelques semaines
Questions ouvertes
- Quelle sera la date exacte de la signature de l'accord ?
- Comment seront gérés les avoirs iraniens gelés ?
- Quel sera l'impact de l'accord sur le conflit au Liban ?





