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Iran's Crypto Nexus: Nobitex Linked to Clerical Dynasty Amid Sanctions Evasion
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Journal du Coin·05.05.2026·Monde

Iran's Crypto Nexus: Nobitex Linked to Clerical Dynasty Amid Sanctions Evasion

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Journal du Coin
Yayıncı
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Crypto de guerre. La situation iranienne pose une question gênante pour Washington : jusqu’où va vraiment l’hégémonie monétaire américaine quand les missiles ne suffisent plus ? Les frappes conjointes menées avec Israël en juin n’ont pas éteint l’activité numérique du pays, et le blackout Internet quasi total imposé à la population n’a pas davantage stoppé les flux. Pendant que les bombes tombaient, le principal exchange local, Nobitex, continuait de tourner. Une plateforme dont une enquête Reuters vient de mettre au jour les liens directs avec la dynastie cléricale au sommet du régime.

Nobitex, colonne vertébrale crypto de la République islamique

Le marché des cryptomonnaies n’a jamais cessé de prospérer en Iran, malgré les sanctions économiques américaines qui ont pourtant réussi à isoler numériquement le pays du reste du monde. Le rial s’effondre, les banques sont coupées du système international, et des millions d’Iraniens se sont rabattus sur les actifs numériques pour préserver ce qui peut l’être de leur épargne.

Nobitex se trouve au centre de cette mécanique de survie. La plateforme revendique 11 millions d’utilisateurs et traite environ 70 % des transactions crypto du pays. Son activité a néanmoins encaissé un coup sévère ces derniers mois, entre l’impossibilité d’opérer en dollar et le piratage spectaculaire de juin 2025 : environ 90 millions de dollars drainés des hot wallets, avec des fonds redirigés vers des adresses contenant des slogans anti-régime, une opération à finalité politique plus qu’économique, revendiquée par le groupe pro-israélien Predatory Sparrow.

Les flux illicites transitant par la plateforme oscillent selon les estimations entre 22 millions de dollars (Crystal Intelligence) et 366 millions de dollars (Elliptic). Une fourchette large, qui dit assez la difficulté de cartographier précisément ce que Téhéran fait passer par ses propres tuyaux.

Les frères Kharrazi, une généalogie soigneusement camouflée

L’enquête de Reuters bouscule la version officielle. Nobitex aurait été créée en 2018 par Ali et Mohammad Kharrazi, deux frères issus d’une dynastie cléricale au cœur du pouvoir. Leur grand-père a siégé à l’Assemblée des experts, l’organe constitutionnel chargé d’élire et de superviser le Guide suprême iranien. Leur père, l’ayatollah Bagher Kharrazi, a fondé l’organisation politique Hezbollah iranienne, distincte de la milice libanaise, et a participé au recrutement des Gardiens de la Révolution (IRGC) après 1979.

Une filiation que les deux frères se sont employés à effacer. Reuters indique qu’ils ont enregistré la société sous le patronyme alternatif Aghamir Mohammad Ali, un nom qu’ils ont également utilisé dans leurs dossiers d’entreprise, leur scolarité universitaire et même une brochure marketing de Nobitex, là où le reste de la famille assume publiquement le nom Kharrazi. Un effort de discrétion qui éclaire d’une lumière crue l’absence persistante de la plateforme sur les listes de sanctions américaines.

Un rouage de la stratégie d’évasion des sanctions

Car la question dérange : comment l’OFAC a-t-il pu ignorer aussi longtemps un exchange de cette envergure, opérant à découvert dans un pays sous embargo ? Les chiffres rendent l’omission encore plus troublante. Reuters a identifié des centaines de millions de dollars en transactions liées à des entités iraniennes sanctionnées passées par Nobitex depuis 2018. Pour le seul premier semestre 2025, le gouvernement iranien aurait acheminé près de 347 millions de dollars vers la plateforme, selon Elliptic.

Interrogée, la direction de Nobitex se défend en pointant que ni les fondateurs ni leur père n’ont occupé de position officielle au sein du gouvernement ou de l’armée. Argument formellement exact, politiquement maigre : en République islamique, le pouvoir réel se loge rarement dans les organigrammes officiels.

This article was originally published by Journal du Coin.

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